Vous voulez vous moquer sans retenue des mauvais côtés des Américains ? Les épingler au plus profond de leur bêtise conservatrice et railler leur puritanisme, leur capitalisme forcené, leur violence et leur impérialisme injustifié ? Non je ne vous parle pas de South Park mais de son pendant "afro-américain funky" créé par : The Boondocks


 

  • Genre : Comédie / Action
  • Auteur : Aaron Mc Gruder
  • Studio : Sony
  • Année de production : 2005
  • Licence : Partielle (Saison 1/ 15eps)
  • Nombre d'épisodes : 15 x 24 mins + saison 2 en cours



 Vous voulez vous moquer sans retenue des mauvais côtés des Américains ? Les épingler au plus profond de leur bêtise conservatrice et railler leur puritanisme, leur capitalisme forcené, leur violence et leur impérialisme injustifié ? Non je ne vous parle pas de South Park mais de son pendant "afro-américain funky" créé par Aaron Mc Gruder : The Boondocks.

¤¤¤ Synopsis :
Huey et Riley Freeman, deux jeunes frères afro-américains, ont quitté le ghetto de Chicago où ils sont nés pour vivre avec leur grand-père Robert dans la banlieue aisée de Woodcrest. Si le premier est un petit génie anarchiste (et terroriste international en herbe) à la coupe afro qui prône la révolution intellectuelle en distribuant des tracts enflammés sur une caisse à savon, le second est tout le contraire avec sa passion pour les armes à feu, le rap et la violence et ses tresses qui lui donnent un look de "gangsta" miniaturisé.
Leur existence est faite de petits méfaits enfantins et de moments de glande sauf quand ils subissent les petits malentendus qui touchent une famille d'afro-américains dans un quartier à majorité blanche, et ils ne se privent jamais pour remettre en question toutes les injustices que leur infligent les "blancs" mais aussi bien souvent pour pointer du doigt les vices et les vertus de leurs propres "frères de couleur".

Bonus song :
Opening Theme

¤¤¤ Critique de la rédaction :
Doté d'un sens de l'éxagération exceptionnellement drôle, parodique et caricatural au possible, The Boondocks n'en est pas moins éducatif pour autant. Pas politiquement correcte pour un sou, indécente et violente, cette série est révélatrice des malaises inavoués d'une société américaine déclinante : racisme, prolifération des armes, obésité, extrêmismes, violence injustifiée, mensonges du gouvernement et décadence de la jeunesse sont mis en exergue sans aucune concession et le rêve américain est crucifié sans ménagement.

Quoi de nouveau ? me direz-vous… Peut-être pas grand chose à première vue, mais la qualité intrinsèque de The Boondocks repose sur son esprit acide, acerbe et divinement subversif mis en valeur par l'auto-dérision évidente voulue par son auteur, qui fait accumuler les réparties grinçantes par ses personnages avec un cynisme exquis et un art du second degré à l'efficacité imparable.

Les personnages sont tous noyés dans leur propre ironie (seul Huey arrive à s'élever de temps en temps au-dessus du lot, véritable petit objecteur de conscience et "voix-off" qui s'élève au-dessus de ce monde de brutes pour nous assèner les traditionnelles morales de circonstance), depuis l'entrepreneur véreux qui rançonne les petites filles jusqu'au grand-père "black" (en passant, grosse caricature du célèbre "Bill Cosby") typique et l'étrange Oncle Ruckus ("aucun lien de parenté" cf épisode 1) l'homme de couleur qui déteste les hommes de couleur, sans parler de tous les "gangstas" et afro-américains célèbres qui sont passés à la moulinette.
On n'échappe pas aux traditionnelles morales de fin d'épisode, mais elles sont vraiment pleines de bon sens et nous donnent réellement matière à réfléchir.

 C'est tout simplement hilarant et, à part quelques rares épisodes un peu moins bien réussis que les autres, quasiment sans défauts. Le seul point noir reste le doublage de la VO, qui est assez moyen dans le cas des protagonistes (mais heureusement plutôt bon dans le cas des personnages secondaires) même si on s'y habitue vite. Pour une fois j'irai même jusqu'à vous conseiller la VF qui tient bien la route.

Corrosif et destructeur, The Boondocks vous fera assister à l'auto-destruction d'une civilisation par l'absurde alors riez sans vous retenir.
Un brulôt inspiré qui réduit les clichés en cendres, délicieusement conseillé pour vous remettre les idées en place (à grands coups de chaise pliante dans la tronche !).

Extrait : (Episode 1 : La Garden Par

ty)
– Un prêtre : Vous devriez vraiment voir la Passion du Christ. C'est un film majeur.
Huey : Impossible, Jésus est blanc.
– Prêtre : Pardon ?
Huey : Allons mec, c'est censé être un film historique et c'est un blanc qui joue Jésus ? C'est des conneries !

[Pour ceux qui émettraient des réserves, cette série américaine a bien sa place dans la catégorie animes car comme beaucoup de productions japonaises actuelles, une partie des graphismes et de l'animation a été délocalisée et confiée à une équipe coréenne]

Notation : 7/10

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