Créé à partir du manga publié par Tatsuya Egawa, la version animée de Golden Boy a été adaptée sous le format d’une petite série d’OAV bien sympathiques, passionnés, vivants et drôles, qui ne vous laisseront pas indifférent.
Brillant étudiant de l’université de Tokyo, Kintaro Oé a obtenu son diplôme avec mention. Agé de vingt-cinq ans, il veut à présent étudier à l’école de la vie. C’est pourquoi il parcourt à vélo tout l’archipel nippon, passant de petits boulots en petits boulots…



Genre : Comédie / Ecchi / Réflexion

Créé à partir du manga publié par Tatsuya Egawa en 1993 (5 volumes parus en France en 1999), la version animée de Golden Boy a été adaptée sous le format d’une petite série d’OAV bien sympathiques en 1995, un projet produit par le studio A.P.P.P. et dirigé par Hiroyuki Kitakubo, un réalisateur/animateur/designer quasi-spécialisé dans les OAV et les films (a bossé notamment sur Akira et Roujin Z, Blood The Last Vampire) qui se retrouve aux commandes et s’y investit beaucoup : au storyboard, au son, il compose meme les paroles du générique. Et Golden Boy s’en ressent, car vous découvrirez un OAV très attachant, familial, né de la fusion d’une ambiance, d’un amour pour son sujet orginal et son protagoniste et d’une myriade de petites équipes délocalisées et travailleuses (une vérité qui prend tout son sens dans la délicieuse mise en abyme du dernier épisode, très révélateur de l’amour porté par ses créateurs à ce manga inimitable, et des sacrifices inhérents aux monde de l’animation). Cette alchimie a donné naissance à des OAV passionnés, vivants et drôles, qui ne vous laisseront pas indifférent.

L’histoire nous fait vivre les aventures initiatiques de Kintaro Oé, 25 ans, parti sur les routes en tant que travailleur itinérant aprés avoir passé son diplôme de droit dans la meilleure université du Japon, mais qui décide alors de retarder son entrée dans le monde du travail et de prendre son vélo (son fidèle Mikazuki), un sac à dos et un carnet de notes pour arpenter l’école de la vie.

Bonus song : OP

Jeune homme plein de vie et de bonne volonté, un peu pervers sur les bords mais prêt à se donner à fond pour aider son prochain, Kintaro est proche d’un Onizuka (voir GTO) par bien des aspects, sauf sur le fait qu’il soit travailleur bien sûr. C’est un petit génie qui se retrouve un peu malgré lui enfoncé jusqu’au cou dans des situations inextricables, mais qui sait faire preuve de ressources hallucinantes pour s’en sortir, pour le plus grand plaisir des spectateurs subjugués par les talents de ce garçon hors du commun, auquel on donnerait la main de sa fille sans hésiter tellement il est pétri de qualités humaines formidables.

golden boy vol 2/2 (c) dybex L’anime de Golden Boy dispose de graphismes très fidèles à ceux du manga, peu de décors et une concentration évidente sur le charnel des personnages. Toute l’attention est donc portée sur le character design, assez symptomatique des années 90, avec ses silhouettes fines et élancées qui rendent les femmes et les hommes très séduisants, comme dans City Hunter, à un détail près que les visages gardent leur configuration du manga d’origine donc plus géométriques, avec des yeux plus perçants et profilés, donnant aux femmes un regard et un sex-appeal ravageur. Seul le personnage de Kintaro exprime toute sa centralité et son originalité dans les traits de son visage qui sont très bien rendus, très réactifs et crédibles, parfois déformés par le comique des situations, et contrastant avec le masque de sérieux qui lui succède l’instant d’après. Bref un visuel très réussi, qui n’a pas trop veilli et qui sans être extraordinaire, s’avère très efficace et adapté pour soutenir l’esprit Golden Boy.
La musique est elle aussi très légère, discrète et agréable, typique des 90’s, un peu jazzy et délicieusement démodée, ne se fait jamais remarquer mais souligne agréablement les différents tons de cet OAV.

Un esprit inimitable pour un OAV d’exception

Chaque OAV nous présente une des petites histoires qui sont en fait les étapes du voyage de Kintaro, personnage qui se révèle trés attachant et surprenant, dont le seul défaut est finalement de ne pas savoir résister aux jolies femmes… Golden Boy exprime un sentiment de liberté et la possibilité pour un jeune homme ingénieux et travailleur, courageux et toujours motivé, de pouvoir faire des choix dans la conduite de sa vie, contrairement à la plupart des salary-men japonais qui subiront un rythme de vie stressant et effrené pour un emploi épuisant et répétitif jusqu’à la fin de leur existence.
Dans cette oeuvre symptomatique de son époque et de la crise récente de la société japonaise qui voit ses jeunes refuser un tel avenir; l’auteur leur montre un autre chemin, une alternative à cette vie pathétique, une voie qui n’est cependant pas dénuée d’embûches ni de son lot de corvées, mais qui a pour objectif de redonner espoir en voyant un jeune homme se forger par l’accumulation de diverses expériences, de petit boulot en petit boulot et de ville en ville, pour qu’il puisse trouver sa vraie passion.

Ces petites paraboles sont intelligemment écrites et viennent du coeur et le résultat est indéniablement rafraîchissant. L’aura inoubliable du personnage de Kintaro, relais direct de l’esprit de son auteur au travers de chacune de ses répliques inspirées, influence chaque instant de la série, et toute la mise en scène magnifie le protagoniste dans chacun de ses gestes, amplifiant autant ses bourdes innomables que ses exploits insoupçonnables, insufflant un réalisme teinté d’onirisme, symbolisés par des scènes de contemplation érotiques prenantes, dont on ne peut séparer le rêve de la réalité, entre fantasme et désir. Le monde dépeint par Tatsuya Egawa est d’ailleurs d’une ouverture impressionnante en matière de relations entre hommes et femmes nippons, où celles-ci ne sont plus que des victimes innocentes dans les mains perverses des hommes, mais des séductrices impitoyables, des femmes d’affaires fatales, ou de jolies jeunes filles en fleur qui savent se défendre, et ce n’est jamais l’autorité de l’homme qui les fait plier mais l’incroyable charme de Kintaro qui les fait succomber de plaisir.

Un seul regret au niveau de cette petite série d’OAV vraiment bien produite et disposant d’un format court et léger, c’est que la franchise aurait pu se permettre un plus grand nombre d’épisodes pour organiser un traitement plus long et progressif du processus de maturation et de l’évolution de notre héros mais ce n’est pas le but recherché ici, la série se suffit à elle-même alors satisfaisons-nous de ces petites friandises avec délectation car à la fin on en redemande encore !!

Golden Boy est donc une petite série qui ne manque pas d’humour, d’ecchi savamment disséminé et de dénouements savoureux. A voir pour se détendre, sourire un bon coup (un remède génial pour les dépressifs) et se redonner le moral. Une adaptation fidèle à l’esprit d’origine, et même parfois meilleur que son support papier, comme on aimerait en découvrir plus souvent.
Fait rare, la série n’a pas pris une ride et la VF est tout à fait supportable (c’est souvent le cas des anciens doublages plus appliqués que ceux d’aujourd’hui). Une bombe à découvrir d’urgence !!

Notation : 8.5/10

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