Lumière sur Mezzo : Danger Service Agency, une série diffusée en 2004 au Japon et qui sort enfin chez Kaze en ce début d’année 2008, un anime qui, malgré ses petits défauts scénaristiques, s’avère agréable à regarder. Un savant cocktail d’action, de thriller, de SF et de comédie…

D.S.A. : Drôle.Sexy.Addictif

  • Genre : Action / Thriller / Comédie / SF
  • Réalisateur : Yasuomi Umetsu
  • Manga original : Aucun
  • Studio : ARMS
  • Année de production : 2004
  • Licence : Kaze
  • Nombre d’épisodes : 13 x 24 mins

Yasuomi Umetsu, qui a fait toute sa carrière dans l’animation et le character design sur de nombreux projets (dont le Tombeau des Lucioles, Speed Grapher, Trinity Blood…), prend les rênes de Mezzo DSA, la déclinaison TV de l’OAV hentaï qu’il avait réalisé précédemment, le plutôt célèbre Mezzo Forte (sorti en 1998 sous la forme de 2 OAV de 29 minutes mélant érotisme, thriller et SF). Avec Mezzo : Danger Service Agency, fini le sexe à tout va, c’est l’heure d’une reconversion plus sérieuse pour Yasuomi Umetsu, a qui le projet est confié avec les coudées franches : il assure en effet les postes de réalisateur, script et character designer pour donner une seconde vie aux personnages qu’il avait créé 6 ans plus tôt.

La Danger Service Agency : un trio qui met sa vie en jeu à chaque opération, constitué de Mikura la jeune fille professionnelle du combat, Harada le petit génie informaticien à la coiffure en pics et Kuro l’ancien policier accessoirement cuisinier et conducteur de la bande, un peu plus âgé que les deux autres. Une petite bande de joyeux drilles très sympathiques, serviables et généreux (un peu bizarre pour des mercenaires, mais c’est leur manière d’agir, et c’est ce qui les rend si attachants) qui vivent ensemble dans leur base/domicile aménagée dans un ancien bus londonien. A n’en pas douter une équipe éclectique et sympathique à suivre dans leur coccinelle rose bonbon tout au long des 13 épisodes, car leurs échanges souvent exaltés sont un régal. Et n’oublions pas le lapin très kawaii qui leur sert d’emblème…

¤¤¤ Synopsis :

Mercenaires dédiant leurs services au plus offrant, ils sont sollicités pour des missions périlleuses qui requièrent discrétion et efficacité. Cette fois-ci, ils ont été engagés par une mystérieuse femme pour récupérer un objet détenu par les Black Scissors, une bande de malfrats qui se cache derrière la façade d’un salon de coiffure. Après une opération périlleuse dont la réussite paraissait totale, le trio se retrouve dans une mauvaise posture quand il s’avère que l’objet qu’ils ont ramené à la commanditaire se trouvait être un faux… Après avoir retrouvé le bon objet et son propriétaire puis réglé l’affaire, la Danger Service Agency apprend qu’une menace d’assassinat pèse sur eux. Arriveront-ils à mener les nouvelle missions qui s’annoncent en tenant compte à la fois de cette épee de Damoclès qui pend au dessus de leur tête ? Qui pourrait bien oser s’attaquer à eux ?

¤¤¤ Critique de la rédaction :

L’anime rentre immédiatement dans le vif de sujet avec rien de moins qu’un déluge d’action dès les premières scènes : échange de coups et de balles, explosions et esprit déjanté, une introduction accrocheuse qui annonce une bonne dose de fun et des affrontements furieux en perspective.
L’anime présente des graphismes originaux exploitant de manière intéressante l’environnement quasiment exclusivement citadin de la série, avec des arrière-plans partiellement détaillés souvent assez beaux, sortes d’aquarelles sur fond d’immeubles se confondant à perte de vue avec un ciel indéfini, un monde fermé, renfermé même, sur le quotidien des protagonistes, fait de bâtiments en construction, de parkings, d’entrepôts et de bas quartiers. On peut également souligner l’importance de l’utilisation des couleurs dans la caractérisation de l’univers de Mezzo DSA, avec le travail intéressant réalisé sur les tons qui collent aux situations entre atmosphère grise lors des mauvais coups et couleurs plus chaudes dans les phases de transition, des couleurs envahissantes qui donnent à la série une touche assez immersive. Peu d’images de synthèse ont été utilisées, mais celles-ci sont d’une qualité tout à fait suffisante.

De plus, on apprécie le character design peu commun, les visages sont très adultes, réalistes dans certaines proportions, lisses, plus ou moins expressifs (les yeux énormes de Mikura – et des personnages féminins en général – laissent une impression de vacuité dérangeante) mais intriguants par la même occasion, ce qui peut s’expliquer par le gros travail effectué sur les ombres de la part du dessinateur.
Il faut cependant être franc sur la qualité inégale du character design, en effet le trio est particulièrement favorisé au niveau de l’animation des corps et du détail des silhouettes et des visages (et même plus encore Mikura qui sort du lot car elle est la figure principale) par rapport au reste des personnages, pour un bilan véritablement déséquilibré : si les ennemis restent dans la norme, certains personnages secondaires ou figurants sont eux carrèment mal dégrossis, voire tout simplement laids et énervants d’immobilité (ils parlent et pourtant leurs corps ne bougent absolument pas ! seule leur bouche s’ouvre et se ferme, on dirait des poissons restés trop longtemps hors de l’eau…).
On nous plonge dans un univers très dur, sombre, qui prend vie grâce à une mise en scène énervée et bourrée d’adrénaline, rythmée par des mouvements de caméras très dynamiques et brutaux lors des scènes d’action, le tout mélangé dans un cocktail explosif de plans très travaillés (ralentis, accélérés, obliques, plongées, contre-plongées, champs et contre-champs, tout y passe dans un désordre réjouissant) et audacieux qui plaquent le spectateur à son siège, désorienté et conquis.
Du côté des petites déceptions, la musique, souvent peu appropriée, bien qu’originale (le seul bon côté qu’on puisse lui allouer), composée de mélodies assez vieillotes, apportant à l’anime un côté kitsch qui lui donne du caractère, mais l’alchimie ne prend pas vraiment. Quelques airs rock soft un peu meilleurs distillent une ambiance sympathique et groovy au sein de la série, et les quelques jolies mélodies jouées au piano dans les scènes sentimentales ne sont pas désagréables. Un bon point pour l’opening Suki Mami Mai Tai et l’ending Mitsu interprétés par les Barnabys, deux très bons morceaux de J-Rock qui bougent bien.

Bonus song : opening theme – Suki Mami Mai Tai (Barnabys)

Le but de cet anime n’est pas d’être crédible, au contraire, mais d’exploiter les libertés permises par son pitch simple et efficace pour balancer des scènes d’action fracassantes à tout va, et adoucir le tout dans un savant équilibre de comédie et de sentimentalisme. Cependant Mezzo DSA pèche par ses scénarios d’épisodes obscurs, parfois incompréhensibles et souvent creux, car bien qu’on puisse mettre en avant l’originalité de la trame de cette série et son esprit volontairement frondeur (une bonne surprise parmi les productions actuelles souvent trop formatées, due à un Yasuomi Umetsu passionné et attaché à ses protagonistes), on le répétera sans cesse, un bon concept ne suffit pas s’il n’ya rien derrière. Cela dit la façade est suffisamment bien tournée pour qu’on s’attarde à visionner cet anime qui réserve de bonnes surprises, notamment grâce à des intrigues secondaires qui étoffent le récit.

Un peu à l’instar des Get Backers de la série éponyme, le trio de Mezzo DSA ne fait pas dans l’assassinat. Il s’est spécialisé dans la récupération d’objets ou la recherche de personnes disparues, la protection, allant jusqu’à s’improviser simples détectives quand les besoins financiers se font pressants. Le véritable atout du trio est Mikura l’experte en arts martiaux (en combinaison moulante la plupart du temps) et en combat rapproché (et à priori experte dans toutes les armes…). Derrière ses petites couettes rose bonbon et son air enfantin se cache une professionnelle surentraînée et mortellement dangereuse. Son péché mignon : la gourmandise, elle passe son temps à ingurgiter tout ce qui lui tombe sous la main entre deux missions (il faut bien qu’elle reprenne des forces !). Heureusement que Kuro le sage de la bande est là pour réfréner ses ardeurs (Mikura est très impulsive ! et c’est ce qui rend son personnage intéréssant). N’oublions pas également la petite Asami (on pourrait l’oublier malencontreusement tant elle est discrète !), tout simplement adorable, une petite fille martyrisée par ses camarades qui décide d’accompagner le trio contre leur gré dans leurs aventures. Pas besoin d’ajouter qu’on s’y attache dès la première seconde, comme à l’ensemble de l’équipe, tant leur bonne humeur est communicative.

Enfin, bien que le style de Mezzo DSA privilégie l’action et le thriller urbain bourrin en premier lieu, les moments d’émotions ont aussi leur place dans la série, quelques scènes un peu SF dira-t’on (illusions, méchant à la Matrix qui arrête les balles en vol, androïdes) sont aussi insérées dans le récit, et on peut sincèrement reconnaître que le mélange des genres est assez réussi, et plutôt efficace pour nous faire passer un bon moment.

Bonus song : ending theme – Mitsu (Barnabys)

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Notation : 7/10
> Malgré quelques passages incompréhensibles ou mal exploités, la série dégage une ambiance de sympathie très plaisante, et nous réserve de très bons moments.

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