Petite comédie sentimentale réunissant Ben Stiller et Jennifer Aniston, deux habitués du genre, Polly et Moi est un film sympathique, drôle, qui se suit avec plaisir et le sourire aux lèvres. Une bonne idée pour une petite soirée de détente entre amoureux…

Une « friend » à tout prix


  • Genre : Comédie romantique
  • Réalisateur : John Hamburg
  • Année de production : 2004
  • Durée : 1h 30 mins

Dans ce film réalisé par John Hamburg en 2004, Ben Stiller incarne encore une fois à la perfection le paumé de service qui se met toujours dans les pires situations (on se demande comment il fait…), au point qu’on pourrait finir par s’en lasser s’il n’avait cet incroyable don de nous faire rire de ses malheurs, car on ne peut sérieusement s’empêcher de s’esclaffer devant la bêtise de certaines scènes savoureusement ridicules (la scène des toilettes par exemple).
Il réside cependant un réel problème inhérent à cette impression précitée de redondance dans l’humour, car il est évident qu’en superposant toutes ces scènes ridicules, on pourrait monter un seul et même film (une sorte de bêtisier de 90 minutes plus exactement). Dans ce cas, il ne reste que quelques petits plus qui puissent sortir ce genre de comédies romantiques de l’anonymat (à la manière de Mary à tout prix qui se distinguait par son ambiance ensoleillée et sa Cameron Diaz encore plus lumineuse), mais peut-on dire que Polly et Moi possède un de ces petits plus ?

¤¤¤ Synopsis :

Reuben est heureux, comblé même. Il se marie aujourd’hui avec Lisa, une femme qu’il trouve géniale et avec qui il compte bien passer le restant de ses jours. Quelle n’est pas sa surprise quand il la surprend dès le premier jour de leur lune de miel en train de se taper leur étrange prof de plongée nudiste ! Une nouvelle vie va alors commencer pour Reuben, qui rentre prématurèment à son bureau et préfère se consacrer à son travail pour oublier Lisa et ses déboires sentimentaux. Mais un beau soir, la vie lui donne une seconde chance quand au vernisssage d’un artiste inconnu (dans lequel son meilleur ami Sandy l’avait traîné presque de force pour lui changer les idées) Reuben se fait interpeller par une serveuse, qui dit s’appeler Polly Prince. C’est en fait une ancienne camarade de classe de Reuben qui, heureux de la retrouver et profitant de l’aubaine, va tenter sa chance avec elle. Mais Polly et Reuben sont-ils vraiment faits l’un pour l’autre ?

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Reuben est un personnage coincé, torturé, effondré après ce qui lui est arrivé, et qui se cherche car il ne sait plus vraiment quel genre de gars il est, ni quel type de femme lui conviendrait. Polly va lui faire connaître une autre vie, plus édulcorée, faite de restaurants ethniques servant des plats épicés (qui le font suer abondemment), de danses exotiques (il ne sait vraiment pas danser), de thérapies consistant à poignarder des coussins…
Un véritable défi pour cet angoissé chronique qui ne peut s’arrêter de tout calculer dans sa vie (il est effectivement fan de statistiques ridicules et a peur de tout, d’ailleurs saviez-vous que « seulement une personne sur six se lave les mains en sortant des toilettes » ?) va trouver une chance de pouvoir tout changer grâce à Polly, mais est-il vraiment capable de tout lâcher pour elle, qu’il vient à peine de retrouver ? et Polly peut-elle vraiment s’impliquer dans une relation sérieuse alors qu’elle aime vivre au jour le jour sans se poser de questions ? Et si quelqu’un venait à se mettre en eux et bouleversait leur plan ?

La recette est bien rôdée, mettant en scène des personnages amusants et attachants, un enchaînement de gags hilarants qui touchent le spectateur en lui faisant prendre le parti de la pitié envers le personnage de Ben Stiller, c’est son meilleur atout et il en fait très bon usage, mais aussi des dialogues bien savoureux au sein des duos de confidents formés entre Polly et son amie (serveuse comme elle) / Reuben et Sandy, qui se donnent des conseils pour les rendez-vous et font le bilan après. Il va sans dire que le côté comique repose en grande partie sur les très mauvais conseils ou remarques de ces confidents, savoureuses :
« As-tu déjà entendu un gars crier « 50 » au moment d’avoir un orgasme ?
– Oui ».

La qualité du film tient avant tout à la performance de ses acteurs, très bonne.
Outre Ben Stiller, qui évolue dans comme un poisson dans l’eau dans son registre de prédilection, on retrouve Jennifer Aniston, seule « Friend » à s’en être sortie et à avoir réussi à redémarrer une carrière au cinéma (elle avait commencé assez jeune en jouant les bimbos survivantes dans Leprechaun en 1993) montre une fois encore qu’elle est une bonne actrice, réussissant à s’améliorer au fur et à mesure de ses prestations et à se détacher de son rôle de Rachel dans la série qui a fait son succès (ce que les autres « Friends » n’ont jamais réussi à faire), elle est d’ailleurs très charmante en serveuse tête-en-l’air qui rêve de publier des livres pour enfants (malheureusement un tantinet trop « gores »), réussissant aussi bien à jouer la gaffeuse exaspérante que la trentenaire sexy qui aime s’amuser et profiter de la vie.
On est aussi agréablement surpris de trouver l’excellent Philip Seymour Hoffmann, qui campe Sandy Lyle, le meilleur ami insupportablement odieux, grossier, laid et malpoli (et ajoutons-le sans hésiter, le plus mauvais shooter de tous les temps au basketball), hilarant dans son rôle d’ex « ado-star » aperçu une fois dans sa jeunesse dans un film, « Les larmes du crocodile » dans lequel il jouait de la cornemuse… Il se prend depuis pour un cador d’Hollywood, mais c’est en réalité un acteur raté qui se dispute la vedette avec les amateurs d’une communauté théatrale de quartier dans un remake égratigné de Jesus Christ Superstar !

Malgré beaucoup de déjà vu, de rebondissements prévisibles et de situations de moins en moins drôles à force d’être exploitées sans arrêt par ce genre de comédies légères, on est vite séduit par le concept : le thème toujours efficace de l’opposition entre deux mondes, deux cultures, entre le responsable en assurance vie engoncé dans son costume terne et la serveuse baba-cool souvent à l’ouest, dépareillée et un peu perdue. Le choc entre leur deux personnalités va produire une alchimie très plaisante, comique et attendrissante, qui représente le véritable atout de cette petite comédie sentimentale sans prétention.
Le scénario qui repose quasi-totalement sur la rencontre du couple ReubenPolly n’est pas mal ficelé, et s’enrichit d’une histoire parallèle excellente, celle de Reuben cherchant à évaluer un contrat d’assurance-vie sur un riche magnat australien dont les passe-temps sont ironiquement les sports extrêmes (plongée avec les grands requins blancs entre autres) et toute sortes de recherche de montées d’adrénaline qui lui font frôler la mort.
La musique sympathique, typique d’une bonne petit romance, légère et mélodique, qui rythme et accompagne bien les retournements de situations et les changements entre scènes comiques et romantiques, toutefois elle n’est pas marquante, elle remplit juste son office.

Polly et Moi est au final une comédie qui fait sourire, qui fait rire, des acteurs plein d’entrain qui ne se prennent pas au sérieux (Philip Seymour Hoffman est génial en acteur minable et Alec Baldwin inénarrable en patron boute-en-train), un furet malvoyant (vivez en exclusivité les délirantes et très courtes aventures de Rodolfo le furet qui courait vers…. les murs… et pas seulement les murs, tout ce qui pourrait lui casser sa petite tête de furet…), une comédie particulièrement romantique à sa manière, qui ne vous laissera sûrement pas indifférents.
De plus, ce film nous apprend deux choses, la première étant qu’il faut savoir faire confiance aux gens et croire en eux, et la seconde est que contrairement à ce que d’inutiles tests de compatibilité de personnalité (ou de prénoms par exemple) pourraient vous apprendre, sachez bien que l’amour n’est pas une question de calculs et de statistiques, et que quand il vous tombe dessus, c’est par hasard, sans prévenir, c’est ce qui le rend si magique…

Bilan : Collision entre le cadre moyen terre-à-terre et la jolie fille écervelée (rien de bien original dans ce pitch mais beaucoup de fun à l’arrivée) Polly et Moi n’est pas la meilleure comédie de ces dernières années, loin de là, mais se révèle très agréable grâce à Stiller et Aniston, qui forment un beau petit couple et donnent de la saveur à cette comédie romantique plaisante, idéale pour passer une bonne soirée de détente en couple devant la télé.

Notation : 6.5/10

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