Présentation et critique de la première saison du Donjon de Naheulbeuk, LA saga mp3 qu’il faut connaître entre toutes, une affirmation tout à fait objective vu le succès qu’elle emporte sur le net. Retour sur les origines de cette saga fondamentale qui passionne depuis des années des milliers d’internautes…

Pitreries de donjons sans dragons

  • Genre : Heroic Fantasy / Aventure / Comédie
  • Durée : 15 épisodes

Des milliers et des milliers d’internautes connaissent la célèbre saga intitulée Le Donjon de Naheulbeuk qui s’est imposée en tant que précurseur dans le succès des sagas mp3 et qui fût à l’origine de la passion et de la multiplication connues par les sagas ces dernières années. Car cela va sans dire, au-delà de son succès auprès des simples auditeurs, Naheulbeuk a suscité beaucoup de vocations, donnant naissance à des centaines de créateurs qui ont suivi le mouvement, avec plus ou moins de réussite. D’innombrable fans d’heroic fantasy, mais aussi d’autres qui ont pu découvrir cette mythologie au travers de la saga ou de la popularisation du genre avec la sortie du Seigneur des Anneaux au cinéma en 2001, sans oublier les fans de sketches radiophoniques popularisés par le génial François Pérusse (on a longtemps cru que le créateur de Naheulbeuk était le québecois François Pérusse, mais ce n’est pas le cas, le créateur s’appelle John Lang alias Pen of Chaos) se sont en effet passionnés pour cette série devenue culte depuis ses débuts en 2000 (mise en ligne des trois premiers épisodes), et son véritable démarrage populaire en 2001. Tout cela est dû à des qualités indéniables : la richesse des personnages (dotés de personnalités bien distinctes et attachantes), la qualité des techniques employées (diction excellente, voix très réussies et accrocheuses, bruitages immersifs et musiques variées très bien adaptées au situation, l’ensemble s’ajoutant à la faculté formidable de l’auteur dans la transmission d’informations qui permettent à l’auditeur de spatialiser les situations – grâce à des détails comme la taille d’une pièce, le mobilier, le décor, des bruits de pas – ce qui est très difficile sans s’appuyer sur des images ). Et bien entendu à une écriture excellente de la part de Pen of Chaos, qui a réussi à développer une histoire dense, riche en rebondissements, tout en restant simple et accessible à tous.

¤¤¤ Synopsis :

Mandatés par un mage mystérieux pour récupérer une statuette détenue dans le terrible donjon de Naheulbeuk, une bande de héros novices (ils sont tous de niveau 1 !) se présente à la porte dudit donjon, afin de former un groupe de fortune et mener cette quête à bien. Outre le meneur incarné par le ranger, on y trouve un nain, une elfe, une magicienne accompagnée de son effroyable compagnon l’ogre (il fait aussi la cuisine et les papiers peints apparemment), un voleur et un barbare. Déterminés à retrouver la statuette de Gladeulfeurha pour que la prophétie puisse s’accomplir (« il est écrit dans les tablettes de Skélos que seul un gnome des forêts du Nord unijambiste dansant à la pleine lune au milieu des douze statuettes enroulées dans du jambon ouvrira la porte de Zaralback et permettra l’accomplissement de la prophétie… ») mais surtout motivés par les 8000 pièces d’or promises par leur commanditaire, ils entrent dans le donjon, parés pour l’aventure. Ils devront trouver leur chemin dans un dédale de couloirs, de tunnels et de pièces remplies de créatures belliqueuses (gobelins, orcs, trolls, liches et même un démon !), résoudre des énigmes pitoyables et éviter des pièges mortels, avant d’atteindre le maître du donjon, le terrible sorcier Zangdar qui garde la statuette… Arriveront-ils à mener cette quête périlleuse à bien malgré leur bas niveau ?

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Un donjon redouté (personne n’en est jamais sorti, mais il paraît que personne n’y est entré non plus…), truffé de monstres et de pièges, un groupe de héros pitoyables qui ne s’entendent pas (les relations sont difficiles entre le nain et l’elfe qui se querellent tout le temps, le nain qui fâche tout le monde, le nain et le barbare qui se précipitent au combat sans réfléchir, la magicienne qui se met à l’écart pour lire ses livres – et pour bouder – …), des bad guys ridicules (entre Reivax le conseiller poltron, Zangdar le mégalomane mélomane, le Golbarg – démon calqué sur le Balrog du Seigneur des Anneaux – pathétiquement coincé dans les sous-sols…) et des situations délirantes, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire vivre une aventure hilarante et addictive au travers d’un univers d’une richesse conséquente, qui ravira tous les fans de comédies, de parodies, de RPG et d’aventures, et de sagas mp3.

C’est un fait, grâce à une bonne mise en scène du vécu des parties de jeu de rôle heroic fantasy du type Donjons et Dragons, l’Oeil Noir ou Warhammer et à la mise en place d’un univers très référentiel basé sur les classiques de la littérature d’heroic fantasy dont Le Seigneur des Anneaux, l’auteur arrive à insuffler une vitalité de tous les instants au sein de cette saga, donnant la priorité à des dialogues inspirés et hilarants, auquel tout joueur de RPG pourra s’identifier, mais qui permettra aussi aux novices de découvrir cette culture si riche de manière ludique et comique.
Malgré tout, on peut souligner quelques difficultés de compréhension au niveau de la première écoute de la saga, et ceci est lié au postulat instauré par son créateur : en effet les héros de l’histoire n’ont pas de nom, et sont donc appelés selon leur caractéristiques (rôle, race, métier…). Vous devrez donc vous habituer à distinguer « le nain« , « l’elfe« , le « ranger« , de l »ogre » ou encore du « voleur« . Cette particularité implique de bien s’habituer et d’être très attentif pour différencier les voix de ces protagonistes, ce qui représente une certaine limite à l’assimilation des premiers épisodes, mais après quelques écoutes tout à fait justifiées (la qualité de chaque épisode engage les auditeurs à les réécouter bien volontiers plusieurs fois, sans parler que chaque nouvelle écoute permet de découvrir de nouveaux jeux de mots, situations comiques ou bruits qui nous auraient échappé), reconnaître les voix finit par devenir aisé et l’écoute n’en devient que plus agréable.
Et c’est là que réside la qualité intrinsèque essentielle du Donjon de Naheulbeuk, qui se révèle comme une source de rire et d’aventure inépuisable, tant la recette est efficace, ce qui nous pousse à les écouter encore et encore, sans jamais risquer de s’en lasser !

Pour en revenir aux personnages, il faut savoir que les personnages secondaires disposent pour leur part d’un nom, à l’instar de Reivax le grand conseiller du terrible Zangdar, de Gildas l’ermite ou de Norelenilia de Nilnerolinor la reine des elfes, et bien d’autres encore, tous aussi bien caractérisés et hilarants.
[A noter : les personnages qui viennent rejoindre le groupe en cours d’aventure (eh oui, le groupe évolue, pour notre plus grand plaisir et renouvellent les relations entre les différents protagonistes et les possibilités) n’ont bien entendu pas de nom eux non plus : ils restent « le ménestrel« , « le paladin » mais cela aussi concerne la saison 2…]

¤¤¤ Présentation des personnages :

Le ranger : autoproclamé « chef de groupe » par défaut, le ranger est un couard invétéré qui n’a d’autre préoccupation que de bien rester en arrière lors des combats, prétendant qu’il n’est pas encore prêt à se battre. Ex-rempailleur de chaises, sa seule expérience précédente est d’avoir « retrouvé les poules de son grand-père qui s’étaient enfuies« . Et pourtant il n’hésite jamais à fustiger ses compagnons sur leur incompétence, râlant à qui mieux mieux.

Le nain : petit, barbu, belliqueux, vénal, râleur, tricheur, lâcheur et individualiste, le nain est un cliché ambulant. Il passe tout son temps à descendre l’elfe et à tenter d’accaparer tout l’or qui passe sous ses yeux, ou plutôt sa barbe. C’est le personnage le plus drôle et le plus attachant de la saga (sauf pour les fans des elfes qui ne seront pas de cet avis).

L’elfe : prototype de la blonde cruche et énervante, elle se chamaille toujours avec le nain. Incapable de tirer correctement à l’arc, elle n’est également pas à l’aise dans les donjons, préférant chanter des chansons autour de feux de camps, grimper aux arbres, coiffer des poneys et se peigner les cheveux. Ses attributs féminins avantageux la rendent très populaire auprès des mâles, surtout le ranger qui s’évertue à tenter des approches pitoyables pour la mettre dans son lit (« elle est nue sous sa chemise la petite cochonne !« ).

Le voleur : arrogant et dédaigneux à l’égard de ses compagnons, sa prudence et sa couardise n’empêchent pas les malheurs de l’accabler. Son rôle d’éclaireur et de détecteur de pièges vont lui attirer bien des ennuis. Au delà de sa discrétion naturelle, et pour certaines raisons que vous découvrirez dans l’histoire, il est un peu en retrait dès le départ de la saga, .

La magicienne et l’ogre : Possédant toute une batterie de sorts souvent inutiles et inefficaces (la déctection des ennemis qui ne marche pas comme il faut, malédiction du bras droit, contrôle mental des rongeurs…), la magicienne est l’intellectuelle du groupe. Elle les guide en dessinant un plan et en tirant ses informations de ses nombreux livres (« Il te faudra bientôt une brouette pour tes livres » dit le nain). Ses connaissances et sa sagesse la rendent indispensable pour la cohésion d’un groupe souvent indiscipliné et perdu. Elle est accompagnée de son ami l’ogre, dont elle est la seule à pouvoir traduire les propos (appelons-ça des grognements), certes rares. L’ogre est une brute nudiste qui aime par dessus tout démembrer et manger – ou l’inverse – ses ennemis. Il cache néanmoins un aspect plus doux car il aime aussi chanter et jouer de la guitare.

Le barbare : Imaginez un sosie de Conan le Barbare, brutal, chevelu, surarmé et doté d’un Q.I. proche de celui d’une chaise. Il n’aime pas être traité de bouseux et recherche toujours plus d’armes pour massacrer plus d’ennemis afin de mériter de rejoindre son dieu Krom au Valhallah après sa mort.

Le ménestrel : fils d’un barde et d’une boulangère, il sait chanter, jouer du tambour (et du tambourin), grimper aux arbres et faire des sacs en macramé. Au terme d’une bagarre à la taverne du donjon, il est engagé par le groupe pour remplacer le voleur dans le rôle de détecteur de pièges et d’ouvreur de portes.

Le Donjon de Naheulbeuk est donc un « hit incontournable », à découvrir absolument, à écouter pour se détendre, une aventure qui fait sourire, qui fait rire :
 » toc toc toc ! »
– Le ranger : mais qu’est-ce que tu fais ?
– L’elfe : eh bien je frappe pour qu’on vienne nous ouvrir
– le ranger : bravo ca va etre discret comme entrée…
– le nain : mais quelle conne ! »
Une saga qui s’améliore d’épisode en épisode (qualité et distinction des voix, diversité de la bande-son -on souligne d’ailleurs sa qualité : on peut entendre au gré des épisodes des thèmes très connus tirés des oeuvres des plus grands compositeurs : John Williams, Danny Elfman, Basil Poledouris, entre autres, et des compositions du Naheulband, le groupe de John Lang et ses amis, et plus particulièrement de nombreux extraits des excellentes bandes originales des films cultes Conan le Barbare et Evil Dead 3 : l’Armée des Ténèbres). Un « must listen » qui devient en 2005 un « must read » grâce à son adaptation réussie en BD chez les éditions Clair de Lune (déjà 4 tomes parus en 2008, sans oublier la parution cette même année d’un volume spécial regroupant des dessins et informations sur la saga intitulé « Les Arcanes de Naheulbeuk : L’arrière-boutique de la Terre de Fangh »), scénarisé par John Lang le créateur et dessiné par Marion Poinsot (qui illustre également les bandes dessinées des Aventuriers du Survivaure).

Saison 1 : 15 épisodes en mp3, 2 tomes en bande dessinée

Notation : 9/10

–> Vous pouvez vous procurer les épisodes ici : www.penofchaos.com/donjon/
(Vous trouverez également sur le site d’excellents bonus dont des publicités, sonneries de téléphone et scènes coupées et des chansons basées sur l’univers de Naheulbeuk (entre autres publicités parodiques géniales : Loreliane, les bonbons Chiantos, les Casques Lebohaum, et chansons : Troll farceur et elfe farci, Mon ancêtre Gurdil, A l’aventure compagnons...)

[PS : critique de la saison 2 à paraître très prochainement sur E.K.R.A.N.]

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