Vous aimez les comédies en milieu scolaire à la sauce GTO ? Vous allez être servi avec Gokusen, l’histoire atypique d’une jeune fille qui choisit de ne pas suivre un destin tout tracé au sein de la mafia japonaise pour laisser libre cours à sa vraie passion : l’enseignement…

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  • Genre : Comédie Scolaire
  • Réalisateur : Sato, Yuzo; Sato, Masami
  • Studio : Madhouse
  • Année de production : 2004
  • Licence : IDP
  • Durée : 13 x 24 mins

 Vous aimez les comédies en milieu scolaire à la sauce GTO ? Vous allez être servi avec Gokusen, anime sorti en 2004 (« gokusen » signifie gangster en japonais), l’histoire atypique d’une jeune fille qui choisit de ne pas suivre un destin tout tracé au sein de la mafia japonaise pour laisser libre cours à sa vraie passion : l’enseignement. Toutefois sa personnalité et son caractère de « femme à poigne » a autant d’avantages que d’inconvénients pour exercer un tel métier, et l’obligation du secret sur sa véritable nature risque d’attirer les ennuis non seulement pour elle mais aussi pour ses élèves. Des deux, on ne sait qui sont les plus à plaindre…

L’histoire commence dans un lycée bourré de « yankees » de base (yankees = voyous ou jeunes délinquants au Japon), tous plus stupides, violents et indisciplinés les uns que les autres. Quelle n’est pas leur surprise quand ils s’aperçoivent que les deux nouveaux professeurs qui viennent d’être engagés par leur pervers de directeur sont en réalité des femmes, une aubaine pour ces rebuts de la société qui n’ont jamais l’occasion d’en croiser dans leur lycée reservé à la gente masculine ! Mais elles sont plutot différentes, car si l’une est bien roulée et provocante, ce qui lui permet de mettre plus facilement les garçons dans sa poche, la seconde, Kumiko, porte des lunettes et paraît un peu lente d’esprit. Du moins c’est l’impression qu’elle veut donner, car elle est en fait l’héritière d’une puissante famille de « yakusas » ! Elle va devoir tenter de dompter ses turbulents élèves sans user de sa situation sociale, car elle ne veut à aucun prix que son identité soit révélée !!

Le principe même de Gokusen est tout simplement hilarant. La pauvre Kumiko est littéralement entourée d’abrutis : que ce soit au niveau des élèves ou parmi ses hommes de main, il n’y en a aucun (ou presque) pour rattrapper l’autre… Ceci est bien sûr ce qu’on nous laisse voir en surface, car au fil des épisodes ces bons à rien sauront vous réserver de bonnes surprises, ne vous inquiétez pas. On retrouve donc avec plaisir dès le début de la série tout ce qui fait le succès du genre « comédie scolaire » (que les japonais maîtrisent à la perfection, leur expérience dans le genre étant un gage de qualité indéniable) derrière une façade un peu trompeuse : baston, amitié, solidarité, bons sentiments et une bonne dose d’auto-dérision qui ne fait que rendre l’anime plus agréable.
Gokusen c’est aussi et surtout le choc de deux univers typiquement japonais, tout d’abord celui de sa jeunesse enfermée dans le carcan d’une scolarité impitoyable où la concurrence est reine et la soumission une valeur immuable, une jeunesse qui tente par tous les moyens de se libérer de cette servitude (bastons, bizutages, compétition sont les maîtres mots de leur quotidien) et de profiter au maximum des quelques années qui leur restent avant d’accomplir leur sempiternelle destinée : finir leur vie devant un bureau en tant que « salary-men » exploité et vidé de tous ses espoirs d’enfance. A cet univers donc est adjoint celui des yakusas, engoncé dans ses traditions familiales séculaires mais qui symbolise encore dans le Japon d’aujourd’hui une culture et une identité singulière et inaltérable, une échappatoire de rêve pour tous ces jeunes paumés qui pensent y trouver la promesse d’une vie meilleure, plus facile et l’une des seules alternative à des études interminables. Gokusen est donc l’histoire d’une recontre, d’une hybridation entre deux cultures dont les codes vont se mélanger et se confondre, une rencontre grâce à laquelle des hommes et des femmes vont apprendre les uns des autres, se comprendre et s’aider à affronter la société.

Entre clacissisme et parodie, cet anime met en place un fond humoristique bien défini qui lui permet ensuite de régler plus sérieusement ses comptes avec des problèmes nippons contemporains trés caricaturaux : les « yakusas » sont montrés encore une fois bien plus sympathiques et drôles qu’ils ne devraient l’être (comme une sorte de spécificité culturelle que le Japon mettrait en avant par fierté) et Kumiko (accompagnée de son chien semi-bipède en survêtement rouge….), sorte de pendant féminin de notre cher Onizuka de GTO (en plus violente quand même…) en profite pour remettre ses jeunes étudiants dans le droit chemin (un gros problème pour la société japonaise actuelle), leur donner des leçons de vie avec un bon sens et une humanité ambiante qui inspirera forcèment les spectateurs. On est aussi très agréablement surpris de retrouver un scénario qui tient bien la route a tout moment, même sans être exceptionnel, et un auteur qui donne enfin la place d’honneur a une femme, libre et indépendante, volontaire et hargneuse, un équilibre harmonieux entre force et féminité, une initiative qu’on aimerait voir plus souvent dans le monde de l’animation japonaise et en général dans une civilisation où la condition de la femme s’exalte peu à peu au travers du domaine artistique.

Bonus song : OST – Feel your Breeze

Gokusen est un anime bien plus intéressant et généreux (humainement parlant) qu’il n’y paraît au premier abord, et même si le manque  certain d’épisodes l’empêche d’aller jusqu’au bout de ses possibilités, la rencontre entre des personnages aux personnalités originales et trés différentes amène un plus non négligeable au charme de la série. Le « character design » est un peu bizarre mais assez bien adapté au caractère « mafieux » des personnages (de grands visages ronds et de petits nez) et l’anime est d’une bonne qualité graphique d’ensemble, cependant il faut parfois être au fait de quelques points spécifiques de culture japonaise pour cerner le comique de certaines scènes, mais ce handicap et les défauts en général restent rares (si vous connaissez déjà bien le monde des animes de « yakusas » tout ira bien, sinon c’est une bonne occasion pour le découvrir !).

Cette série s’avère au bout du compte surprenante et vous en apprendrez bien plus que vous ne le pensez sur la vie et les lois des yakusas et sur l’échec scolaire confondus (soyons ironiques…), tout en étant assurés de rigoler un bon coup. Une bonne alternative qui sait se démarquer quand il le faut de sa référence (GTO), sans pour autant se hisser à son niveau (c’est un peu normal aussi vu le statut cultissime de son prédecesseur). Une série trés intéressante à savourer pour son humour et ses personnages sincères.

A savoir : fort de son succès, Gokusen a aussi été décliné en « drama » ou série « live » de deux saisons. Un très bon point aussi pour les génériques d’introduction et de fin, excellents dans leurs styles respectifs, le premier étant plutôt entraînant et jovial et le second parodiant avec un goût exquis les anciennes musiques et traditions endémiques nippones, témoin d’une société qui assume sa « culture yakusa » et en fait ironiquement une fierté nationale.

Notation : 7.5/10
> Grisant et loufoque, cynique et original, et surtout « mafieusement drôle ».

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