Coyote Ragtime Show, c’est apparemment tout ce qu’on aime : une comédie d’action avec des pirates et des vaisseaux spatiaux, un trésor et une galerie de personnages hauts-en-couleurs, à l’esprit détendu, cependant tout n’est pas aussi rose que les cheveux de la jeune héroïne de cette série, et le show s’avère un peu mollasson…


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  • Genre : Action / SF / Aventure
  • Réalisateur : Nonaka, Takuya ; Ouse, Matsuri
  • Scénario : Ouse, Matsuri ; Sato, Kazuharu ; Kingetsu, Ryunosuke
  • Studio : ufotable
  • Année de production : 2006
  • Licence : Kaze
  • Nombre d’épisodes : 12 x 24 mins

Coyote Ragtime Show, c’est apparemment tout ce qu’on aime : une comédie d’action décapante avec des pirates et des vaisseaux spatiaux, un trésor et une galerie de personnages hauts-en-couleurs. Problème à l’horizon : les moyens ne suivent pas, l’animation et les graphismes sont faibles, le scénario aussi creux que du gruyère, et le fun annoncé se transforme en une petite déception, on aurait pu espérer mieux du petit studio ufotable pour son premier grand projet, alors qu’il a déjà fait mieux lors de précédentes participations (notamment sur Black Cat, Read or Dream, Honey and Clover…).

¤¤¤ Synopsis :

La série débute en nous présentant le personage jalon/narrateur/fil conducteur, Angelica Barns, enquêtrice du Bureau Fédéral universel, alors qu’elle est dépéchée sur la petite planète Sandvil à la recherche d’un criminel récidiviste aux identités multiples, « Mister« . La prison qu’elle visite, alors qu’elle est en quête d’informations, est soudainement attaquée, et le fameux Mister réussit à s’évader en compagnie de ses acolytes. Il va retrouver Franca, la fille d’un célèbre pirate, Blues, pour l’emmener à la recherche de son héritage, un trésor qui fait beaucoup d’envieux. Ce petit équipage se lance alors dans une aventure périlleuse au possible : atteindre la planète Graceland et récupérer le magot avant sa destruction, qui doit avoir lieu dans moins de 7 jours.

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Coyote Ragtime Show ne se distingue pas par son niveau technique, loin de là. A première vue, les graphismes et le character design sont modernes et efficaces, mais ce qu’on peut leur reprocher c’est leur standardisation et leur banalité confondante. Au menu, on a donc beaucoup de bruit pour pas grand chose : l’animation est vive mais/car répétitive et mécanique, les fonds souvent flous et mal définis, ce qui empêche donc dès le départ la série de sortir du lot, et prouve un certain empressement et un formatage de la production. Les visages, bien que jolis, sont plutôt mous et inexpressifs, rendant la transmission des émotions vers le spectateur difficile et les rebondissements peu convaincants.
Un bon point toutefois, les détails techniques (objets, écrans, armes) sont bien définis et réalistes et réussissent à nous faire partager le quotidien et les actions des protagonistes. Ils donnent également, par momemts, une touche plus sérieuse et mature à l’anime, contrairement aux nombreux défauts du character design et des arrière-plans, qui rendent l’anime assez quelconque.
La musique, quand à elle, peut être qualifiée d’éclectique et touche-à-tout, ne faisant que reprendre des thèmes collés a des genres passe-partout (du clavecin pour de vagues accents gothiques injutifiables, un mélodie foraine pour une bagarre de bar, du hard rock au sommet de l’action, des accords de guitare déchirés à la Bleach pour le suspense, du funk pour les twists comiques…) sans vraiment se les approprier. En résulte un fouillis de musiques mises bout à bout et pêle-mèle, bref un score sans âme qui ne fait que meubler des scènes sans les transcender, ni même les souligner. Le score reste cependant agréable à écouter tout au long de la série, mais sans plus, dans le sillage d’un opening entraînant qui nous met tout de suite dans le bain, jusqu’à un ending tout mignon, une jolie chanson interprétée par Sana : « Usuragu Kioku » (on a d’ailleurs le droit à un mini-clip sans interêt tourné en pâte à modeler, louons tout de même l’effort d’originalité, malgré l’inefficacité).

L’ambiance est aussi hachée que le rythme, alignant successivement les séquences d’action, mélancoliques, de combat, d’auto-satisfaction… un maelström d’évènements sonores et visuels qui ne laisse aucun répit au spectateur, mais nuit cependant à la compréhension ainsi qu’à l’identification par rapport à l’univers de Coyote Ragtime Show. Le mélange des genres n’arrange rien. L’anime commence comme un polar, puis évolue vers l’actioner futuriste et l’anime d’aventures, s’adjuvant de temps à autre des intrigues politiques, pour finir par s’approprier l’univers de la piraterie au travers de la chasse au trésor (empruntant aussi le temps d,un épisode le style Mission Impossible). Coyote Ragtime Show confond toutefois souvent richesse du propos et densité thématique avec incertitude scénaristique, son péché étant de vouloir en faire toujours trop. La compréhension globale et la fluidité globale en font évidemment les frais, on perd le fil et l’envie de suivre assez rapidement, ce qui est dommage pour une série qui s’annonçait assez fun.

Bonus song : Ending – Usuragu Kioku

Traversée du désert à dos de coyote

L’atmosphère générale lorgne sur les atouts présents dans des animes tels que Black Lagoon et Cowboy Bebop (et en remontant plus loin, à Albator) qui ont clairement influencé les créateurs de la série. On peut par exemple noter parmi les velléités de ressemblance avec Black Lagoon (sans jamais en avoir le talent ou l’envergure) les femmes combattantes, vulgaire et armées jusqu’aux dents (ici grimées en gouvernantes innocentes et dociles, un poncif inusable, fantasme japonais habituel dont l’érotisme s’exprime ici par le combat) et l’effort fait sur les armes, impressionnantes et réalistes autant dans les plans de caméra qui les mettent en valeur que dans leur design. C’est clair, Coyote Ragtime Show n’est que rarement orginal, et n’invente rien, et surtout n’arrive pas à la cheville de ses modèles.
Outre une histoire déjà assez similaire au départ : des pirates/ mercenaires toujours à la limite entre le bien et le mal, hantés par leurs mauvaises actions et attirés par l’argent le plus souvent; leur héroïsme et l’empathie qui se crée entre les protagonistes et le spectateur repose sur ce rêve qui sommeille en chacun de nous : le libre-arbitre, partir à l’aventure, braver les règles, être un « Coyote »…
De plus, les personnages secondaires sont peu convaincants, peu intéressants, de simples faire-valoir galvaudés ou utilisés ponctuellement pour transmettre une émotion : rires, douleur, peine, puis retombant dans leur anonymat l’instant d’après. On reste surtout dubitatif et toujours en retrait par rapport au déroulement de l’action. Les jolies cyborgs combattantes à la peau blanchâtre nous rappellent les poupées mortelles de GITS 2 : Innocence, leur beauté inaltérable et leur pureté contrastant avec leur dangerosité. Elles s’avèrent un élément important de Coyote Ragtime Show, mais encore insuffisamment exploité.

Le pitch de Coyote Ragtime Show présente un principe similaire à celui du film O’Brother des frères Cohen. Un malfrat doit absolument sortir de prison pour récupérer un trésor avant que celui-ci ne soit hors d’atteinte. Cette « course contre la montre » (dans le cas de l’anime, la planète Graceland qui doit être bombardée dans les jours qui viennent) que repose le rythme du récit, obligeant les personnages à effectuer des choix périlleux. Quelques personnages et objets mystérieux (des concepts intéressants tels que l’oeil de verre de la Giga Banque) viennent compléter cette trame assez classique et créer un minimum de suspense, en distillant peu d’informations et en faisant apparaître un nouvel obstacle/ennemi, une nouvelle chance/espoir à chaque épisode.

Pour résumer Coyote Ragtime Show en quelques lignes, les personnages, l’action et les graphismes sont maladroits, sans parler des enchaînements entre les scènes et des réactions des personnages, trop peu crédibles. Malgré quelques moments de rigolade (les vendeurs de chemises ambulants), on ne peut que regretter les combats et poursuites aériennes sans grand intérêt/bâclées, les retournements des situation trop faciles et peu réalistes qui discréditent l’anime dans sa substance. On a du mal à se repérer dans l’environnement et l’univers de Coyote Ragtime Show, l’histoire en ressort d’autant plus difficile à suivre, avec un script qui tente toujours de nous en mettre plein la vue; une bonne iniative mais rappelons-le encore une fois, il ne suffit pas d’aligner les séquences d’action et d’humour stylées pour faire une série. Sans mortier, l’édifice s’effondre facilement.

Le travail fourni par l’équipe de Coyote Ragtime Show est trop brouillon au niveau des détails (une faute de raccord consternante lors du dernier épisode) et présente trop de points insuffisamment développés (les Coyotes, les personnages complexes tels que Blues et Marciano et leurs relations) pour en faire un anime qui restera dans les mémoires. Cette série pourrait contenter un public peu exigeant en quête d’une bonne dose d’action et d’une histoire courte et simple (presque trop), ils seront séduits par l’esprit détendu de cet anime.

Notation : 5.5/10
A voir quand on s’ennuie…

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