Avec ses 51 épisodes d’une aventure initiatique immersive sur fond de conflits entre trois pays rivaux et aux conceptions de la société bien différentes, Kiba est une série d’heroic fantasy qui surprend favorablement par sa volonté de sortir du lot parmi toutes les productions actuelles du genre…



De Kiba à Zedd

♦ Genre : Aventure / Fantastique / Action
Réalisateur : Hiroshi Koujina
Studio : Madhouse
Licence : Kaze
Année de production : 2006
Durée : 51 x 24 mins

kiba 2Tiré d’un jeu de cartes Upper Deck (coproducteur de l’anime), la série TV Kiba prend ses distances avec ses origines en se dotant d’un scénario dense et violent qui ne conviendrait pas forcément à de jeunes enfants. Une bonne idée du studio Madhouse qui confie la série à un réalisateur prometteur, Hiroshi Koujina (Grenadier , Area 88 ). Oubliez le jeu de cartes, oubliez les préjugés, car Kiba est un anime qui mérite vraiment qu’on s’y penche de plus près.

¤¤¤ Synopsis :

Zedd est un étudiant à problèmes, au comportement rebelle, qui ne peut compter que sur Noah, son meilleur ami fragilisé par une maladie incurable, pour tenter de comprendre les rêves étranges qui le hantent et sauver sa mère internée. Poursuivi par le conseil de l’école et la police, il se retrouve acculé par un homme étrange doté de pouvoirs magiques. Protégé par ses proches, il parvient à s’enfuir en franchissant une porte dimensionnelle qui le propulse dans un monde nouveau, plus particulièrement dans la nation de Tempura où la magie fait partie du quotidien. Il y fait la rencontre du sage Jiko et de sa jeune apprentie Roia, et découvrira qu’il possède des pouvoirs de Shard Caster. Son destin extraordinaire devra s’accomplir en plein milieu d’une guerre entre les nations de Tempura, de Jimoto et de Neotopia…

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Une bonne partie de l’intérêt de la série repose avant tout sur son protagoniste, Zedd l’impulsif et téméraire magicien en herbe. Son regard profond et déterminé en font un héros très attachant au fort potentiel charismatique. Le destin de Zedd se révèle rapidement aux yeux du spectateur, il sera un Shard Caster, un magicien invocateur qui se doit de protéger l’équilibre et la paix du pays. Bien entendu, les meilleurs Shard Caster possèdent un esprit combattant (tous différents dans leurs formes et caractéristiques), et le grand défi qui se pose à notre héros sera de maîtriser un esprit très puissant qui échappe à son contrôle.

Bonus song : ED 1 – Very very (Afromania)

Dans le sillage des protagonistes, l’ambiance se construit autour du contraste entre les ténèbres de la dangereuse cité de Calm, l’ombre des sorciers maléfiques de Jimoto, la violence des soldats de Neotopia, et sur un autre plan la clarté et la luminosité des campagnes fleuries de Tempura, le monde magnifique dans lequel Zedd se retrouve projeté. On y retrouve d’ailleurs l’important symbole du vent, omniprésent dans le décor au travers des éoliennes, moulins, drapeaux… un vent de liberté qui souffle pour Zedd.
Il convient d’insister particulièrement sur la bande originale tout aussi contrastée entre sonorités électroniques désincarnées et mélodies inquiétantes pour accompagner la cité ténébreuse; contre les envolées lyriques -de superbes musiques d’inspiration orientales et des chœurs envoutants à la Ghost in the Shell– qui habitent l’univers fantasy rural, qui sans elle serait un peu banal. Bref, une bande originale variée et vraiment belle qui joue un grand rôle dans l’efficacité de l’ambiance de la série, à la fois inquiétante et énigmatique, mais également épique à l’occasion.
De plus, l’anime affiche des détails graphiques soignés et une animation corporelle de bonne qualité, qui permettent de faire des scènes d’action un point fort conséquent de Kiba : en effet là ou certains animes de magie et d’invocation restaient un peu statiques (du style Yu-Gi-Oh ou Beyblade), Kiba privilégie des affrontements soutenus basés sur une animation dynamique et une mise en scène haletante. En ce qui concerne le character design, le bilan est également positif malgré un dessin un peu simpliste mais néanmoins agréable, surtout au niveau des yeux (dessinés de manière à rendre les regards plus profonds).
A noter également de jolis paysages campagnards et d’inquiétants décors citadins qui participent à renforcer l’atmosphère fantasy de l’anime.
kiba 3

Bien qu’on assiste avant tout à une histoire fantastique, autour de magie invocatrice et de portes dimensionnelles qui font se croiser les destins de Zedd et de Noah, on note aussi une certaine richesse du fond scénaristique avec une exploration des limites politiques au sein de sociétés utopiques. Un peu brouillonnes mais certes louables, ces incursions politiques permettent de transmettre certaines valeurs humaines, et de délimiter jusqu’où l’homme peut aller en suivant les codes et les règles sans se poser de questions… (Un peu comme dans l’Odyssée de Kino ).

Bonus song : ED 2 – Solar Wind (Snowkel)

Kiba se démarque donc de ses contemporains du même genre, des séries fleuves qui tablent également sur l’heroic fantasy et un univers proche du RPG tels Rave ou MÄR , en se concentrant sur le même concept mais en visant un pkiba 4ublic plus mature d’adolescents ou de jeunes adultes. Son originalité repose avant tout sur quelques détails, dont les affrontements magiques par invocation de monstres mythiques tiennent plus du Final Fantasy et du Fate Project que du Yu-Gi-Oh (les monstres sont assez bien pensés et diversifiés, et surtout très mobiles, ce qui rend les combats prenants). Ainsi, Kiba peut se prévaloir de bons atouts, dont une histoire intrigante et des personnages attachants, en lorgnant sur ce qui a fait le succès de Full Metal Alchemist toutefois sans aller jusqu’au bout des choses (moins de maturité, de tension, d’émotion et de réflexion). Parmi ces quelques manques, on note quelques ellipses un peu gênantes (manque de lien entre les séquences), et des lenteurs récurrentes qui apparaissent progressivement après une demi-douzaine d’épisodes très intéressants.
Bien que le rythme ralentisse assez vite, la série dispose de 51 épisodes alors l’histoire se densifie et les personnages se creusent, et au final Kiba s’avère un bon divertissement qu’on se doit de ne pas laisser passer inaperçu.

Notation : 7/10
Vaut le détour, mais sans plus.

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