Vous l’aurez compris au vu du titre original, Le Vaisseau de l’angoisse est un film de fantômes. Mais ici point de maison hantée, plutôt un paquebot géant perdu dans les eaux internationales, sur lequel se serait passé un massacre quarante ans plus tôt…

Finders Keepers


♦ Genre : Horreur / Thriller / Drame
Réalisateur : Steve Beck
Année de production : 2002
Durée : 1h 31mins
Classification : Interdit aux moins de 12 ans

Lettres roses, musique festive, on dirait La Croisière S’amuse, puis le sang bien rouge qui tache vient chasser le rose par litres. Une scène d’exposition surprenante qui nous rassure tout de suite, si ce n’est sur la capacité du film à nous faire peur, au moins sur les bonnes intentions horrifico-gores voulues par le réalisateur Steve Beck, qui était apparemment destiné à réaliser ce Ghost Ship. En effet, ayant commencé sa carrière en tant que responsable des effets spéciaux sur des films comme Abyss ou A la Poursuite d’Octobre Rouge, on sent qu’il connaît le domaine maritime et les bateaux ; puis son premier et unique autre film comme réalisateur fut 13 fantômes en 2001, donc il se devait pour son deuxième effort personnel de marier… les bateaux et les fantômes ! (si seulement toutes les carrières étaient aussi faciles à analyser…). C’est donc en 2002 que sort ce Ghost Ship sur les écrans américains, mettant en avant une tripotée de bons acteurs de seconde zone avec en tête de liste le grand Gabriel Byrne (Usual Suspects, L’homme au masque de fer), la jolie infirmière d’Urgences Julianna Margulies, le sous-estimé Ron Eldard (Blind Justice, House of Sand and Fog), le néo-zélandais qui monte Karl Urban (Doom, Pathfinder) et même le beau grec Alex Dimitriades (Nick Poulos dans Hartley Coeurs à Vif, pour les fans).
Enfin on retrouve le jeune et beau Desmond Harrington, décidèment habitué au genre horrifique avec The Hole et Détour Mortel.
Bref tous ces visages connus sont un bon moyen pour vendre cet énième film de fantômes, un genre toujours très prolifique, surtout à cette période (Event Horizon en 1997, Hantise en 1999, 13 fantômes en 2001, etc.). Le gros problème c’est qu’ils jouent tous assez mal dans ce film, sauf peut-être Gabriel Byrne, le plus expérimenté, mais il n’est tellement pas bavard qu’on l’oublie assez vite. Bref, navet ou film à louer pour une bonne soirée entre potes ? (Cela dit, les deux sont également conciliables…).

¤¤¤ Synopsis :

L’Arctic Warrior est un remorqueur commandé par le capitaine Murphy, dont l’équipage est spécialisé dans la récupération de navires en perdition ou perdus tout court. Savourant un repos bien mérité après une mission difficile, ils sont abordés par un jeune homme, Jack Ferriman, qui leur montre la photo aérienne d’un bateau qu’il aurait aperçu dans le détroit de Béring. Attiré par l’appât du gain, Murphy accepte de d’aller récuperer le navire, toutefois Ferriman insiste pour l’accompagner. Alors qu’ils sont en route, ils tombent par hasard sur l’imposant navire et manquent de peu de s’écraser sur sa coque. Murphy est enthousiasmé de découvrir un bateau de croisière italien de luxe disparu en 1962, et dont la découverte pourrait lui rapporter gros. Mais la coque du navire a été endommagée et il aura coulé dans moins de trois jours si l’équipage ne le répare pas à temps pour le remorquer jusqu’à bon port !
Mais tout cela n’est rien comparé à ce qui les attend vraiment au sein de ce bateau… Qui est l’étrange petite fille qu’Epps (la seule femme de l’équipage) a vue sur le bateau ? Comment se fait-il que personne n’ait encore revendiqué la découverte de ce navire alors qu’il y a encore des traces d’un autre équipage passé avant eux depuis 1962 ? Comment tous les hommes et les femmes qui étaient sur ce bateau ont-ils pu tous disparaître sans laisser de trace ?

¤¤¤ Critique de la rédaction :

En guise de fantômes, on est un peu déçus, il n’y a que la petite fille qui soit vraiment intéressante, heureusement qu’on a le bateau qui constitue un bad guy à lui tout seul, un gigantesque piège en acier menant les intrus vers une mort certaine au travers de portes qui s’ouvrent et se referment toutes seules (c’est pratique n’est-ce-pas ?). Le charme agit plutôt vite grâce à des décors crédibles (on est pas dans Hantise) et une atmosphère bien glauque alimentée par l’état même du bateau : rouille omniprésente, fuites d’eau, craquements de l’acier, mobilier défoncé, couloirs piégeux car abîmés par le temps. Le tout accompagné d’une musique pesante et lancinante mais un peu trop discrète pour nous foutre convenablement les jetons, à part lors de quelques envolées orchestrales bien graves qui soutiennent les meilleures scènes d’horreur. Les scènes d’horreur souffrent du même défaut en général, trop banales ou mal mises en avant, elles font plutot sourire que peur (les effets spéciaux sont de bonne qualité mais la mise en scène ne les rend pas crédibles, surtout en présence des acteurs, du vrai gâchis), et le côté amusant finit par l’emporter sur des scènes horrifiques assez limitées. Reste qu’on passe tout de même un bon moment à rigoler et à essayer de deviner la suite (qui se fera tuer après ? qui ? QUI ?) mais ce ne sera pas aussi facile que vous le croyez.

Film se déroule sur un bon rythme et distille une atmosphère assez flippante dans son ensemble, pas flippante au sens terrifiante (en-dehors de quelques rares scènes choc, on reste tranquillement assis sur son siège sans trop sursauter) mais flippante au sens prenante car le mystère qui entoure le navire nous force à nous poser beaucoup de questions sur la nature du destin qui les attend et sur l’esprit qui hante le navire. Ainsi les meurtres sont organisés avec assez d’imagination et seulement dans la deuxième partie du film, le temps de laisser notre cerveau mijoter. Le problème est que les dialogues sont beaucoup trop moyens pour un film qui compte sur les conversations des protagonistes pour installer son intrigue (vieilles histoires de marin sur les bateaux fantômes, etc.), parfois au point de frôler le ridicule.
Un ridicule qui menace l’intégralité du film s’il n’était sauvé par le brillant flashback qui précède la révélation finale, tout simplement excellent, résumant tout ce qu’il y a à savoir en quelques minutes. Car mise à part l’histoire un peu pathétique dont on se fiche un peu, les meurtres à la chaîne et les retournements de situation se suivent épileptiquement sur un fond musical électro purement génial et totalement captivant : MY LITTLE BOX de Gabriel Mann & John Frizzell (le compositeur de la bande originale du film).

Bien mais sans plus

Ghost Ship n’est finalement pas plus qu’un film de fantômes assez commun réunissant tous les poncifs du genre sans grande inventivité (apparitions destinées à faire sursauter, sang qui coule sur les murs, interférences radion, etc.) mais avec une certaine efficacité. Dommage tout de même que le scénariste n’ait pas plus insisté sur les tenants et les aboutissants mystiques du maléfice qui hante le navire, qui méritaient un approfondissement (comme ce n’est pas le cas le spectateur se débrouillera tout seul avec sa culture pour tirer les conclusions nécessaires). Il ne faut donc pas confondre ce film avec Event Horizon, appelé le Vaisseau de l’au-delà en France, bien que de nombreuses similitudes les relient : vaisseau abandonné et hanté (l’espace ou l’océan se valent comme étendue infinie qui empêche tout fuite), protagonistes devant faire face à leurs propres démons qui prennent forme sous leurs yeux, en gros c’est la même recette mais Event Horizon s’avère bien meilleur que Ghost Ship, car il fait beaucoup moins cheap (aucun jeu de mot) dans l’ensemble.

Notation : 5.5/10

> Bilan : on s’ennuie ferme puis on rigole bien puis on a enfin un peu d’action, un cocktail imparfait mais suffisant pour passer un bonne soirée entre potes. Pour les fans de métal, le plaisir de retrouver un morceau de Mud Vayne (Not Falling) à trois reprises dans le film vaut à lui seul le détour !

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