Il est des fois où la japanimation moderne nous déçoit grandement. Certains animes faits à la va-vite par un staff trop pressé par le temps ou un budget insuffisant ne valent même pas la peine qu’on les regarde jusqu’au bout…

SEX & PISTOLS


♦ Genre : Action / Historique / Drame
Réalisateur : Hideki Sonoda
Manga original : Kumagai Kazuhiro
Studio : Avex, Studio Egg
Année de production : 2004
Licence : Kaze
Nombre d’épisodes : 13 x 25 mins

C’est le cas de Samurai Gun, anime abordant le genre « steam punk » (SF se déroulant aux alentours du 19 ème siècle et mettant en exergue un monde transformé par l’arrivée des machines modernes arrivant avec les révolutions industrielles) dans un Japon en proie à des mutations culturelles et fonctionnelles importantes, phénomènes accompagnant la modernisation et la mécanisation de la société. Adapté du manga original de Kumagai Kazuhiro, Samurai Gun est réalisé et scénarisé par Hideki Sonoda (scénariste de la plupart des films Pokemon et de nombreuses séries totalement inconnues – pas très rassurant…) tandis que le character design est confié à Ohnuki Kenichi, dont le CV assez éparpillé n’est pas non plus un gage de grande qualité… Bon, pas la peine de faire durer le suspense, vous comprendrez dès les premières minutes que le résultat n’est pas très probant.

¤¤¤ Synopsis :

Mais commençons par l’histoire . Tout se déroule autour d’une petite ville dans laquelle se cache une bande de rebelles, les « Samurai Gun ». Cette société secrète basée dans le bistrot du coin réunit des combattants en armure et munis de pistolets qui défendent la veuve et l’orphelin (littéralement !). Parmi eux on trouve Ichimatsu le beau métis borgne, Daimon son partenaire et ami, ou encore Kurenai la courtisane qui se produit chaque soir sur scène avec sa guitare… Tandis que de nombreuses personnes disparaissent puis sont assassinées pour des raisons inexpliquées, les Samurai Gun vont s’opposer aux plans machiavéliques d’une terrible organisation qui sert les sombres dessins du shogun local. Pour les vaincre, ils vont tenter de les battre avec leur propres armes : la technologie…

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Partant d’une idée intéressante, Samurai Gun voit cependant tout le potentiel de son univers steam punk gâché par un travail bâclé. Que ce soit au niveau de la mise en scène ou du scénario, très peu de satisfactions à se mettre sous la dent : en effet dès l’opening on voit la – certes louable – volonté d’originalité de la série bien mise à mal par des limites graphiques flagrantes. Tout est dit, le mélange détonant entre culture nippone traditionnelle et modernité des designs, des musiques et des langages ne prend pas du tout.
Bien entendu, tout n’est pas à jeter, on peut même souligner la qualité des décors, très réussis, colorés et lumineux (et de très belles forêts), bien élaborés. Ajoutons aussi la bonne surprise du détail qui tue : les trajectoires des balles de revolver magnifiquement mises en valeur par les images de synthèse (on dirait que tout le budget y est passé !..).
Malgré tout le bât blesse dès qu’on s’attarde sur l’ensemble, et le déséquilibre très apparent entre la beauté des arrière-plans et l’aspect grossier et enfantin des objets et des personnages assez mal intégrés au premier plan laisse un goût bien amer… On ne s’attardera pas sur les défauts visuels gênants, entre un character design presque aussi décevant que celui de la série Ninja Scroll TV (et assez semblable) – visages ronds et trop quelconques – seuls les gros plans et les visages des femmes sont un peu mieux travaillés, car plus fins et un tantinet mieux dessinées (et ne nous leurrons pas les femmes sont privilégiées pour le côté ecchi de l’anime afin que leur corps soit plus appétissant).
Bilan : des graphismes trop brouillons et irréguliers, une animation trop mécanique et grossière, rarement réaliste, et la palme revient à la mocheté des ombres surdosées et tartinées sur les visages des personnages pour leur donner un « genre »…
Bref, seuls les plus jeunes s’en contenteront.

Bonus song : OP – Samurai Crew (par ZZ)

Un grain de poussière dans les rouages

Que nous reste-t-il ? Une idée de départ intéressante, un protagoniste torturé et une ambiance steam punk jazzy plutôt dépaysante (au moins 5 minutes). Soyons clairs, le thème du choc entre deux univers, deux cultures, deux époques avec l’entrée du Japon dans la modernité est insuffisamment exploité. Toutefois il est intéressant de voir la rencontre entre d’un côté les traditions culturelles nippones (port du kimono et règles du bushido) et de l’autre l’apparition des premières machines à vapeur et des armes à feu de plus en plus évoluées, un mélange symbolisé par le métissage du personnage d’Ichimatsu, qui est mi-nippon mi-étranger (on n’en sait pas plus sur ses origines). Et comme toujours, la nouveauté et la différence sont accompagnés de violence… la violence du passé d’Ichimatsu, la violence des serviteurs du shogun, la violence des brigands de grand chemin ; Samurai Gun décrit bien tous les problèmes que rencontre une civilisation en proie à la mutation.
Tout cette violence s’exprime donc au travers du héros Ichimatsu, sombre et taciturne, animé par un besoin de justice et de vengeance (mais en limitant au maximum l’emploi de la violence pour ne pas devenir comme ceux qu’il affronte) car il tient à retrouver l’homme qui a tué ses parents et sa soeur ; un héros masqué casqué et bien décidé à empêcher que d’autres familles subissent le même sort… Dommage qu’il soit si peu charismatique.

Un peu à court de munitions

Dommage aussi que la série soit plombée par un scénario d’une banalité affligeante et une intrigue manichéenne passant en revue de bons gros clichés comme celui des méchants entrepreneurs surarmés qui menacent les pauvres gens qui n’ont pas accès à la technologie. Dans la même optique, les situations risibles s’accumulent (notamment la scène de torture d’une jeune fille en combinaison hyper moulante) ainsi que les figurants ridicules (de la banale chair à pâté pour la plupart), les anachronismes désespérants (un jetpack !?!?) et ne parlons pas des réactions/rebondissements trop prévisibles.
La plupart des effets n’ont rien de crédible, avec par exemple un sang beaucoup trop rouge et une pléiade de jeunes filles écervelées qui courent à moitié nues dans des séquences ecchi inutiles dans l’histoire et incongrues pour un anime qui s’adresse principalement aux jeunes adolescents. Du pur fan service dénué de sens (des jeunes filles dénudées aux formes pulpeuses poursuivies en pleine forêt, on pense aux Chasses du comte Zaroff, pas aux samouraï !) le tout sur une bande son qui fait un tantinet musique d’ascenceur (à l’exception notable des deux génériques qui sont entraînants et de quelques jolis airs de piano).

On a donc au final un anime d’une mauvaise qualité générale, qui ne retient que très peu l’attention et fait beaucoup penser au gâchis de la série Ninja Scroll TV. Samurai Gun reste heureusement un tout petit peu plus intéressant que celui-ci grâce au design assez original des armures, toutefois malgré la bonne dose d’action contenue dans chaque épisode, on s’ennuie ferme et on reste bouche bée devant tant d’insipidité. Dans le genre, on préferera largement des séries comme Grenadier ou même Sakura Wars.

Notation : 4/10

Exaspérant tant l’intrigue est longue à se mettre en place et pourtant les épisodes passent si vite qu’on oublie d’y prêter attention… un constat qui résume bien Samurai Gun : banal, sans rythme, très moyen.

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