En 2000, des producteurs avisés ont décidé de nous livrer un moyen-métrage (48 min) expérimental pour nous montrer l’étendue des techniques mises à disposition de l’animation japonaise, toujours fidèle à sa réputation d’être à la pointe de la technologie. En a résulté cette œuvre singulière, imparfaite et pourtant marquante, symbole d’un tournant graphique majeur de la japanimation…

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  • Genre : Fantastique / Action
  • Réalisateur : Hiroyuki Kitakubo
  • Studio : Production I.G.
  • Année de production : 2000
  • Licence : Oui
  • Durée : 1 x 48 mins

 En 2000, des producteurs avisés ont décidé de nous livrer un moyen-métrage (48 min) expérimental pour nous montrer l’étendue des techniques mises à disposition de l’animation japonaise, toujours fidèle à sa réputation d’être à la pointe de la technologie. Cette œuvre singulière, symbole d’un tournant graphique majeur de la japanimation au l’aube du 21ème siècle, a pris le pari de s’inscrire dans un genre qui a toujours connu un certain succès (ou un succès certain) au Pays du Soleil Levant : le thriller/actioner sur fond de fantastique contemporain mettant en scène des vampires.

Nos amis les buveurs de sang sont ici traités de façon moderne, puisqu’on les retrouve dans le métro, le lycée et d’autres endroits de la vie de tous les jours (par opposition au traditionnel château hanté style Europe de l’Est), afin d’imprégner le film d’un réalisme assez original et efficace mêlant des effets baroques et contemporains. L’héroïne de Blood : The Last Vampire s’appelle Saya, une jeune lycéenne chasseuse de vampires qui travaille pour des services secrets américains ayant pour but d’endiguer la prolifération des « Chiroptères« , des monstres assoiffés de sang qui ont été repérés en plein centre ville. Saya se lance à leurs trousses, armée d’un katana et dotée d’une force hors du commun…

Le scénario en lui-même n’est en partie qu’un prétexte à la démonstration technique du projet, c’est pour cette raison logique qu’il nous paraît incomplet, l’histoire est trop rapidement esquissée et pourvue d’un dénouement qui justifie le statut expérimental du film, un statut totalement assumé. Malgré ce regrettable état de fait, les bases posées par le pitch de Blood : The Last Vampire restent d’une qualité indéniable, car le monde qui y est dépeint est cohérent, inquiétant, et la narration assez dense et bien rythmée pour occasionner un quota se scènes d’action plus que suffisant.

Mais les qualités principales du film, celles qui l’ont propulsé au rang de chef-d’œuvre impressionniste de technicité visuelle, reposent sur son environnement particulièrement bien travaillé et prenant. En effet Blood : The Last Vampire des atouts indiscutables : des scènes  d’action époustouflantes qui arrivent toujours à nous prendre au dépourvu, un univers sombre et gore effrayant d’authenticité sublimé par une atmosphère glauque et captivante, le tout servi à merveille par une animation infaillible, des graphismes superbes et une bande-son tout simplement parfaite, aux tonalités grinçantes et viscérales inoubliables.

Point d’orgue ultime qui marque de son empreinte indélébile l’ambiance générale : la présence implacable du personnage de Saya, que le character design particulier a doté d’une « gueule » unique qui nous frappe par son charisme malsain et l’aura hypnotique de son regard, mélange d’innocence enfantine et de haine désincarnée.
L’impact réel de Blood : The Last Vampire est donc avant tout une question d’impressions : ceux qui seront frappés par son atmosphère et son univers bien « dark » sauront inconsciemment faire abstraction des manques certains présents dans le script et vivre le film comme une expérience visuelle inédite, profonde et mystérieuse.

Les autres seront peut-êtres un peu déçus, surtout s’ils se concentrent uniquement sur ses défauts, sans oublier que le niveau graphique s’est amélioré depuis (heureusement ! cela fait quand même 7 ans !), même si celui-ci reste unique et encore presque inégalé en-dehors des grosses productions du studio Ghibli (Chihiro, Mononoke, Le Chateau Ambulant) et des oeuvres de Mamoru Oshii (Ghost in The Shell 1 et 2 entre autres).

[A savoir tout de même que l’un des responsables du projet Blood : The Last Vampire, Kamiyama Kenji, est loin d’être un inconnu puisqu’il a réalisé la série TV des Ghost in The Shell : Stand Alone Complex et participé à la création artistique de deux autres films d’animation célèbres : Roujin Z et Jin-Roh : la Brigade des Loups]

Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus je m’engage pour une fois personnellement pour clamer haut et fort que Blood : The Last Vampire est une expérience visuelle envoûtante à vivre au moins une fois (et même plusieurs !) rien que pour l’adrénaline et le « thrill » qu’elle procure.

Notation : 8.5/10
> Définitivement culte.

Bonus song : ending theme

[ PS : le projet Blood est enfin ressorti du placard en 2005-2006 pour cette fois prendre la forme d’une série de 50 épisodes, adaptée à partir de l’oeuvre originale et reprenant le personnage de Saya, mais avec des graphismes radicalement différents. Critique à paraître bientôt sur Dwarfanime]

A SAVOIR : On a pu apprendre avec joie en cette fin d’année 2007 que Blood : The Last Vampire allait accoucher  quelques années après sa création d’une version cinéma qui promet d’être « monstrueuse » (si elle s’inspire assez du matériau d’origine), du moins on l’espère. Réalisée par Chris Nahon (Le Baiser Mortel du Dragon, qui n’était vraiment pas mauvais) et produit par Ronny Yu (Le Maître d’Armes), Blood le film devrait mettre en vedette la jeune et jolie Chun Ji-hyun (My Sassy Girl) dans le rôle de Saya. Une actualité à suivre, dont je reparlerai certainement sur ce site).

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