Elfen Lied est une série du genre horrifico-fantastique complexe et dérangeante qui se singularise par l’équilibre parfait entre la magnificence et l’innocence de son postulat et l’horreur profonde contenue dans son scénario, narrant l’histoire d’êtres géntiquement supérieurs qui se voient rejetés par notre société. Une occasion de découvrir cette oeuvre marquante, drame profond et destructeur, immoral et déchirant.



Genre : Fantastique / Drame / Horreur / Ecchi


Elfen Lied
est une série du genre horrifico-fantastique complexe et dérangeante qui se singularise par l’équilibre parfait entre la magnificence et l’innocence de son postulat et l’horreur profonde contenue dans son scénario, fait son apparition chez l’éditeur Kaze. Une occasion de découvrir cette oeuvre marquante, drame profond et destructeur, immoral et déchirant.

L’incipit se pose tout de suite comme un choc visuel et émotionnel qui accroche le spectateur abasourdi dès les premiers instants. Dans un laboratoire secret de haute sécurité, un spécimen humanoïde dangereux et incontrôlable parvient à se libérer et massacre tous les gardes qui se dressent sur son passage à l’aide d’un étrange et destructrice force invisible, afin de se frayer un chemin vers la liberté, mais un sniper réussit à l’atteindre juste avant qu’elle ne tombe dans l’océan…
Dans un petit village du bord de mer, Kouta retourne pour la première fois sur les lieux où il a passé son enfance et retrouve sa cousine Yuka. Un soir lors d’une promenade le long de la plage, ils aperçoivent une jeune fille dénudée qui semble complètement perdue alors ils la recueillent dans la grande maison de Kouta. Elle est très belle mais amnésique et ne parvient à prononcer qu’une seule chose : « Nyuu ». Dans le même temps, une unité d’élite s’est lancée à la poursuite de la fugitive et elle est prête à tout pour ramener son sujet d’expérience au bercail.

Drames et cheveux roses

Elfen Lied est un drame psychologique profond et violent doublé d’une dose de thriller et pétri d’une atmosphère nostalgique et romantique. Toutes les émotions y sont exacerbées et les combats y sont clairement gores, au point qu’une certaine force mentale est nécessaire pour supporter le poids de cette histoire émouvante, terrifiante et tout simplement horrible (âmes sensibles, abstenez-vous même si c’est dommage) qui s’épargne cependant avec brio l’écueil de la complaisance dans le sentimentalisme et l’éxagération. Enfin la plupart du temps, il faut bien en convenir car la mode des « jeunes filles ultra-kawaii à cheveux roses et à corps de lolita » est très bien mise en avant par les créateurs de la série, qui jouent sur cet effet pour faire s’apitoyer le spectateur sur le destin de ces êtres maudits, et faire ressortir leur innocence par contraste avec la violence et le malheur qui sont enfouis en eux. On retrouve ainsi le thème très dramatique de la difformité et du rejet des personnes qui en sont atteintes, qui ne peuvent s’intégrer dans la société, le tout dans une ambiance un peu larmoyante (surtout l’OAV, alias épisode 10 et demi, qui présente un flash-back très éclairant sur le destin des protagonistes, pour un résultat fortement mélodramatique), mais toujours assez sanglante et mystérieuse pour garder cet étrange parfum, entre horreur torride et fantastique, qui nous fait encore une fois nous poser des questions sur les dérives de la science, en particulier au service d’un militarisme toujours aussi évidemment orguilleux chez des nippons qui ne sont plus sensés avoir d’armée.

Outre son idée de départ très intéressante et plutot bien traitée, Elfen Lied dispose d’autres atouts, notamment des graphismes de bonne qualité d’ensemble, classiques, de beaux décors mais une animation sans grande envergure, des personnages dotés d’une touche assez enfantine qui adoucit la violence et l’érotisme de cet univers fantastique, et le coté « harem » un peu agaçant, société machiste oblige, les hommes japonais attirent toutes les jeunes filles qui passent…
La musique participe aussi grandement à la mise en place du mystère, pas toujours très subtilement mais avec efficacité (pour preuve l’opening, « Lilium« , magnifique chant religieux immersif), la bande-son ne se veut pas originale mais dramatique et pesant, et c’est réussi, au travers de petites mélodies tristes au piano ou de reprises innombrables du thème principal, superbe, il est vrai.

Bonus song : OP – Lilium

Sans être excellent, le script reste bien agencé, et ce qui fait la vraie force de cet anime est la capacité du scénariste à jongler entre l’horreur pure et les moments plus chaleureux pour éviter d’aller trop loin dans la sensiblerie et que le spectateur ne se perde pas dans un déluge d’émotions auto-destructrices. Des moments presque heureux qui feraient pencher la série vers la comédie romantique s’ils n’étaient pas toujours entâchés par une ambiance glauque et répugnante.

Une vraie performance, une série choc qui utilise au mieux son court format pour frapper les esprits et qui nous laisse complètement lessivés et impressionnés devant un final propice à toutes les interrogations. Après tout, qui sont les vrais monstres ?

Notation : 8/10

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