Créée par Knarf (un ami de Pen of Chaos, illustre créateur de la saga Le Donjon de Naheulbeuk), cette saga déliro-spatiale nous fait vivre les minables pérégrinations d’un équipage d’incapables notoires qui doivent sauver la race humaine menacée à travers la galaxie par les Krygonites, des monstres gluants en possession d’une arme secrète qui pourrait apparemment leur permettre d’envahir la Terre. Affectés au NHL Survivaure, un vaisseau maudit et miteux, ils devront aller se procurer une autre arme secrète à l’autre bout de la galaxie pour contrer l’impérialisme des infâmes Krygonites

Les zinzins de l’espace

Genre : Space Opera / Comédie / Action / Suspense
Durée : 17 épisodes
Créateur : Knarf

Cette saga hilarante, de son nom complet : Les Aventuriers du NHL 2987 Survivaure, s’inspire librement des univers de Star Trek et de Star Wars et obéit aux codes du « space opera », c’est-à-dire qu’elle nous invite à suivre le quotidien d’un équipage embarqué pour une mission spatiale de la plus haute importance, épisode après épisode, comme autant d’étapes d’un voyage intergalactique qui les ménera aux confins de la galaxie…
Ce qui fait le succès de cette saga, c’est avant tout son concept simple et très facile à suivre, un scénario assez linéaire de space opera classiqe type Star Trek ou Battlestar Galactica qui permet de s’identifier rapidement au genre dans lequel on est plongé, la science-fiction pure, avec son univers totalement inventé, ses robots, ses monstres, en bref tous les petits ingrédients que l’on aime retrouver dans ce type de productions sont réunis.
De plus, l’efficacité de cette série tient en trois points très travaillés : Primo, sa structure, constituée d’une trame bien cadrée et développée progressivement, des épisodes d’une longueur assez régulière (au-delà des premiers, un peu courts), un incipit bien planté qui pose clairement les objectifs de la mission et intègre parfaitement la présentation des personnages au sein de l’histoire ainsi qu’un découpage des épisodes vraiment intéressant car il maintient le suspense.
Secundo, la technique, un point fort indéniable qui rend chaque épisode crédible et facile d’accès, tant au niveau des voix qui sont claires, excellentes et très diversifiées (hommes et femmes ainsi que monstres, ils sont si bien définis qu’on peut rapidement s’identifier aux personnages voire s’imaginer leur apparence, leurs caractéristiques…), qu’au niveau des bruitages et des musiques qui sont très bien caractérisés et composent une réelle atmosphère rythmée, pleine et entière (les nombreux bruits de fonds, bips du vaisseau et alarmes, bruissements végétaux ou vrombissements des moteurs, ajoutent énormèment de crédibilité à l’ensemble).
Enfin et tertio, ce qu’on aime le plus dans Survivaure c’est cette galerie de personnages principaux et secondaires très riche, allant du plus ridicule au plus sérieux, chacun tient un rôle déterminé et déterminant au sein du script et s’expriment grâce à des dialogues bien écrits et souvent très drôles, le comique intervenant autant à partir de répliques hilarantes que de situations loufoques !

¤¤¤ Avant d’aller plus loin, voici une courte présentation de l’équipage :

Le capitaine Bleûten : sorte de sosie du capitaine Kirk en plus petit (Star Trek), toujours bien coiffé et à cheval sur le protocole militaire, Bleûten est un commandant de vaisseau de petite envergure. Ancien élève de l’amiral MacGregor, il se voit confier la mission quasi-impossible de sauver l’humanité avec le peu de moyens qui lui sont fournis. Râleur professionnel et capitaine incompris, il déplore sans arrêt l’incompétence de son équipage, notamment celle de son assistant le sergent Johnson.

Le sergent Johnson : un vrai incapable qui n’a absolument aucune compétence, qui passe son temps à reprendre le capitaine et à lui faire remarquer à quel point leur mission est minable. Cynique, extrêmement pessimiste et couard, il se moque des conséquences de ses actes, cependant sa bêtise va se révèler un véritable atout lors des affrontements avec les Krygonites, bien malgré lui… Il a un faible pour le lieutenant Sabrovitch.

Le lieutenant Sabrovitch : la seule femme du vaisseau, elle parle avec un très fort accent russe et porte des décolletés non réglementaires. Apparemment, elle aurait déjà rencontré Bleûten et Johnson dans le passé. C’est une femme forte qui n’a pas froid aux yeux et ne se laisse pas intimider par les hommes.

Le caporal Eagle : parlant avec un accent anglais ridicule, Eagle est un ancien pilote de sous-marin qui naviguait sous les ordres du capitaine Dickinson, un traître qui avait vendu des missiles aux Krygonites. Un peu coincé et doté d’une intelligence très limité, il est bien entendu incapable de piloter un vaisseau et se contente de suivre les ordres du capitaine Bleûten à la lettre, parfois même un peu trop…

Hans, le mécanicien : Fraîchement sorti de l’académie (un an plus tôt…), il a depuis lors la charge du Survivaure, qu’il aurait selon toute vraisemblance démonté et remonté entièrement… Son accent allemand à couper au couteau, son métier qui le force à s’isoler souvent et sa jeunesse en font un personnage atypique, un peu à part. Malgré le fait qu' »aucun poulon du vaisseau ne lui soit ingonnu », personne ne lui fait vraiment confiance car il ne semble pas pouvoir résoudre les problèmes d’un vaisseau qui tombe en ruines.

L’extraterrestre : son nom est totalement imprononçable dans notre langue, et pour cette raison le capitaine l’appelle « machin » ou « l’extraterrestre ». Il est clairement chiant et adore reprendre le capitaine quand il fait des erreurs, tant il est à cheval sur la grammaire. Il est le seul à pouvoir traduire les bips du D6, il est donc installé au poste de « traducteur de traducteur ». Il est constamment en conflit avec le capitaine, cependant son intelligence (il a deux cerveaux) en fait un personnage clé qui trouve souvent des idées pour les sortir des pires situations.

Le droïde D6R29-H59P : fleuron de la technologie inspiré de R2 (Star Wars), ce petit droïde sert de traducteur universel (sauf qu’il traduit en language binaire et non pas en français, donc personne ne le comprend en-dehors de l’extraterrestre, et encore il parle en petit nègre), de radio FM, de yaourtière, il clignote et flotte dans l’eau (« très pratique dans l’espace » commente le capitaine). Il passe le plus clair de son temps à laisser échapper des bips et à calculer des statistiques inutiles.

Et non des moindres, le NHL Survivaure, qu’on peut ranger avec les éléments clés de la saga : s’il était un personnage, le Survivaure ferait sûrement partie des vieillards les plus décrépis qu’il soit. Rongé aux mites (ou plus précisèment envahi par les lézards spatiaux en tous genres), la légende raconte qu’il aurait été construit par une entreprise spécialisée dans le design de véhicules d’entretien – un camion-poubelle spatial en quelque sorte. Rien ne marche correctement sur ce vaisseau qui leur réserve bien des surprises !

Le cynisme de Bleûten résume bien l’ambiance de la saga : « vraiment n’importe quoi cette mission« . En effet, les situations ridicules s’enchaînent à une vitesse folle, ponctuant une mission assez sérieuse dans l’ensemble par de petits moments de détente vraiment très drôles. Ce mélange entre une aventure bien structurée tenue par un script bien écrit et prenant, et l’humour ambiant qui parsème allégrement les dialogues, est une vraie réussite et fonctionne à merveille. On ne s’ennuie que rarement car tout est mis en oeuvre pour nous faire rire et sourire à longueur de temps. On s’attache facilement aux personnages, chacun pouvant choisir son préféré car leur temps de parole est assez bien réparti.
Petite particularité à noter, la série débute sur une prospective, nous contant une scène qui se déroule dans le vaisseau entre Bleûten et Johnson, une scène qui ne continuera qu’à partir des épisodes 5 ou 6 car la fin du premier épisode est un flashback qui nous ramène au spatioport, pour un incipit qui nous décrit les prémisses de la mission et la rencontre de l’équipage.

Au cours des 17 épisodes prévus, vous pourrez donc suivre les désastreuses aventures spatiales de cet équipage de pacotille, pris en chasse par les Krygonites d’un côté et les mercenaires-stagiaires (appelés aussi « mercegiaires ») inexpérimentés envoyés par le Consortium à leur poursuite. Ils devront affronter les jungles mortelles de la planète Dinaro (peuplée d’indigènes ridiculement comiques qui passent leur temps à se suicider…), les nombreuses attaques des Krygonites dirigées par leur chef le Grand Gluant, et devront batailler à chaque instant pour faire avancer le tas de boue qui leur sert de vaisseau (le capitaine se verra même obligé de lire les 10000 phrases du fascicule de reconnaissance vocale pour tenter de communiquer avec l’ordinateur de bord… une vraie sinécure !) afin d’atteindre la planète Muliari, objectif ultime de leur voyage…
Perdus au milieu d’un maelström de rebondissements délicieusement ridicules, allant du complot politique de très grande envergure (des politiciens corrompus tirant les ficelles dans l’ombre d’un président agé de 4 mois et d’un conciliaire ignorant) aux séances de divination dans les entrailles de poulet menées par le grand docteur Dwili (dwili dwili dwili !!), soumis à des tortures très élaborées (chatouilles et arrachage de bras au programme), nos héros réussiront-ils à sauver le monde ???

Un suspense captivant, un scénario rondement mené (attention il faut être très attentif car l’abondance et la vitesse des dialogues rend parfois l’histoire difficile à suivre), Les Aventuriers du Survivaure est une saga à ne pas rater !

> Déjà 13 épisodes parus, pour les écouter c’est par là : www.knarfworld.net/

Notation : 8/10

[A savoir : une bande adaptation en bande dessinée est publiée chez Clair de Lune, scénarisée par Knarf et illustré par Marion Poinsot (qui s’occupait déjà de la version BD du Donjon de Naheulbeuk), déjà 2 tomes sortis, le 3 ème est en cours d’adaptation.]

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