Adaptation du manga de Toru Fujisawa sortie en 2006, TOKKÔ est une série de type "seinen" assez ambitieuse sur le plan scénaristique, tentant de mettre en scène une histoire mélant fantastique, policier et action…


 

  • Genre : Fantastique / Action / Horreur
  • Réalisateur : Abe, Masashi
  • Manga original : Fujisawa, Toru
  • Studio : AIC Spirits, Groupe TAC
  • Année de production : 2006
  • Licence : Kaze
  • Durée : 13 x 24 mins

 Adaptation du manga éponyme de Toru Fujisawa (Young GTO, GTO) sortie en 2006, TOKKÔ est une série de type "seinen" (c'est-à-dire pour un public masculin plus sérieux et plus mature que les "shonen" de baston pour adolescents) assez ambitieuse sur le plan scénaristique, tentant de mettre en scène une histoire mélant fantastique, policier et action, mais souffre d'un handicap malheureux dès le départ : le manga original n'a jamais pu être terminé par son auteur…

Mystère, bruit, fureur, sang… pendant plus de deux minutes aucune parole n'est prononcée dans un incipit choc et on ne distingue que quelques cris et gémissements plaintifs au milieu du vacarme, de l'hémogolobine et de la musique aux percussions discordantes. Puis un jeune homme blond, des monstres, une étrange jeune fille armée d'un épée…
Ce jeune homme s'appelle Ranmaru Shindo, il vit avec sa soeur Saya et ils débutent tous les deux dans la police. Mais il n'est pas tranquille car il est poursuivi par ce rêve étrange depuis l'incident dans lequel ils ont perdu leurs parents. Il s'est juré de rejoindre les forces spéciales du "TOKKI" afin de résoudre l'affaire pour comprendre enfin ce qui leur est vraiment arrivé…

Il se passe beaucoup de choses dans ce polar fantastique à l'atmosphère dérangeante qui oscille constamment entre humour et horreur pour mieux nous noyer dans ses flots mystérieux. Un scénario aux ramifications assez complexes se met trés vite en place et nous emmène dans les tréfonds obscurs d'un récit fantastique moderne mettant en scène des monstres assoiffés de sang, des meurtres sordides au détour de ruelles sombres et une incursion en profondeur dans les rivalités politico-administratives de l'univers policier qui donne une impression de vécu forte en sensations et en suspense.

Ajoutez une jeune fille magnifique et dangereuse, un fond malsain et violent, un lourd passé, des complots politiques, une relation fraternelle burlesque, un capitaine de police hilarant fringué en "yakusa" et des pantins en costumes ridicules et v ous obtenez TOKKÔ, une série ambitieuse au contenu intéressant mais au traitement trop superficiel.

A un niveau strictement graphique TOKKÔ est assez limité, avec une réalisation volontairement cinématographique (c'est de plus en plus souvent le cas dans les productions actuelles – multiplication et variation des plans, un montage rythmé et de beaux arrière-plans, une bonne bande-son qui sert à souligner l'impact des scènes clés, etc.) mais malheureusement pas toujours inspirée et desservie par une animation qui n'est plus au top en 2006, moins raffinée que les dernières sorties du genre (Elfen Lied ou Full Metal Alchemist par exemple). Le character design est fidèle à son auteur, joli et inventif (avec cette petite étincelle en plus "made in Fujisawa", mais l'adaptation animée semble parfois avoir été faite à la va-vite et certains détails ou plans paraissent bâclés.
L'action s'impose clairement dans la deuxième partie de la série et l'animation s'améliore elle aussi sensiblement, mais prend le pas sur le récit en lui-même qui souffre alors de manques; donc du bon et du moins bon au final car TOKKÔ ne va pas jusqu'au bout de son idée.

Bonus song : OST track n°10 – No Elm (by No Milk)

Fait rare dans la japanimation actuelle, les tremblements de terre et leurs ravages sont évoqués (c'est beaucoup plus rare que la menace  atomique qui a eu le droit a de nombreuses déclinaisons auto-analytiques dont la plus célèbre par Katsuhiro Otomo dans Akira, même si le spectre de celle-ci n'est toujours pas dédramatisé et tient encore sa place dans de nombreux animes trés récents), eux qui sont si craints des japonais et si meurtriers planent comme une menace traumatisante et persistante dans l'anime.

TOKKÔ se révèle passionnant quand il laisse s'exprimer ses multiples facettes mais trop souvent quand on creuse un peu sous la surface on se rend compte que plus d'épisodes seraient nécessaires pour développer les personnages à leur maximum et densifier le récit.
Reprise moderne des mythes occidentaux mélant théories anthropologiques, action et gore, cette anime est un peu difficile à cerner car il essaie d'être le plus complet possible pour accomplir son projet ambitieux (on sent l'influence du cinéma d'horreur occidental sur l'auteur, notamment avec la saga Hellraiser de Clive Barker, ou encore la Neuvième Porte de Roman Polanski en ce qui concerne l'enquête) mais cette tentative de reconversion du génial créateur de GTO nous démontre bien qu'il est bien plus à l'aise dans le registre des comédies scolaires. Toutefois on retrouve
avec plaisir ses qualités scénaristiques et sa manière soignée de distinguer ses héros, avec sa "patte" unique de mangaka qui nous réserve quelques moments savoureux.

Notation : 6.5/10
> Une bonne série dans son genre mais on a déjà vu mieux et on reste sur notre faim à cause d'un dénouement galvaudé.
Dépaysant mais inachevé.

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