Vous cherchez un bon survival horror? Outlander, film américain sorti en 2008, a de bonnes chances de vous séduire. S’inspirant de tous les films basés sur les vikings ou les mythes scandinaves des dernières décennies, Outlander réussit cependant à se hisser un peu au-dessus du lot…

Le 13ème viking de l’espace

Réalisateur : Howard McCain
Année de production : 2008

Durée : 1h55

Vous cherchez un bon survival horror? Outlander, film américain sorti en 2008, a de bonnes chances de vous séduire. S’inspirant de tous les films basés sur les vikings ou les mythes scandinaves des dernières décennies, Outlander réussit cependant à se hisser un peu au-dessus du lot avec son intéressant mélange de science-fiction/action/fantasy. Affrontements violents et sanglants sont au programme de ce premier « film à gros budget » du méconnu Howard McCain (qui a déjà travaillé pour la télévision et scénarisé le troisième opus d’Underworld : Rise of the Lycans). Le résultat est plutôt prenant, disons intriguant, assez pour qu’Outlander, sans être un foudre de guerre, dispose d’atouts qui méritent le détour, surtout parce qu’on ne se lasse jamais de voir des gros barbus distribuer de gros coups de hache!

Un vaisseau spatial en perdition s’écrase sur Terre. Il semble que seul un soldat du nom de Kainan ait survécu parmi l’équipage, néanmoins il comprend vite que son pire cauchemar, le monstre responsable de la chute de son vaisseau, a lui aussi réussi à s’en sortir. En explorant les lieux, il se rend compte que cette créature sanguinaire, le terrible « morwen », a fait de son point d’impact son nouveau territoire de chasse, massacrant tout sur son passage. Kainan, complètement désorienté et perdu sur une planète qu’il ne connaît pas, se fait rapidement capturer par la tribu de Vikings menée par le roi Rothgar et le guerrier Wulfric. Ceux-ci ne croient pas son histoire de morwen et semblent attribuer ces étranges carnages à leurs ennemis, le clan du terrible Gunnar, qui croit lui aussi que son village a été réduit à néant par Rothgar. Aveuglés par la soif de vengeance, les deux clans vont d’abord s’affronter avant de se rendre compte que le morwen existe bel et bien et que leur unique chance de survivre est de s’unir contre cette force inconnue. La bataille s’annonce enragée et sans concession, et seul le plus malin vaincra.

Vikings vs monsters

Outlander emprunte un peu partout dans la cinématographie sur les Vikings et les survival de fantasy/science-fiction pour construire son univers : on observe principalement dans le scénario une relecture du mythe de Beowulf, avec son monstre à la Grendel qui vient répandre des tripes (presque) tous les soirs, son roi viking barbu (pléonasme?) lui aussi nommé Rothgar, et son héros (Beowulf/Kainan) qui partage un lien privilégié avec le monstre. Mais ce n’est pas tout, car on retrouve également outlander triobeaucoup de scènes qui rappellent le 13ème guerrier (le massacre du village, le piège), sans oublier le principe même de « l’étranger » qui ici ne vient pas d’Arabie mais d’encore plus loin (d’ailleurs le héros Jim Caviezel arbore la même coupe que Banderas). Enfin, on ne peut nier l’influence de l’univers de Predator avec sa créature venue du futur qui vient s’amuser à déchiqueter l’humanité. Cette humanité est justement représentée par un très bon casting : le mutisme légendaire de Jim Caviezel convient à merveille au héros taciturne qu’est Kainan, aidé par une tripotée de Vikings parmi lesquels on trouve l’excellent John Hurt (le roi Rothgar) et la sublime Sophia Myles (Freya) en femme pleine de tempérament; du côté des guerriers, la brutalité de l’imposant Ron Perlman (Gunnar) s’oppose à l’agilité du jeune Jack Huston qui incarne Wulfric le Viking type beau gosse (à la Karl Urban dans Pathfinder).

Autre qualité à souligner, chose rare et donc agréablement surprenante, il n’y a pas vraiment d’anachronismes à relever dans le métrage, seulement quelques petites invraisemblances. Dans la catégorie « difficile à avaler mais bon on a l’habitude alors on fait avec », Kainan s’adapte très (très) vite à sa nouvelle condition de terrien, et même de viking, un peuple dont il adopte les coutumes sans tarder (il faut dire que les vikings ont l’air plutôt accueillants une fois l’interrogatoire musclé passé avec succès) et les réussit même presque mieux que les natifs (ne trouvez-vous pas vous aussi qu’il manie parfaitement les armes vikings et la course sur boucliers?). Dans le même ordre d’idées, le choc entre science-fiction et réalisme historique a été bien géré par le réalisateur qui réussit à créer un parallèle entre le paysage désertique de la planète habitée par la famille de Kainan et un paysage de fjord scandinave assez dépouillé. Les décors assez bien réalisés rendent effectivement l’ensemble crédible, avec en vedette les belles forêts nordiques et de superbes paysages vierges qu’on ne voit malheureusement qu’assez peu. Les détails n’ont pas été laissés au hasard : les vaisseaux ou objets futuristes sont assez crédibles pour constituer un univers représentatif autour du héros, une identité propre qui fait de lui un peu plus qu’un simple « étranger » dans le sens le plus poussé du terme.

Le morwen évite lui aussi tout anachronisme et réussit parfaitement à faire le lien entre le dragon (la gueule rouge qui évoque le feu), monstre des légendes scandinaves, et le monstre de science-fiction rusé de type Alien. Autant sur le plan graphique que sur celui des capacités, le morwen est donc une créature particulièrement réussie, à la fois insatiable et sanguinaire, une vraie machine à  tuer qui brille par son efficacité : comme dirait Kainan qui la connaît bien « elle attire ses victimes par la lumière », un véritable monstre impitoyable qui suffit à lui seul à nous tenir en haleine tout au long du film. En effet, la bête est rusée et furtive, et on se rapproche avec le morwen du prédateur parfait (si si!), qui plus est original car il ne ressemble à rien de connu.

outlnder planete

Cependant, le sujet principal d’Outlander est avant tout l’humanité, l’homme dans toute son ambivalence, avec d’une part la vision négative de l’homme qui engendre la colère du monstre par sa soif de destruction (encore un parallèle à Beowulf), et de l’autre sa capacité à pouvoir se dépasser pour affronter les plus grands dangers. Kainan est bien évidemment le symbole de cet homme à la fois coupable et providentiel qui parvient à réparer ses erreurs et à fédérer toute une peuplade de vikings autour de lui, et c’est Freya qui l’évoque le plus clairement : « si tu crois vraiment que c’est toi qui écris l’histoire de ta vie, alors la fin est entre tes mains ».

Bilan:

Outlander peut compter sur un casting solide, de beaux combats, de bons effets spéciaux et un monstre de bonne facture pour séduire un public amateur de fantasy horrifique (avec des scènes bien morbides) et d’action. Néanmoins, l’impact d’Outlander est restreint par des composantes assez moyennes : des images parfois un peu sombres, un scénario un peu léger qui se base plus sur des emprunts que sur une véritable innovation… Indice révélateur : la musique, qui distille des sonorités épiques satisfaisantes mais jamais transcendantes. Au final le film est haletant et plaisant, mais il reste une sensation de déjà vu et on finit par se dire que c’est un peu dommage car il suffirait d’un peu plus d’originalité et d’émotions fortes pour donner une véritable force au métrage.

Malgré tout, une question reste en suspens, mais qui peut donc bien être ce « dernier viking » dont le sous-titre français fait mention?

Note : 7.5/10

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