La franchise Bleach, forte de son énorme succès se devait d’envahir le paysage cinématographique japonais, à l’instar de ses concurrents Naruto et One Piece. Le film Memories of Nobody sort donc sur les écrans japonais le 16 décembre 2006…


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  • Genre : Action / Drame / Fantastique
  • Réalisateur : Abe, Noriyuki
  • Manga original : Tite Kubo
  • Studio : Studio Pierrot, Toho, Dentsu Inc.
  • Année de production : 2006
  • Licence : Non
  • Durée : 1 x 87 mins

La franchise Bleach, forte de son énorme succès littéraire (le manga), télévisuel (la série), et commercial (les DVD et les nombreux goodies dérivés), se devait d’envahir le paysage cinématographique japonais, à l’instar de ses concurrents Naruto et One Piece. Le film Memories of Nobody (encore un titre très classieux et évocateur de rien du tout, il est accrocheur mais on aurait pu s’en passer…) sort donc sur les écrans japonais le 16 décembre 2006, produit par la célèbre TOHO, et remporte un franc succès parmi les fans. Le premier film de la série Bleach sort bien entendu en DVD chez nous; attendons et espèrons, peut-être qu’un beau jour un de ces nombreux films perdus dans la masse des animes sortira un jour en France dans quelques salles obscures, qui sait ? (Bleach sur grand écran, cela fait rêver non ? au moins baver certains d’entre vous c’est sûr), un film qui normalement devrait valoir le détour.

¤¤¤ Synopsis :

Ichigo Kurosaki et Rukia Kuchiki, les deux Shinigamis protecteurs de la ville de Karakura, continuent d’accomplir leur job au quotidien : envoyer les bonnes âmes errantes à la Soul Society où elles pourront vivre en paix, et se débarasser des mauvaises, les Hollows, à l’aide de leurs pouvoirs spéciaux. Peu après avoir sauvé une petite fille dans un parc, ils sont attirés par un signal d’urgence provenant de la gare, aux abords de laquelle se déroulent d’étranges évènements. Effectivement, un nombre incroyable d’âmes non identifiées y sont rassemblées, sans raison apparente. Soudain, une nouvelle venue chez les Shinigamis qui semble sortir de nulle part, s’attaque aux âmes et s’en débarasse facilement.
L’apparition de cette étrange jeune fille va coïncider avec une crise majeure pour l’univers : une brêche s’étant formée entre les dimensions du monde réel et la Soul Society, une nouvelle dimension nommée « la Vallée des Hurlements », et qui menace de détruire les deux mondes originaux de nos héros…

Bonus song : Aqua Timez – Sen no yoro wo koete

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Il est toujours difficile d’adapter une série fleuve en un seul film et de réussir à intégrer tous les éléments d’un univers gigantesque, nécessaires à la compréhension du métrage, réduit à 1h27 de « Bleachittude » intensive. En effet, même si ce type de film sert à rameuter en masse les fans vers les salles de cinéma et leur faire acheter un DVD de plus, il peut aussi servir de promotion à plus grande échelle de la série, pour la faire découvrir à d’éventuels nouveaux spectateurs.
Toutes les qualités de Bleach sont donc mises en avant, et pas toujours avec finesse. Le duo Ichigo/Rukia est toujours aussi sympathique à suivre avec son contraste évident, entre le héros frimeur, taciturne et immature; et la petite demoiselle autoritaire de service, pragmatique et trop sérieuse la plupart du temps, jeune fille hystérique l’instant d’après… On retrouve aussi avec un plaisir coupable les petits ingrédients comiques de la série, de Kon la mascotte insupportable (un peu oublié tout de même) aux petits dessins explicatifs minables (pourtant très utiles pour permettre au spectateur de mieux comprendre et de se repérer dans le récit) en passant par les répliques savoureusement pathétiques d’Ichigo, Renji et Toshiro (entre autres, chacun y allant de sa petite phrase à la moindre occasion…), en bref tous les petits détails rigolos qu’on aime chez Bleach. Hilarant.

Servi par une animation et des graphismes bien plus soignés que ceux de la série (surtout l’animation, très bonne surprise car elle est enfin aussi bonne dans les scènes d’action comme dans celles du quotidien), Memories of Nobody reste d’une qualité visuelle d’ensemble beaucoup trop moyenne pour se démarquer d’un épisode traditionnel de la série, on pourrait à la limite le situer au niveau d’un bon OAV, mais toujours loin d’un film digne de ce nom. Cependant, l’ajout de quelques images de synthèse dans les décors et de très beaux arrière-plans (le parc, la ville, le Kogyoku) fait son petit effet, et rend le métrage agréable à regarder, mais sans jamais nous en mettre vraiment plein la vue, à l’exception de quelques fulgurances (la vue aérienne de la rivière et de la ville qui s’étend sous nos pieds, quelques danses de feuilles mortes…), on aurait pu attendre un peu plus de la part d’une franchise qui marche aussi bien et dispose à n’en pas douter d’un budget confortable.
Les personnages, toujours aussi colorés et parfois mal dégrossis, présentent un design sympathique, un peu affiné avec des détails mis en valeur. On ne s’extasiera pas sur leurs gros yeux vides, à peine sur les combats, mais on se laissera charmer comme d’habitude par les jolies mises en scène des pouvoir des Shinigamis, surtout par celui de la nouvelle arrivante (il est vrai que soulever des feuilles mortes, c’est joli).
Les amateurs de la série ne seront pas dépaysés au niveau sonore, la bande originale restant identique ou dans le même ton dans les grandes lignes. Bons points : on retrouve ses morceaux préférés (ce qui permet de s’identifier facilement à la série), on entend quelques nouvelles et jolies mélodies (dont une mélancolique au piano et un petit air style opéra bien réussis), et on se contente de cette bande son toujours variée et de qualité. Mauvais points : peu ou pas, on peut tout de même finir par se lasser de certaines pistes et réclamer de pouvoir écouter des thèmes musicaux originaux pour cette adaptation filmique, mais le mélange entre les nouveaux et anciens morceaux, en alternance, est satisfaisant, toutes les nouvelles musiques se révélant de bonnes facture (à part un petit air ridicule de xylophone exotique au parc d’attraction). On remarque enfin l’excellent générique de fin qui sort du lot, avec le très bon « Sen no Yoru wo Koete » interprété par Aqua Timez.

Humour, poésie, action, nostalgie : la recette du sachet de bonbons Bleach (sûrement des fraises Tagada) fonctionne toujours sans accroc. On nous sert de petites friandises alléchantes, le spectacle est au rendez-vous, et toujours aussi sucré, voir collant : un nouveau groupe d’ennemis mystérieux, une quête énigmatique, un drame larmoyant, un pouvoir aussi magnifique que dangereux, une jeune demoiselle en détresse, des morceaux de bravoure en pagaille…
Toute la « bande de Shinigamis » et leurs accolytes traîne bien sûr en ville, histoire de contenter les fans qui désirent retrouver leurs personnages préférés, toutefois cela permet à l’univers de la série de dépasser son cocon fantastique primaire et de s’ouvrir sur le réel avec une implication beaucoup plus forte du monde citadin et de la population, qui se retrouve touchée malgré elle à certains moments, et souligne le statut d' »êtres à part » de nos jeunes héros, incompris par une société trop terre-à-terre qui n’agit pas et reste simple spectatrice des évènements, des spectateurs inactifs de leur propre existence, qui ne se soucient pas des âmes égarées qui les entourent, du passage de vie à trépas, spectateurs amorphes, voire critiques, de la moindre incursion de fantasy dans leur univers auto-centré.
Quelques allusions aux thèmes des souvenirs, de la mort, de l’âme ainsi que quelques élans poétiques (je vous laisse interpréter à loisir les feuilles mortes) viennent ponctuer le métrage, sans jamais s’imposer, en gros toujours rien à gratter sous la surface de Bleach qui continue encore et toujours à appliquer la même méthode, la même recette, sans travailler des thématiques spirituelles intéressantes, de peur certainement de perdre son caractère d’actioner comique. Dommage, tant de potentiel sacrifié sur l’autel du profit commercial…

Enfin dans son ensemble le scénario est un peu branlant, le prétexte utilisé par les « bad guys » (une sombre histoire de vengeance encore moins crédible que celle des Bounts dans les hors-série) est d’une trop grande envergure et sous-exploité, tient à peine debout. Les personnages sont sans caractère, sans substance, totalement amorphes et superficiels, impuissants et inintéressants pour la plupart.
Le quota d’action et d’héroïsme témeraire est rempli, malheureusement l’originalité de propos en paie le prix. Memories of Nobody nous vend du Bleach, creux et franc, simpliste mais efficace, vain mais cool, naïf mais branché, disons que la majeure partie des fans seront satisfaits du spectacle, s’ils ne prêtent pas attention aux yeux d’Ichigo et Rukia qui louchent pendant près d’une heure et demi et au « happy end » dansant de la Soul Society.
Divertissant, mais sans plus.

Notation : 6.5/10

A savoir : un deuxième opus est en préparation, la suite directe, intitulée Bleach: The Diamond Dust Rebellion – Mo Hitotsu no Hyorinmaru.

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