Vous avez certainement tous entendu parler de Kung Fu Panda, le dernier film d’animation des studios Dreamworks. Alors, faut-il ou ne faut-il pas le regarder, a quel public est-il destiné, et les films d’animation ne sont-ils vraiment que pour les enfants ? Encore un débat inutile. Le fait est que si vous aimez les arts martiaux ou les pandas, que vous avez un penchant pour la culture asiatique ou que vous aimez rigoler, vous n’avez aucune raison de rater Kung Fu Panda !

Kung Fu fighting !

♦ Genre : Comédie / Arts martiaux / Aventure / Emotion
Réalisateur : Mark Osborne, John Stevenson
Année de production : 2008
Durée : 1h 32mins
Classification : Tous publics

Dans un village situé au pied d’une montagne sacrée abritant un temple d’arts martiaux renommé, Po le panda rêve allègrement de ressembler à ses héros, des maîtres surentraînés qui veillent avec sagesse sur la vallée. Dommage qu’il soit gros et gras, mou et paresseux, maladroit et goinfre, si bien qu’il est impensable pour un tel personnage de concrétiser son rêve, et qu’il semble condamné à vendre des nouilles toutes sa vie, comme le fait son père au commerce familial.

¤¤¤ Synopsis :

Alors qu’une menace s’annonce sur la vallée quand le terrible Tai Lung arrive à s’échapper de sa prison dans laquelle il croupissait depuis plusieurs années, le grand maître Oogway décide de remettre le parchemin du dragon au guerrier ultime qui sera élu pour disposer de ses incroyables pouvoirs. Rassemblés au temple le jour de la fête, tous les habitants de la vallée ainsi que les apprentis de maître Shifu, Tigresse, Mante, Vipère, Singe et Grue attendent avec impatience de voir qui sera désigné par le destin. Un drôle d’accident fera que Po va se retrouver propulsé bien malgré lui à ce poste qui ne lui convient pas du tout… Un gros panda comme unique espoir de la vallée ? Voilà une nouvelle qui contrarie énormément maître Shifu, obligé d’entraîner cette masse flasque et maladroite pour en faire un combattant digne de ce nom. Un cas désespéré apparemment…. Mais était-ce vraiment un accident ?

¤¤¤ Critique de la rédaction :

La recette de Kung Fu Panda est assez simple. En conjuguant comédie et arts martiaux, les créateurs de chez Dreamworks se sont assuré un succès quasi-certain. Tout d’abord, surfer sur la vague actuelle d’affection pour les produits culturels asiatiques était une évidence, et le film s’inscrit dans une culture graphique très tendance à l’heure actuelle (les couleurs et les personnages asiatiques sont très en vogue en matière de décoration ainsi que le style de dessin chez les amateurs de manga), tout en s’appuyant sur des valeurs sûres, tout aussi en vogue : l’affection suscitée par le panda, animal adorable jusqu’au bout des griffes et en danger de disparition, mais aussi l’affection récente démontrée par le public (et pas seulement américain) pour les films qui savent emprunter des pans de la culture extrême-orientale pour s’exprimer, tels Kill Bill ou Batman Begins et qui rencontrent souvent un grand succès (l’occasion de mettre la star cultissime Jackie Chan au générique n’est d’ailleurs pas du tout innocente, ce genre de publicité est toujours bonne à prendre).

Cela ne doit pas pour autant faire de Kung Fu Panda un produit commercial, car on voit dès les premières minutes que les studios Dreamworks se sont particulièrement appliqués à créer un univers à la fois dépaysant, accueillant, émouvant et époustouflant, en conciliant les valeurs précitées et en s’inspirant de personnages et de mythologies dans lesquelles tous les publics se reconnaîtront, petits ou grands, geeks ou moins geeks, en passant par Star Wars (la relation entre Shifu et Tai Lung fait beaucoup penser à celle entre Obi-wan Kenobi et Anakin Skywalker, et le maître Oogway nous rappelle allègrement ce bon vieux petit Yoda), Les Tortues Ninja (Shifu fait aussi beaucoup penser à Splinter, le maître des tortues, preuve que les américains ne démordent pas facilement des figures qu’ils adoptent et des clichés qu’ils véhiculent) ou dans l’esprit certains films de Stephen Chow, notamment Crazy Kung Fu. Les derniers films du réalisateur / acteur Hongkongais ont effectivement été auréolés d’un certain succès aux Etats-Unis, et on sent transparaître de nombreuses similitudes entre l’atmosphère qu’il insuffle à ses films et celle qu’on ressent tout au long de Kung Fu Panda : on passe en effet très vite du rire à l’angoisse, du sourire émerveillé et béat à la consternation, toutes les émotions sont passées en revue et on a pas le temps de s’ennuyer une seconde, et encore moins envie d’en perdre une miette.

Bonus song : Introduction – Hero (Hans Zimmer)

La musique composée par Hans Zimmer et John Powell nous remémore d’ailleurs certains moments de Crazy Kung Fu elle aussi, tout en s’appuyant d’autres mélodies asiatiques très inspirées, très habiles, on frise parfois le cliché à cause de tant de références culturelles et d’airs empruntés aux airs asiatiques les plus célèbres, cependant la maestria de maître Zimmer alliée à l’expérience du sieur Powell dans le domaine (il a déjà composé le score de plusieurs films d’animation dont Fourmiz, Horton ou Shrek, autant dire que Dreamworks lui fait confiance et avec raison !) donne un cachet très efficace à l’ensemble, et les envolées lyriques peuplées d’instruments et de sonorités exotiques nous transportent à chaque instant au sein de cet univers fantastique, en nous réservant quelques magnifiques morceaux de bravoures d’une puissance…. renversante.

Pour ce qui est des graphismes, Dreamworks montre ici son idée de la perfection, et tout spectateur ne pourra que se sentir ému dès les premiers instants du métrage par la beauté spectaculaire des décors et des paysages. Flamboyant, somptueux, sublime ou magnifique sont autant de termes qu’on peut appliquer au résultat graphique que présente Kung Fu Panda, et ce sont tout autant d’arrière plans magiques qui viendront imprimer notre rétine tout au long du film.

Seul bémol, car il y en a toujours un, cette recherche ultime du perfectionnisme graphique a conduit les designers des fonds et des décors à vouloir en faire parfois un peu trop, alignant les symboles asiatiques à la chaîne en oubliant parfois de rester mesurés pour ne pas faire trop cliché ou un tantinet superficiel (on remarque en effet parfois une trop grande concentration de bonzaïs au m2 pour que ça fasse crédible, mais ce n’est pas ça qui vous gâchera le plaisir de vous extasier devant votre écran). Au final donc les décors et les arrière-plans impressionnent par leur richesse et leur beauté (les studios Dreamworks n’ont pas hésité à engager des spécialistes coréens ou chinois pour s’occuper de la direction artistique du film) ainsi que les tonalités colorées et la diversité des techniques employées (entre estampes japonaises modernisées et style manga, le tout mis en image avec une virtuosité bluffante) et l’animation, tout simplement parfaite.
Il est clair que les studios Dreamworks ont voulu montrer avec Kung Fu Panda toute l’étendue de l’amélioration de leur technique (on se rappelle de certains de leurs derniers films, comme Madagascar ou Robots, qui présentaient encore quelques petites imperfections ou manquaient de virtuosité), et certains détails ne trompent pas : quand on voit les poils des personnages bouger en accord parfait avec leurs mouvements, on reste bouché bée et on apprécie, point.

Un tel spectacle visuel ne serait pas complet sans un bon scénario et de bons personnages. Là encore, vous ne serez pas déçus, car l’histoire, bien qu’assez prévisible en ce qui concerne certains passages (ceux qui connaissent bien le cinéma asiatique, les films d’arts martiaux ou la culture manga reconnaîtront facilement quelques leitmotivs culturels), distille un subtil mélange entre comédie grotesque, philosophie zen (facile à comprendre, montrant de bonnes valeurs d’amitié, de courage et de tolérance), ironie mordante et violence des combats.

Le film s’appuie donc sur de nombreux atouts, en premier lieu sur son rythme très entraînant, mais également sur son ambiance et tout le panel d’émotions qu’il parvient à nous faire ressentir grâce à une galerie de personnages savoureuse. Bien entendu, la palme du plus amusant et attendrissant des protagonistes revient à Po le panda, véritable boute-en-train sur pattes, aussi gros qu’hilarant et d’une maladroitesse à faire peur. La personnalité de Po est caractérisée de telle manière que tout fan d’arts martiaux pourra se retrouver dans ce personnage, car comme tout fan il rêve de ses combattants préférés, reproduit les gestes des plus grands maîtres dans sa chambre (avec plus ou moins de dextérité…), s’extasie devant eux à leur moindre mouvement qui prend instantanément à ses yeux l’aspect d’une prouesse, bref il incarne à merveille à la fois l’enfant émerveillé devant ses héros, l’adolescent motivé qui veut à tout prix apprendre les arts martiaux, mais également l’adulte rêveur qui sait qu’il n’arrivera jamais à devenir un maître mais dont les héros télévisés tels Bruce Lee ou Jackie Chan lui permettent de s’évader du quotidien le temps d’un film.
Po, « The gros panda », incarne donc le rêve de tout fan de passer de zéro à héros, et son voyage initiatique au sein des règles et de la maîtrise du kung fu ne manquera pas de vous passionner. Les autres personnages, tous ancrés dans la culture asiatique (après le panda, on trouve le tigre, le serpent, le singe, la tortue et la grue, toutes des figures imposées, sympathiques et très bien caractérisées elles aussi, vous ne manquerez pas de vous y attacher), leurs techniques de combat sont bien adaptées à leurs aptitudes personnelles et leurs personnalité correspond à ce que ces animaux représentent dans la culture extrême-orientale (le singe pour l’intelligence et la force, la tortue pour la sagesse de la vieillesse, etc.). Pas de dragon au rendez-vous par contre, mais une mante religieuse (…. ?????) qui n’aime pas passer inaperçue malgré sa très petite taille… !

Après une heure et trente-deux minutes de pur bonheur visuel et d’émotions fortes ponctuées de séquences de rire très plaisantes, Kung Fu Panda vous laisse sans voix, heureux et comblé. Un film qui ravira tous les fans de l’Asie et des arts martiaux, fera naître de nouvelles passions ou ravivera éventuellement les flammes endormies ou simplement égarées, qui s’embraseront à nouveau d’un amour respectueux pour cette culture unique, universellement appréciée pour ses valeurs de sagesse et d’humilité, mais aussi pour son incroyable beauté ! (oulà je m’enflamme là…). Il n’empêche que ce qui frappe chez Kung Fu Panda, c’est une impression immédiate de perfection graphique, et pour peu qu’on se laisse séduire par l’humour dévastateur du panda le plus surprenant du monde, le film vous laissera un souvenir des plus plaisants (et une envie de le revoir dès que possible !).

Notation : 9/10

► Un divertissement efficace et néanmoins intelligent, pétri de morceaux de bravoure (la fuite de Tai Lung, WOW !!!!) et porté par un casting au poil (Jack Black en VO ou Manu Payet en VF dans le rôle du panda, un vrai régal !). Le meilleur Dreamworks depuis le premier Shrek ou Nos voisins les hommes, et pourtant il ne risque pas de tenir la distance face à son concurrent direct Wall-E. Pas grave, les ambitions des deux films et de leur studios respectifs (Dreamworks et Pixar) sont totalement différentes et leur sujet aussi, la meilleure chose à faire est donc de regarder et d’apprécier les deux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation