Dans ce film spécial, court mais intéressant, on nous propose une préquelle de la série L’Odyssée de Kino. Les fans de cette excellente et surprenante série y retrouveront le passé (proche) de la jeune Kino, à une époque où elle n’avait pas encore pris la décision de vouer sa vie entière au voyage.

Préparatifs de voyage

kino oav 2
♦ Genre : Aventure / Réflexion / Drame
♦ Takashi Watanabe
♦ Studio :
A.C.G.T.
♦ Année de production : 2005
♦ Licence : ?
♦ Nombre d’épisodes : 30 min

Attention, ne vous laissez pas embrouiller par le titre –La vie continue– car ce petit film produit en 2005 ne raconte pas la suite des aventures de Kino, mais constitue bien une préquelle à la série. Pour être plus précis, le récit débute bien avec la Kino de la série que nous connaissons, mais enchaîne immédiatement sur un flashback (qui dure l’intégralité du film) qui emmène le spectateur dans la prime jeunesse de Kino, alors qu’elle vient d’échapper de justesse à la mort (ah tiens, le titre s’explique), et trouve refuge en tant qu’apprentie chez une étrange femme qui va lui permettre de prendre un nouveau départ.

Nous sommes ici en présence d’un petit film efficace, car L’Odyssée de Kino – La vie continue nous replonge immédiatement dans l’atmosphère de la série, avec son charme si attendrissant qui, dès les premières notes du générique, dépose doucement notre cerveau dans un champ de fleurs bien douillet. On retrouve également avec plaisir la simplicité qui rend cette série si agréable, une simplicité qui est résumée bien souvent dans les morales et les sentences pleines de bon sens qui encadrent chaque épisode. Ici, c’est tout naturellement avec la recommandation «Faire quelque chose pour quelqu’un» que tout commence.

Ainsi, cet épisode spécial véhicule des valeurs d’entraide, de solidarité et de partage, en s’articulant sur une double temporalité. Kino, qui vient rendre visite à son ancienne instructrice , se remémore sa jeunesse dans la petite propriété, toutes les heureuses années qui ont précédé son interminable errance sur les routes. On suit son quotidien, qui consiste à préparer les repas, s’occuper de la maison, s’entraîner au pistolet et à la conduite, nettoyer… (Mais que fait donc l’instructrice ?). Ce sont les plus belles années de la vie de la jeune Kino, une époque où elle n’est plus confrontée aux abus et aux méchancetés du monde. Toutefois, Kino se rend vite compte que c’est exactement ce qui l’attire, cette curiosité pour les bizarreries de ses contemporains, l’irrépressible envie de voyager emplit progressivement ses pensées jusqu’à ce que le choix s’impose de lui-même. Ce sont également les débuts de la relation entre Kino et Hermès (souvenez-vous, sa moto parlante), qui motivent sa soif de connaissances et de rencontres. Enfin, on apprend que rien ne pourrait la retenir dans cette demeure, et le fil conducteur de tous ses voyages : retrouver le pays d’où venait celui qui s’appelait Kino, l’homme qui avait changé sa vie et lui avait légué ce nom.

¤¤¤ Critique de la rédaction :

On note donc que les valeurs précitées (solidarité, partage…) se renforcent d’un devoir de mémoire, une notion très importante pour Kino qui ne peut plus envisager une existence sédentaire tant que sa curiosité ne sera pas satisfaite. Une fois le voyage commencé, on retrouve la paire Kino/Hermès qui donnait tout son charme si particulier à l’anime, et les jolis paysages défilent. Bien que les informations sur les personnages rkino oav 3estent toujours aussi vagues, on en apprend un peu plus sur «les voyageurs» qui semblent être reliés, non seulement par une même passion, mais par un accoutrement reconnaissable (notamment le grand imperméable).
Grâce à ces enseignements, destinés directement au spectateur pour approfondir l’héroïne, le caractère identitaire de la quête de Kino se voit confirmé. Il semble naturel pour elle de chercher à en savoir plus sur les origines de son nom, et à découvrir l’histoire du manteau qu’elle garde précieusement, souvenir de l’homme qui l’a sauvée.

En ce qui concerne les images, rien ne change, on retrouve toujours les mêmes tonalités à la fois lumineuses et brumeuses, l’omniprésence des teintes vertes pour la nature; des éléments très reposants pour les yeux et propices à une sérénité certaine. Les graphismes sont beaux, simples, candides, mais jamais enfantins car ils ne perdent jamais ce détachement si particulier qui donne son identité énigmatique à la série. Seul bémol qu’on ne peut que regretter, le character design de l’instructrice de Kino est vraiment raté, son visage difforme et ses yeux inexpressifs sont là pour en témoigner. Néanmoins, l’adorable minois de Kino est si mignon qu’elle éclipse facilement ce détail.
Quand à la musique, on ne s’en lasse pas, avec ses airs de guitare si doux qu’on les dirait enroulés de barbe à papa, agrémentés de petites mélodies à la flûte qui savent redonner le sourire aux oreilles de tous.

La survie du plus rapide

kino oav 4Pour le côté moins charmant du film, le fait de voir une petite fille -avec un nœud rouge dans les cheveux- manier des armes lourdes avec ses minuscules mains est toujours aussi déroutant (si les armes n’étaient pas aussi bien réalisées, cet effet serait moindre), et ce contraste contribue à densifier la complexité du personnage de Kino, une gamine qui apprend ainsi chaque jour à valoriser la vie comme la mort en se pratiquant à manier ces instruments.
Prenez donc garde à ne pas vous laisser endormir par le faux rythme de l’épisode, vous risqueriez d’oublier que Kino gravite dans un univers très violent et sans pitié, où la barrière entre ce qui différencie les humains des monstres qu’ils peuvent devenir est on ne peut plus mince. Le bruit des balles du revolver de Kino nous rappelle encore à la réalité : le seul moyen d’affronter le monde dans le bon sens est d’explorer la vie pour s’affranchir de sa naïveté, et pour une personne telle que Kino, cela signifie prendre la route, encore et encore.

Bilan:

Un épisode court (30 min) mais complet, qui reprend les ingrédients de la série avec efficacité tout en étoffant l’héroïne. De plus, encore une fois, le scénario réussit à nous prendre au dépourvu, et on en redemande.

Note : 7.5/10

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