Ce sixième film ne laissera pas les fans de One Piece indifférents, c’est certain. Nouveaux concepts graphiques et dangers mortels sont au rendez-vous pour nos pirates aventureux…


La fleur du mal

♦ Genre : Aventure / Action / Drame
Réalisateur : Mamoru Hosoda
Manga original : Eiichiro Oda
Studio : Toei Animation
Année de production : 2005
Licence : Non
♦ Durée : 1h31 mins

La machine est lancée, on ne s’étonne donc plus de voir les films One Piece se succéder les uns après les autres année après année au début du mois de mars. La Toei Animation en a fait une institution, une habitude, un rendez-vous pour tous les fans qui attendent impatiemment chaque nouvel opus, toujours prometteur de petites surprises originales et appétissantes.
C’est donc le 5 mars 2005 que sort sur les écrans japonais ce sixième film One Piece, intitulé L’île secrète du Baron Omatsuri (traduction : le « baron fêtard »), qui fera un bon score au box-office nippon. La recette de ce succès ? une équipe renouvelée encore une fois pour élargir les horizons cinématographiques de la saga. Au poste des réalisateur, Mamoru Hosoda, un spécialiste du film d’animation qui a signé entre autres les films adaptés des séries Digimon, Galaxy Express 999 et Sailor Moon SuperS. Reste à savoir ce que ce sixième film peut bien trouver de nouveau à nous raconter.


¤¤¤ Synopsis :

Cette nouvelle aventure de de Luffy et ses amis Usopp, Sanji, Nami, Zoro, Chopper et Nico Robin les joyeux pirates commence par une bien mystérieuse annonce : « Si tu es un pirate parmi les pirates et que tu amènes tes compagnons de confiance alors tu peux venir sur cette île. Cette île s’appelle… L’île en fête ». C’est donc vers cet endroit aussi appelé l’île des festivals que se dirige l’équipage du Vogue Merry afin de se détendre un peu. Accueillis triomphalement comme les invités du maître de l’île, le baron Omatsuri, Luffy et ses amis devront se soumettre au test de l’enfer avant de pouvoir profiter des richesses de la l’île. Toujours prêt à relever un défi, Luffy clame une fois de plus qu’il a une confiance illimitée en ses compagnons et se lance tête baissée dans l’aventure ! Un par un, ils devront affronter des épreuves dantesques, pêche au poisson rouge, course folle, chasse à l’homme, et découvriront par ailleurs les terribles secrets que cachent cette île et ses habitants. Leur belle unité tiendra-t-elle tandis que la situation s’aggrave et que des membres de l’équipage commencent à disparaître ?


¤¤¤ Critique de la rédaction :

Le sévère ravalement de façade graphique présenté par ce sixième film ne manquera pas de surprendre les fans. En effet, les images sont très léchées, et la fluidité de l’animation est privilégiée par rapport à la crédibilité visuelle d’ensemble. L’imagerie de synthèse est omniprésente, et le résultat est d’un style très particulier, très original, mais tout aussi déroutant. A l’aide du cell shading, d’une CGI de pointe et d’une profusion de couleurs vives, le réalisateur donne un ton résolument moderne au film, une véritable identité graphique, en utilisant les techniques actuelles les plus poussées et en faisant preuve d’une inventivité sans bornes (on retrouvera le même style graphique et les mêmes procédés dans l’anime Windy Tales). Le parti pris était risqué, mais l’exotisme d’une telle aventure le permettait. Le plus dur à avaler pour les fans est bien entendu l’aspect des personnages, qui paraissent très découpés, géométriques, plats, squelettiques même, presque éthérés et pourtant très mobiles, fluides, pour coller à la vivacité de la mise en scène. Bien qu’ils aient l’air bizarre au premier abord, on s’habitue vite au nouveau design des personnages pour peu qu’on se laisse charmer par l’originalité volontairement « too much » de l’univers de l’île du Baron Omatsuri. La mise en scène nécessite également un petit temps d’adaptation, elle surprend par ses nombreux plans obliques et ses travellings qui donnent le tournis.
Les décors, toujours aussi travaillés et riches, ne souffrent quand à eux d’aucune tergiversation : ils sont absolument sublimes, d’un exotisme enivrant. Il n’y a qu’à voir la cité des festivals, grandiose de détails et d’ampleur. One Piece prend énormèment de maturité au travers de cet opus, c’est certain, tout y est plus violent, plus extrême, plus sombre, défnitivement plus adulte. Malgré tout la saga garde toujours son humour, heureusement, au travers de quelques séquences cartoonesques. Quand à la bande son, elle traduit bien le mélange des genres présent dans ce film, entre sonorités festives et lyrisme tragique.
L’ambiance du film s’installe dans une dualité très efficace dès l’arrivée sur l’île, entre festivité ostentatoire soulignée par les fastes d’une cité au luxe outrancier à la Las Vegas et l’omniprésence sonore des tambours tribaux qui impriment un rythme d’enfer, et de l’autre côté une puissance dramatique poignante, terrifiante ; c’est simple, jamais One Piece n’avait inspiré autant de terreur et de désespoir sur nos pauvres héros et surtout sur le public, pris progressivement aux tripes par les horreurs indicibles enfouies dans les profondeurs de cette île maudite.

Bonus song : Ending theme – Yume Miru Goro wo Sugitemo (par Kishidan).

Fort Boyard vs Las Vegas pu

Imaginez Fort Boyard en mille fois plus violent, et avec des épreuves monstrueusement déjantées et souvent mortelles. Voici ce qui vous attend sur l’île du baron Omatsuri, qui abrite une immonde malédiction. Un mal d’une profondeur innommable, une horreur sans nom qui fera peser une menace sans précédent sur la vie de nos pirates préférés, qui n’ont jamais été aussi proches de la mort ! Le public tremblera, mourra de peur et de détresse face à la violence d’un final éreintant baignant dans une atmosphère révulsante d’ignominie. Vous trouvez que j’en fais trop ? Détrompez-vous, car aucun des précédents films One Piece ne vous avait apporté autant de puissance émotionnelle en plein dans les mirettes que ce sixième opus. L’histoire de la malédiction de l’île vous fendra le coeur, le charisme monstrueux de Luffy vous retournera les tripes une fois encore, le climax vous clouera dans votre fauteuil, et vous finirez… terrassés par la fureur du combat (ou par l’assommant DJ Gappa, un gamin qui finit toutes ses phrases par « pu« ), ou par l’ennui. Dommage tout de même que les quelques faiblesses du script desservent un peu le rythme de la narration et une intrigue qui aurait pu être plus poussée (on est obligés de faire tous les rapprochements entre les pistes de réflexion par soi-même).

Pour apprécier ce sixième film, prenez-le tout simplement pour ce qu’il est : un trip sous acide, totalement décalé et émotionnellement chargé, qui commence comme des vacances déglinguées et finit dans l’horreur la plus totale. Sans concession, ce film One Piece est clairement le plus abouti en termes d’esthétique et de sensations, car il va au bout de ses partis pris et de sa folie, prenant toute sa force dans sa deuxième partie, et malgré un script insuffisant pour mettre en valeur tout son potentiel, c’est encore une bonne mouture « one piecéenne » dont on retire encore une fois une magnifique leçon d’amitié, un sentiment qui vaut ici tous les sacrifices.

Notation : 7.5/10
> Petit conseil : détournez la tête pour éviter de vomir durant certaines séquences qui bougent trop et font trop mal au crâne. Oui c’est parfois dangereux la 3D.

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