Venez à la rencontre d’un mangaka autonome et atypique, naviguant entre succès et échecs, un spécialiste du manga pour adultes, mélant érotisme sexiste et bizarre et violence graphique dans des seinen (mangas réservés aux adultes) coup de poing, tel Gantz, un des manga quasi-incontournables de ces dernières années, un monument de SF destructrice…

  • Nom : Oku, Hiroya
  • Né le : 16 septembre 1967 à Fukuoka, Japon
  • Nationalité : Japonais
  • Profession : Mangaka
  • Oeuvres principales : Gantz, Zero One


–> Un mangaka autonome :

Auteur solitaire et autonome, Oku cumule les postes de dessinateur et scénariste sur tous les mangas qu’il a écrit. On en sait très peu sur sa vie personnelle, à part le fait qu’il est marié depuis quelques années et qu’il a une petite fille.
Concernant sa vie professionnelle et ses écrits, le mangaka se distingue par sa patte très reconnaissable dans son design des personnages féminins : les indispensables filles ultra sexy à très fortes poitrines, qui trônent en femmes fatales dans la plupart des couvertures ou des chapitres de ses mangas (dans une interview donnée à un magazine d’animation japonais en 2005, il confie lui-même qu’il « adore les filles aux gros seins »). Dans son manga Hen, Oku eut l’idée de dessiner les tétons avec une trainée visuelle afin de donner une impression de mouvement aux seins (méthode utilisée plus tard par d’autres mangakas dans des mangas pour adultes entre autres).

–> Un auteur contesté
L’érotisme d’Oku est très adolescent, à l’instar de son humour, mettant en scène des jeunes gens libidineux, prenant même le pari de faire de son propre héros Kei Kurono dans Gantz un obsédé qui tente de tirer parti d’une fille livrée à elle-même; un élément que beaucoup d’occidentaux peuvent considérer comme sexiste dans son travail, mais qui ne dérange pas chez des nippons habitués à traiter la femme en inférieure, voire en animal (voir Gantz).
Outre le sexe, qui reste tout de même assez soft dans la mise en scène, les autres facettes et thèmes de prédilection exploités dans ses oeuvres sont la violence, le gore, le fantastique et le cyberpunk.
Un auteur controversé, parfois mal-aimé, parfois qualifié de génial, souvent incompris; les avis divergent, pour preuve son oeuvre la plus connue, Gantz, qui ne laisse pas indifférent, soit on adore, soit on déteste.
Quoui qu’il en soit, il gagne le second prix au 19ème « Youth Manga awards » sous le pseudonyme de Yahiro Kuon (un anagrame) en 1988.

–> Son oeuvre :
A ce jour, iL est l’auteur (scénariste et dessinateur bien entendu) de 5 mangas édités en volumes reliés et de quelques « One-shot ».

En 1991, il publie Hen, manga constitué de deux parties (c’est surtout une compilation de one-shots et de chapitres très courts), une romance empreinte de violence qui conte l’histoire de Chizuru Yoshida, une lycéenne à grosse poitrine qui va devoir faire face à une crise de personnalité quand elle va découvrir qu’elle est peut-être lesbienne, ainsi que celle d’une relation homosexuelle entre deux jeunes garçons (Suzuki et Satoh), ou encore celle d’un jeune homme et une jeune fille, qui suivent un fil censé conduire à leur âme soeur. La première partie en 13 tomes, Strange, commencée en avril 1991 et finie en avril 1995, et une deuxième partie de 8 tomes, Strange Love, commencée en septembre 1995 et terminée en juin 1997. Malheureusement, cette oeuvre est la seule de Oku a n’avoir jamais été publiée en France. Au Japon, une réédition est en cours.
Son second manga, Zero One, traite d’un tournoi de jeu vidéo (édité en France par Panini Manga et Generation Comics en 2003), commencé en octobre 1999 et fini abruptement dès mai 2000 à cause de son manque de succès, il ne comporte en conséquence que trois tomes.

–> Après des débuts difficiles, une percée :
Son manga le plus célèbre, Gantz, actioner post-moderne jusqu’auboutiste, débute en décembre 2000. Fin 2007, déjà 23 volumes sont publiés (21 volumes sont déjà sortis en France, édités par Tonkam), et le succès continue. Gantz a été adapté en anime de 26 épisodes par le studio Gonzo en 2004, et la franchise a aussi donné naissance à un jeu vidéo et un artbook. Récemment, l’auteur a décidé de séparer les 20 premiers tomes de la suite : la Phase 2.

En mars 2006 sort Me-teru no Kimochi, dernier manga en date d’Oku de seulement trois tomes, celui-ci raconte l’histoire d’un homme de 30 ans enfermé dans sa chambre depuis 15 ans et refusant d’en sortir et qui, à la suite du décès de son père, doit vivre en compagnie de la nouvelle épouse de ce dernier. Ce manga ne comporte pas pour l’instant de scènes violentes ni sexuellement osées, ce qui est étonnant de la part d’Oku. On peut noter certaines similarités entre cette oeuvre et l’histoire de Hen.

En-dehors de ses mangas principaux, deux recueils regroupant ses oeuvres les plus courtes sont sortis sous le titre de Hiroya Oku Collection #1 et #2.
Le premier recueil regroupe Ito, Zatsu (8 pages), Netsu (6 pages), les 7 chapitres de Suki et les 3 chapitres de Iya pour un total de 325 pages.

Le deuxième recueil regroupe Can (histoire courte d’une trentaine de pages montrant les péripéties d’un jeune homme qui, après avoir touché une canette tout droite issue de l’enfer, se voit doté de grands pouvoirs), Kansatsu-Nikki (manga d’une trentaine de page dont l’histoire tourne autour d’une jeune fille persécutée et violée par ses camarades de classe), les 5 chapitres de Kuro (celui-ci raconte l’histoire d’un homme qui, après avoir été gravement blessé par un groupe armé qui est intervenu sur son lieu de travail, cherche à se venger), les 5 chapitres d’Hen et les 2 chapitres de Yado (environ 50 pages : un jeune garçon, aimant le dessin, se fait persécuter par ses camarades) avec un total de 330 pages.

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