Après le remake de Massacre à la Tronçonneuse signé Marcus Nispel, sorti en 2003 et annoncant un redémarrage du succès de la franchise, la préquelle de rigueur sort en 2007. Un film plutôt intelligent, efficace et très violent, intitulé sobrement « Le Commencement« …

Aux origines du mal


♦ Genre : Horreur / Drame
Réalisateur : Jonathan Liebesman
Année de production : 2007
Durée : 1h 36 mins
Classification : Interdit aux moins de 16 ans

Une préquelle à la saga Texas Chainsaw Massacre était-elle nécessaire ? Et pourquoi pas ! Voici donc un film qui nous raconte ce qui se passe avant le classique instantané du slasher Massacre à la Tronçonneuse réalisé par Tobe Hooper en 1974. Une plongée dans les origines de l’univers déviant de notre cher petit détraqué qui aime dépecer des gens…

¤¤¤ Synopsis :

Le film démarre sur la vision d’une grosse femme qui accouche en plein milieu d’un abattoir perdu au fin fond du Texas. Comme le bébé n’est pas bien beau, le patron de l’établissement le met à la poubelle (oui c’est choquant, mais faut avouer qu’il n’était vraiment pas bien beau, le bébé). Recueilli par une femme des environs, madame Hoyt, le bébé grandit et est envoyé travailler à l’abattoir (qui est la seule industrie de la région apparemment). Une vingtaine d’années plus tard, le petit Thomas Hewitt a bien grandi, il est même énorme, et toujours pas bien beau. Malheureusement l’abattoir doit fermer pour raisons économiques, mettant ainsi un terme à sa seule passion dans l’existence : découper des animaux morts (ça, c’est une passion très constructive pour un jeune homme difforme et retardé…). Très contrarié, le monstre se réveille en lui, fait sa première victime, puis chope une tronçonneuse qui trainaît par là et rentre chez lui.
En parallèle, on suit l’histoire de deux jeunes américains, deux frères accompagnés de leurs nanas respectives (des bombes sexuelles bien sûr). Seulement, ce qui les différencie, c’est qu’un des frères souhaite ardemment retourner faire la guerre au Vietnam, tandis que l’autre a décidé d’échapper à son affectation, mais ne sait pas comment lui avouer sans lui faire de la peine.
Au détour d’une route déserte traversant un coin paumé du Texas, nos jeunes vadrouilleurs vont faire une très mauvaise rencontre avec la famille Hoyt/Hewitt

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Comme pour le remake de Nispel, Liebesman utilise une lumière glauque pour éclairer la barraque de cauchemar des Hoyt/Hewitt, avec des images portées sur les tons gris et verdâtres, aux grain sale et poussiéreux, afin d’alimenter une atmosphère repoussante, symptomatique du désenchantement d’une région à l’abandon, peuplée de rednecks qui se radicalisent devant la libéralisation de la société et ne veulent pas quitter la terre de leurs ancêtres, un environnement plus repoussant que jamais.
Le tout est soutenu par une musique dense, majestueuse, rythmée et pesante, très réussie, elle maintient une ambiance lourde et suffocante tout au long du film.

C’est bien beau tout ça, mais MALT : Le Commencement est avant tout un slasher standard à la facture très classique dans sa narration et dans son univers visuel, montrant pas à pas la transformation du personnage de Leatherface en véritable monstre, ainsi que la descente aux enfers de la pauvre bande de jeunes américains qui n’avaient absolument rien fait de mal. Mais ce n’est pas un défaut au contraire et le contrat est donc bien rempli pour le jeune réalisateur Jonathan Liebesman (un illustre inconnu devenu réalisateur prometteur dans le genre horrifique grâce à ce film). On ne boudera pas non plus son idée d’ajouter quelques passages à l’humour cynique destructeur qui rendent le film réellement plus fun, abordable et prenant.
Un petit exemple :
(Un homme appelant au téléphone alors qu’il se fait massacrer)
_ « AAAAAAH ….. AAAAAAAHH !!!! »
_ Opératrice, puis-je vous aider ?
_ AAAAAAAAAAAAAAAAAH !
_ Essayez de parler plus distinctement madame« .

Le film n’est donc pas un simple prétexte pour montrer le quota de beaux gosses et de bimbos qu’on adore voir se faire déssouder ? Bonne surprise, pour une fois non, car on s’attache très vite à nos jeunes héros dès que les emmerdes leur tombent dessus à la pelle, surtout qu’on sait quel horrible destin les attend.
Parmi les jeunes futures victimes en puissance, pas de têtes connues en dehors de la jolie Jordana Brewster, sinon on retrouve la sale gueule de R. Lee Ermey dans le rôle du shériff (le même que dans le film de Nispel), même chose pour Andrew Bryniarski dans le rôle de Leatherface et une bonne petite surprise pour les fans de séries US, le taré blond Lee Tergesen (Code Lisa, Oz, Desperate Housewives…) en motard revanchard.

Petits meurtres en famille

Le récit mélange efficacement le déroulement constitutif du slasher lambda (comme dans les premiers épisodes et le remake de la saga Texas Chainsaw Massacre, on retrouve une bande de jeunes qui se perdent dans la campagne la plus pourrie du fin fond des Etats-Unis) avec les éléments d’une préquelle qui aborde tous les thèmes possibles d’une préquelle : la naissance du monstre et l’environnement qui l’a conditionné, la découverte de l’arme de prédilection, l’explication de son addiction, le mécanisme de la transformation de l’homme en tueur et en cannibale, bref tout ou presque est passé en revue pour que le spectateur puisse bien entre dans l’envers du décor du mythe. Certains détails sont quand même insuffisamment développés pour certains thèmes primordiaux qu’on aurait aimé voir apparaître, comme par exemple la symbolique du tout premier masque de Leatherface (le surnom du bûcheron mécanisé préféré des texans). L’a-t-on forcé à le porter dès sa plus tendre enfance ou était-ce un choix ?

Le tout est couplé avec quelques thématiques sociétales des Etats-Unis des seventies : la guerre du Vietnam qui forme des machines à tuer d’un côté et provoque le développement de hippies pacifistes ou de gangs de motards rebelles de l’autre : une guerre symbolique d’une Amérique désunie comme le sont les deux frères, puis unie face au danger.
Du côté de la famille de rednecks, les Hoyt/Hewitt, on la découvre de plus en plus grâce à cette séquelle. De plus, on le voit bien avec ce film, et on le voyait déjà un peu dans le film de Nispel, que Leatherface n’est pas le plus dangereux des membres de sa famille, loin de là. Il n’est que le plus fort et le plus hideux, mais n’est qu’un pion de la volonté du patriarche. Il le dit lui-même :
« C’est pas un attardé, c’est un incompris ».

Très gore, hurlant et déviant, MALT : Le Commencement montre toute la méchanceté de l’âme humaine au travers de séances de torture et de cannibalisme très dérangeantes. Bien qu’affublés d’une laideur atroce, les rednecks ne sont jamais excusables pour leurs exactions dans l’esprit du spectateur. Chirurgie et dermatologie deviennent amputation et dépeçage, et bien sûr on a le droit à la traditionnelle et exquise scène du dîner en famille (un peu écourtée cette fois-ci) et à la séquence de chasse (le gros Leatherface qui poursuit une frêle jeune fille, pour changer). Bref, beaucoup de déjà vu, mais une recette toujours aussi efficace, et un tout petit peu plus flippante que le survival de Nispel. Et pour le clou du spectacle, un final tout à fait dévastateur.

Notation : 7/10


> Un film monstrueusement violent et gore, d’une facture classique mais très efficace, qui laisse la porte bien ouverte à la suite de la saga.

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