Certaines des sagas mp3 composées sur le thème de l’heroic fantasy font partie des meilleures présentes sur la toile. La Tour de Baal en fait partie avec son approche burlesque racontant la palpitante aventure d’un groupe d’anti-héros chaotiques et crétins en diable. Perdus dans le terrible monde souterrain d’Ombreterre, ils doivent retrouver la Tour de Baal afin de pouvoir rallier leurs plans d’origines respectifs…

Et le démon il met le cadavre dans le cercueil…


  • Genre : Heroic Fantasy / Aventure / Comédie / Action
  • Durée : 9 épisodes

Dans le monde des sagas mp3, les séries d’heroic fantasy se partagent la vedette avec les space opera, avec des fers de lance tels que Le Donjon de Naheulbeuk, Reflets d’acide, La Taverne de Kadelfek, La Quête de Yolan, etc. (et bien d’autres encore de plus ou moins bonne qualité). Parmi celles-ci, on peut citer une autre aventure qui se situe dans le monde des jeux de rôles et de la littérature fantastico-médiévale, découlant entre autres de la célèbre franchise Donjons & Dragons et s’inspirant librement de l’univers des Royaumes Oubliés, une aventure hors du commun qui prend le parti radical de nous présenter un groupe de héros…maléfiques !
Cette aventure passionnante, c’est celle de La Tour de Baal (« la tour à deux balles »), qui nous est contée par Mangor et son équipe (Mangor, un auteur/doubleur que certains connaissent pour sa participation à la fin de La Quête de Yolan – épisodes 6 et 7), un périple délirant mettant en scène un groupe de protagonistes hétérogène et loufoques, chaotiques (de le sens de « maléfiques » ou « mauvais » propre au vocabulaire du jeu de rôle) qui vous feront rire aux larmes avec leur esprit décalé et leur façon très particulière d’agir, sans aucune moralité (et même plutôt en toute immoralité), prenant à contrepied à chaque instant les attentes du spectateur lors de leur quête particulièrement… chaotique !!

¤¤¤ Présentation des personnages :

Le narrateur /conteur : voix-off toute aussi maléfique que le groupe d’aventuriers qu’elle guide (plus ou moins) à travers son grand voyage, il ne se laisse pas faire par la stupidité et le manque de professionnalisme de ceux-ci et ne manque jamais de les rappeler à l’ordre (les pressant par exemple d’écourter leur pause cigarette pour retourner au travail !). Il est un vrai point de repère pour l’auditeur et son implication / interaction avec celui-ci créé une ambiance très sympathique dans l’ensemble, ses interventions en début ou en fin d’épisode s’avérant souvent très utiles pour recadrer le déroulement de l’histoire, d’autant plus que son caractère un peu râleur et dilettante le rend attachant (il va jusqu’à mettre dehors les occupants du studio 17 pour pouvoir continuer l’enregistrement de son aventure lors d’une introduction hilarante – « c’est mon micro ! » dit-il en crachant dessus – lors d’un croisement avec les créateurs de La Quête de Yolan !).

Lrakiroth : chevalier du chaos catapulté en Ombreterre à l’insu de son plein gré, passé par une porte dimensionnelle en cherchant la porte des toilettes… Idiot et violent, il tape sur tout ce qui a le malheur de croiser son chemin sans se poser de questions (évidemment, il ne possède pas le Q.I. requis…). C’est aussi un goinfre impoli et railleur, qui semble bien s’entendre avec Mangor.

Blie : Sorcière des Ombres élémentaliste très caractérielle, elle se retrouve contre son gré en Ombreterre à la recherche d’un moyen pour rentrer sur son plan d’origine, dont elle à été bannie pour avoir incendié malencontreusement son école de magie et tenté de l’éteindre à l’aide d’une tornade (un tempérament un tantinet pyromane qui la suivra dans cette aventure, au grand désespoir de la pauvre vendeuse de l’office de tourisme…). Elle est accompagnée de son petit familier, un diablotin nommé Amorce, et « fait tout pour ne pas tomber dans l’ou-blie », sachant se reposer quand elle fait-blie » (oui les jeux de mots ridicules pullulent autour d’elle, ce qui l’incommode au plus haut point…).

Amorce : familier martyrisé de Blie (ce qui veut dire serviteur invoqué par un sorcier pour l’accompagner et le servir), Amorce est un diablotin qui possède toutes les caractéristiques insupportables de sa race : râleur, ricaneur, dérangeant, couard et faible, il se cache le plus souvent dans le sac de Blie lors des combats, et ne lui sert pas à grand chose (il se révèle totalement inutile comme espion). Ah si tout de même, son boulot c’est de détecter les pièges, en se faisant lancer en avant du groupe pour les déclencher préventivement en se les prenant en pleine face, à ses risques et périls. Malgré tout, Amorce est un personnage très drôle et très attachant qui vient ponctuer savoureusement l’aventure de ses remarques ridicules et de ses requêtes incessantes et intempestives.

Mangor : Personnage très sombre à la voix très grave, Mangor est un démon des abysses, plus précisèment un baatezu (comprendre par là : un gros monstre poilu avec des cornes) dont le principal défaut est de corriger tout le monde. Banni de son plan (lui aussi…) pour « cassage-de-pieds-intensif », il se retrouve perdu en Ombreterre (lui aussi) à la recherche d’un moyen de retourner dans son plan d’origine (lui aussi). Incarnation éponyme du créateur de la saga, Mangor est un personnage paradoxal et intéressant, cruel mais sympathique, intelligent mais violent, et surtout très chiant (on assiste d’ailleurs à quelques conflits entre le conteur et Mangor, un duel schizophrénique qui permet aux auditeurs de se sentir intégrés dans l’histoire, pouvant prendre le parti du narrateur exaspéré par l’inconscience de ses personnages ou celui du groupe chaotique qui ne fait rien pour faire avancer le scénario). Mangor partage avec Lrakiroth une passion immodérée pour la baston, la boisson et la déconnade.

Vitrielle : Elfe noire et prêtresse du culte de Baal que le groupe rencontre dans l’Auberge Sans Nom, c’est une jeune femme mystérieuse, envoûtante, dangereuse, fille facile (on la surnomme la morue) et un peu cruche qui n’hésite pas à user de ses charmes (qui sont remarquables, à en croire le soupir d’extase que le narrateur pousse en la voyant) pour parvenir à ses fins ou pour récolter de l’argent (elle n’est donc pas uniquement prêtresse apparemment, elle a plusieurs métiers plus ou moins officiels à son actif…). Grâce à ses connections en Ombreterre, elle va tenter de guider ce groupe d’incompétents notoires à la recherche de quêtes et d’informations.

Bernard : un humain totalement quelconque, bête et gentil, qui a eu le malheur de se faire mordre par un loup-garou… Après avoir tenté infructueusement de se suicider en se jetant du haut du premier étage d’une maison et être tombé sur le pauvre diablotin Amorce, il est recueilli par Blie qui décide de le prendre sous son aile et d’utiliser la puissance destructrive enfouie en lui. Elle peut donc le transformer à tout moment en lycanthrope pour l’assister lors des combats. Sinon, Bernard est un paumé abruti et maladroit, perdu et inutile, un vrai fardeau qui ralentit le groupe (ses exploits au lancer de gourde vont même réveiller le démon de la mare, encore une victoire de Bernard !! euh… de Canard).

Vous devez certainement vous demander comment un groupe de personnages aussi hétéroclite, constitué d’individus et de monstres chaotiques et maléfiques peut bien réussir à s’entendre ? A cela, deux réponses simples. Primo, la nécessité et le but commun : en effet, perdus au fin fond de l’Ombreterre, un territoire mal répertorié et dangereux, ils doivent s’entraider pour en découvrir la sortie, d’autant plus que tous seuls ils n’iraient pas loin, vu le très petit nombre de qualités qu’ils possèdent chacun au niveau de l’orientation, du dialogue, et de l’attention (ce qui exaspère intensèment le pauvre narrateur !). Secundo, ils obéissent tous à la règle du « Chaotic Power » (prononcer « Chaotic Powaaaaaaaaaaa »), une idée inplicite qui pourrait se définir par l’adhérence commune à un esprit chaotique et maléfique, la recherche d’une communauté dédiée à l’absence de règles, un principe qui maintient une bonne ambiance générale dans le groupe au-delà de quelques crêpages de chignons.
Une fois les présentations terminées, l’histoire commence dans une « ville sombre, sale et mal fréquentée » comme il y en a tant en Ombreterre et nous confirme que nous accompagnerons les aventuriers à la recherche de la Tour de Baal, qui doit se trouver à la surface et qui cache un portail reliant tous les univers connus, en bref un bon moyen pour tous ces voyageurs égarés de rentrer chez eux.
Après des débuts très difficiles (le conteur a du mal à s’imposer au milieu du brouhaha ambiant) dans une Auberge Sans Nom qui ne fait pas long feu et un imprévu (Médor le chien du conteur s’enfuit avec le scénario…) qui annonce directement la couleur, les épisodes s’enchaînent avec un bon rythme, un humour noir excellent et une bonne technique d’ensemble : les musiques sont originales et plaisantes, au même titre que les bruitages qui correspondent bien à l’esprit à la fois burlesque, effrayant et sombre de la saga ; les voix sont bien diversifiées et plutôt bien interprétées dans l’ensemble par Mangor et son équipe, la diction un peu inégale à quelques occasions n’étant pas gênante, et les textes sont très drôles et inspirés, remplis de répliques cultes, le seul petit bémol à déplorer est une petite baisse de rythme à quelques occasions, surtout vers la fin qui devient un peu moins facile à suivre.
Au final, pétrie de qualités, La Tour de Baal reste une saga prenante, hilarante, dont on peut saluer les efforts fournis pour constituer un univers aussi riche et parsemé de personnages secondaires excellentissimes, avec en tête de liste l’immense Serrandras, « le paladin qui casse du vilain », totalement incohérent et pourtant mystérieusement puissant, un ivrogne invétéré qui finit toutes ses phrases par des rimes ridicules, un personnage indispensable qui va bouleverser (un tout petit peu) le destin (« des-tintin et milou… ») de nos aventuriers chaotiques préférés au cours de sa mission, qui va lui aussi le mener à la Tour de Baal !!! Vous ferez aussi la connaissance d’autres personnages ridicules tels que le sorcier Sais-pas (qui ne sait strictement rien effectivement), le Vieux Kong, les deux frères diablotins Nulach et Yédébric, le rat (un rat impoli à l’accent méditerranéen…), un ange en tutu, Baal lui-même, un gnome sans intérêt, le djinn Levi’s, les nains duergars qui n’ont pas d’amis (Gare !!), le sorcier/futur pâtissier des Tours des Cons….
Mention spéciale donc aux jeux de mots délicieusement ridicules qui peuplent le monde de la Tour de Baal, un de ses plus grands atouts, des jeux de mots très originaux et qu’on retrouve un peu partout dans les dialogues, mais aussi dans les noms des lieux, objets, tout ce qui tombe sous la main du génial créateur : le magasin Enfermarché, le fast food Dimmu Burger, le saule bouffeur carnivore, le marécage des Senfonce, et en point d’orgue les canarbivores, des créatures terrifiantes dont les coin coin monstrueux vous glaceront le sang !!! Bien entendu, des objets minables sont aussi au rendez-vous : une banane +4 contre les morts-vivants, un Larousse charognard (très dangereux et vraiment insupportable), une bague d’invocation qui fait apparaître des animaux ridicules, etc.
Je vous laisse sur ces paroles inspirées adressées par Amorce au sorcier fantôme : « Et vous, vous faites quoi dans la mort ? »

Bonus : le premier épisode de la saga la Tour de Baal

La saga se déroule en 9 épisodes, dont le dernier devrait sortir d’ici peu, apparemment avant la fin mars 2008 selon les informations fournies par le site. Une très bonne saga à ne pas rater !
Jetez aussi un coup d’oeil sur les bonus, qui contiennent quelques excellents moments de délicieux délires, notamment le génial Bêtisier de Baal (qui comprend une interview parodiée savoureuse des membres du groupe) et les émissions de jeu de Nulach et Yédébric les petits diablotins farceurs !

Notation : 8/10

> Pour écouter les épisodes, c’est ici : latourdebaal.communaute-thurm.info/

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