Le manga Eyeshield 21 suit le développement d’un jeune lycéen fébrile Sena Kobayakawa dans l’univers violent du football américain. Grâce à un scénario et à un trait de dessin caricatural, il se distingue de la masse globalement médiocre des Shônen sportifs. Un régal pour les yeux, et plus efficace qu’une dose d’antidépresseur, à se procurer auprès des éditeurs Glénat le plus rapidement possible.



Aux premiers abords enfantins, en réalité plus réussi et subtil

  • Genre : Shônen/ Sport / Humour
  • Mangakas : Yusuke Murata (dessin), Riichiro Inagaki (scénario)
  • Editeur : Jump Comics (JP), Glénat
  • Année de production : 2002
  • Nombre de tomes : en cours…



Publié pour la première en 2002 au Japon, Eyeshield 21 a depuis fait son petit bonhomme de chemin. Le 18ème tome vient de paraître chez Glénat et connait un franc succès en Europe. Pourtant, rien ne laissait présager une pareille réussite. En effet, la floraison de shônen sportifs et l’aspect peu charismatique du personnage principal, Sena Kobayakawa (surnommé par la suite « Eyeshield 21 ») aurait plutôt laissé penser le contraire. Alors, d’où provient un tel succès ?

Coté scénario, l’histoire est somme toute assez banale. Sena est un jeune gringalet se faisant ridiculiser à l’école et ne participant à aucunes activités extra-scolaires. Un jour, Yoichi Hiruma, le quarterback des Deimon Devils Bats, l’équipe de football américain de son lycée décide de l’intégrer à son équipe. Oh surprise ! Sena s’avère être extrêmement rapide. En effet, obligé de fuir ces détracteurs au lycée, il s’entrainait involontairement à la course tout les jours. Récompensé de plusieurs awards figurant dans la liste du « story-king contest » (concours récompensant les meilleurs scénarios), qu’est ce donc qui a tant fasciné ces spécialistes ? Derrière cette apparente simplicité se cache en réalité une histoire aux réflexions plus profonde. Le football américain est ici utilisé comme moyen pour décrire l’évolution vers l’âge adulte du personnage enfantin de Sena. Notre jeune héros y rencontrera de nouveaux amis, surmontera de nombreux et immenses obstacles et évoluera jusqu’à devenir un personnage plus charismatique et sûr de lui. Eyeshield 21 peut donc être décrit comme une métaphore humoristique de l’adolescence.

Coté personnage, tout s’organise autour de ce concept. Mamori Anezaki, l’amie d’enfance de Sena, entretient au début une relation quasi-maternelle avec le jeune lycéen. Lors du second tome, Sena lâchera volontairement la main de Mamori pour continuer le football américain, rompant une fois pour tout ce lien maternel. Les autres personnages sont principalement des joueurs ou adversaires des Deimon Devils Bats. Parmis ceux-ci, il est important de citer Yoichi Hiruma, le coach et quarterback des Deimon Devil Bats aux airs de démon (en réalité doté d’un cœur d’or), le gros mais redoutable linebacker Kurita qui nous surprendra plus d’une fois par sa gentillesse et sensibilité et le simiesque Raimon Tarou, un ancien joueur de baseball reconvertit au poste de wide receiver.

Au niveau du chara design, on remarque comme toujours un lien entre l’aspect physique et psychique des personnages. Par exemple Yoichi Hiruma a des airs de démon et un regard particulièrement machiavélique (tel que Machiavel l’entendait : «Les grands hommes appellent honte le fait de perdre et non celui de tromper pour gagner.») contrairement au gentil Kurita qui sera dessiné tout en rondeurs lui donnant ainsi l’apparence d’un « gros bébé ».

Le dessin des personnages suit l’évolution de la série. Au début, Sena a un aspect enfantin et le dessin y est par conséquent moins travaillé. Au fil des tomes, le coup de crayon se précise et le charisme général des personnages augmente. Autre aspect important du dessin, c’est son coté caricatural, ou plutôt exagérateur. La vitesse de
Sena, la puissance de ses adversaires, le dessin cherchent à rendre au mieux (quitte à en faire trop) l’importance que joue le football américain dans la vie de Sena. Certains verront cette volonté d’en faire trop comme un moyen d’ajouter une touche comique au manga, il est vrai que ça crée cet effet, mais pas uniquement. C’est avant tout un moyen pour faire obliger le lecteur à voir l’action tel que Sena l’a vu. C’est la subjectivité du jeune héros qui amplifie l’action.

Moralement, Eyeshield 21 vise un jeune public. Dans une ambiance très bon enfant, (on s’éloigne de mangas critiquant la société tel que Gantz) on prend un plaisir certain à suivre l’évolution du héros dans cet univers qui ne lui ressemble pas. Plus on avance dans la série, plus les obstacles deviennent difficilement surmontable et plus le lecteur se retrouve pris dans l’histoire. Des thèmes comme l’esprit d’équipe, le travail ou le talent sont repris plusieurs fois. Il est aussi important de noter l’aspect burlesque, voir volontairement ridicule de ce manga. Certaines scènes, comme les scènes d’entrainement notamment, (où les protagonistes doivent pousser un camion, esquiver des balles, etc…) ont le don de nous faire rire bêtement.


Notes:

  • Dessin: 8.5/10
  • Scénario: 7.0/10
  • Puissance: 9.5/10

Moyenne: 8.3/10

En conclusion, un manga réussi. Amusant, fort en émotion et éducatif, une perle qui n’en avait pas l’air.

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