C’est au tour du petit renne TonyTony Chopper d’être la vedette dans cette troisième oeuvre qui ne manque pas de faiblesses, mais dont l’humour et la magie ambiante vous séduiront, car après tout, One Piece c’est cela…

Nos n’amis les n’animaux
  • Genre : Aventure / Comédie / Action
  • Réalisateur : Shimizu, Atsuji
  • Manga original : Oda, Eiichiro
  • Studio : Toei Animation
  • Année de production : 2002
  • Licence : Non
  • Nombre d’épisodes : 1 x 56 mins

On l’a compris après déjà deux premiers films, le principe des adaptations cinématographiques de One Piece est simple, efficace, et surtout bien cadré : on nous présente à chaque nouvel opus une nouvelle aventure parallèle à la série, c’est-à-dire qu’il faut prendre en compte le déroulement de celle-ci car de nouveaux personnages viennent s’ajouter tout au long des films en suivant la chronologie de leur apparition dans la série (c’est le tour du petit renne TonyTony Chopper dans cette troisième oeuvre) mais que, néanmoins ces films restent totalement à part dans le fait que ce sont de simples étapes au sein du voyage entrepris par Luffy et ses amis sur les mers et qu’ils n’ont aucune incidence sur leur destinée. L’influence de la série sur les films est donc unilatérale (à première vue seulement ?).
On reprend donc les mêmes matériaux (et même staff) et on recommence : l’univers de piraterie et de merveilleux à présent bien connu des spectateurs, les personnages, qui ont tout de même évolué dans leur comportement, et le scénario, point de départ évident de chaque nouvelle aventure : la découverte d’une carte/indice/information ou quelque autre moyen que ce soit pour faire se rencontrer nos protagonistes préférés et une île mystérieuse sur laquelle se passent des choses étranges.
En tout cas « se passeront », vous pouvez en être sûrs car nos héros décident d’aller y faire un tour, attirés comme des abeilles avides du doux miel doré de l’aventure…

¤¤¤ Synopsis :

Cette île mystérieuse donc, appelée l’île de la Couronne, est tristement célèbre pour dérouter tous les voyageurs souhaitant y trouver le trésor qui y est caché. Le Vogue Merry et son équipage vont s’y échouer contre leur gré, projetés en l’air par une force mystérieuse qui semble protéger l’île des intrus. Partant à la recherche de leur nouvel ami Chopper qui est tombé pendant que le navire survolait l’île, ils y feront la connaissance d’un peuple d’animaux étranges affligés par la mort de leur roi le « Dragon Lion ». Pourtant un jeune humain élevé parmi eux, Mobanby, ne perd pas espoir car il a foi en la légende de l’île qui raconte qu’un « Roi Animal » tomberait du paradis pour s’occuper d’eux. Le pauvre Chopper va devoir malgré lui endosser ce rôle, avant de se prendre petit à petit au jeu en sentant qu’il peut enfin être utile et mettre sa médecine en pratique pour aider son prochain. Malmenés lors de leur périple sur l’île et voyant que les animaux de l’île sont menacés par d’horribles pirates, Luffy et ses amis vont venir à leur secours !!

Bonus song : OST – Track 1 – Suddenly, there’s Crown Island !

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Une fois de plus, on peut se réjouir du renouvellement proposé par le studio Toei Animation, qui tente d’amener des changements au design au travers de chaque nouvel opus afin d’y apporter des améliorations et un soin particulier et rafraîchissant, qui nous empêche de retomber dans la routine de la série dont les créateurs, obligés de suivre un rythme de production intensif, tendent à négliger petit à petit le côté technique, laissant apparaître avec le temps une monotonie et des imperfections dans le character design et les graphismes en général. C’est pour cette raison que les essais de design et de couleurs entre autres sont réalisés sur les films, ainsi que les avancées technologiques dans le domaine de l’animation, mais aussi des retours à des images traditionelles, simplement pour le plaisir des yeux ou pour montrer le savoir-faire du studio, en tout cas parce que la mobilisation d’une équipe à part dévouée à leur production (qui peut travailler à un rythme différent et qui peuvent ainsi faire preuve d’originalité) le permet.
Le constat saute effectivement aux yeux dès les premiers instants avec ce nouveau film, qui fait souffler encore une fois un vent de fraîcheur sur l’univers de One Piece.
L’accent a véritablement été mis sur la beauté des décors et des visages, surtout sur les gros plans, qui nous montrent un character design détaillé, joyeux, plus abouti que dans les films précédents, insistant beaucoup sur les expressions et les émotions. Les fonds sont réellement beaux, préférant le côté « aquarelles poétiques » au réalisme, ce qui convient parfaitement à la représentation visuelle d’une île fantastique peuplée de créatures bizarroïdes (notons leur design réussi et amusant qui fait preuve d’une inventivité inépuisable et qui apporte un certain charme à cette épisode).
Quelques petits défauts viennent cependant entacher la qualité des graphismes, jetant un froid non négligeable sur l’impression d’ensemble qui nous est faite : les corps et leurs mouvements sont souvent figés, hésitants, à l’image de l’animation saccadée et de la mise en scène, les plans rapprochés bien que voulant imposer une image très dynamique sont trop coupés ou mal contrôlés et les plans éloignés/globaux ne mettent pas en valeur les personnages car ils sont trop flous ou imprécis. Et enfin, ne l’oublions pas, le boss/m
onstre final est assez laid, dénué de charisme et lourdaud, bien qu’il ne soit pas complètement raté.
La bande son mélange une nouvelle fois thèmes créés pour l’occasion et musiques tirées de la série, en gardant toujours le même esprit pour ne pas risquer de détoner avec les sonorités qu’on est habitués à entendre à longueur de temps, et qu’on adore, il faut bien l’avouer. Bilan, à part quelques morceaux relativement moyens disséminés le long du film, cette soundtrack reste fidèle à la démarche des autres films, faire du bon avec ce qu’on connaît déjà; et ce n’est pas un mal, d’autant plus que les nombreuses petites nouveautés nous apportent sufisamment de plaisir par leur originalité. On retiendra surtout la bonne idée de la mélodie interprétée au violon pour commander les animaux, très réussie, au contraire de l’ending spécial du groupe Dasein, Mabushikute, vraiment quelconque et démodé.

Bonus song : OST – Track 07 – Butler’s violin


Le retour du roi

Ce troisième film se déroulant juste après l’enrôlement de Chopper en tant que médecin de bord (nous pensons bien entendu par rapport à la chronologie de la série), le scénariste a décidé de le mettre en vedette (le petit renne tient bien son rôle de héros, mais sans plus, il reste un personnage secondaire et cela se ressent, quand Luffy n’est plus à la barre, on s’amuse moins) pour sa première grande aventure dans l’équipage des pirates tordus du capitaine au chapeau de paille. Fidèle à l’esprit One Piece, ce film s’avère réjouissant la plupart du temps par son humour et sa jovialité, son script qui part dans tous les sens et son univers qui nous impressionne toujours autant par sa créativité et son dynamisme.
Pourtant, outre l’excitation évidemment prenante de se lancer dans une nouvelle aventure et de retrouver nos héros préférés en vadrouille avec un plaisir non feint, le fun n’est pas toujours au rendez-vous dans ce troisième film. Primo, certains gags dignes de la maternelle (Chopper s’empalant lamentablement sur un rocher) et l’aspect puéril des animaux et des méchants (vraiment trop minables, à l’exception de leur chef Lord Batora qui est assez repoussant pour retenir notre attention, mais plus intéressants qu’ils ne le sont en apparence quand vient l’heure de combattre et que leur vrai potentiel s’exprime) le destinent clairement à un public jeune, ce qui est une surprise car One Piece prenait auparavant un soin tout particulier à plaire à tous les âges. Secundo, le scénario s’avère moins intéressant qu’à l’habitude, comprenant des références assez mal exploitées, notamment à Tarzan (Mobanby, le petit humain élevé parmi les bêtes sauvages), au Magicien d’Oz, et des ressemblances rappelant l’univers pictural et sémantique du Roi Léo (titre original Chouhen Jungle Taitei, sorti en 1966 au Japon), vieil anime diffusé sur TF1 bien avant que le Roi Lion ne voit le jour chez Disney.

Bonus song : OST – track 35 – Dr. Tony Tony Chopper

S’il n’était l’humour incomparable de l’univers de One Piece pour emballer le tout ou l’adoration coupable que beaucoup portent au personnage de Chopper le mini-renne ridiculement trop modeste et terriblement attachant (c’est comme une peluche !! il est trop mignon, regardez son petit nez rouge et son petit chapeau, c’est a croquer, il est trognon je vous dis !!!… hum hum), il faut avouer sincèrement qu’une fois n’est pas coutume, la machine tourne à vide tout au long de cet épisode qui pèche par son scénario et ses défauts graphiques. Les touts-petits y trouveront peut-être leur compte, tandis que les plus grands s’ennuieront éventuellement pendant quelques passages.
On ne peut cependant pas rejeter ce film en bloc, car reposent en son sein les formidables valeurs défendues bec et ongles par Luffy et ses amis, l’humour, la confiance en soi et en ses compagnons ainsi que beaucoup d’amitié et de solidarité, bref une belle petite histoire comme on les aime, qui vous fera passer un bon moment au bout du compte.

Après tout, certains ne manqueront pas d’avouer leur faiblesse face à cet épisode qui propose tout de même un quota de rires de bon aloi, l’avènement enfin concrétisé d’un nouveau protagoniste dans l’équipage (qui n’avait peut-être pas encore trouvé sa vraie place, et c’est là qu’on peut commencer à se demander si ce film aura malgré tout une petite incidence sur la suite de la série) de beaux combats, un superbe final et qui prouve encore et encore que One Piece, avec son univers culturel unique en son genre, ne pourra jamais vraiment nous décevoir.
Et puis Chopper est tellement mignon…

Notation : 6.5/10

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