Après 28 jours plus tard, la très bonne variation de Danny Boyle sur le thème des zombies, la franchise ne pouvait s’arrêter là au vu de son succès. Voici donc sa suite, 28 semaines plus tard, confiée au réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo avec pour mission de faire grimper encore un peu plus le taux d’adrénaline (et d’hémoglobine ?)…


♦ Genre : Horreur / Action / Drame
Réalisateur : Juan Carlos Fresnadillo
Année de production : 2007
Durée : 1h39 mins
Classification : Interdit aux moins de 12 ans


Encore une suite ? C’est la mode ces derniers temps, on l’a bien compris, les franchises horrifiques qui ont connu un minimum de succès se voient bien souvent pourvues d’une ou plusieurs séquelles destinée à surfer sur la bonne image de l’original, à l’instar de Saw, Détour Mortel, La Colline à des Yeux, et j’en passe… Confié à Juan Carlos Fresnadillo, un quasi-inconnu (on ne le connaît sur la scène internationale que pour Intacto en 2001), ce 28 semaines plus tard qu’on peut estimer plutôt jsutifié par rapport à l’ouverture finale pleine d’espoir du film de Boyle est-il une simple purge reprenant point par point la recette du premier ou bien une suite digne de ce nom capable d’innover en évoluant autour d’idées constructives ? 28 semaines plus tard se situe en réalité un peu au milieu des deux.

¤¤¤ Synopsis :

Première observation, pas besoin de relire le titre pour faire le rapprochement entre les deux « 28« , car grâce à une scéne d’exposition phénomènale qui fait raccord avec la situation du précédent film, on retrouve avec plaisir les infectés (des monstres sanguinaires proches des zombies, en plus rapides) qui déboulent à toute berzingue et dévorent tout sur leur passage.
Sur leur passage donc, Don, obligé d’abandonner sa femme Alice (Catherine McCormack : Braveheart, Spy Game, La Courtisane) et ses compagnons d’infortune à une mort certaine face à l’attaque du cottage dans lequel ils s’étaient retranchés, parvient à s’enfuir. Il a compris que l’unique préoccupation à avoir est la survie, quel qu’en soit le prix.
28 semaines plus tard (ah bon ?), Don vit à Londres, dans une zone militarisée protégée par les forces américaines, seul ilôt de civilisation britannique, l’Ile des Chiens. Comptant 15000 habitants, le district 1 symbolise une nouvelle vie qui commence pour Londres, un nouveau départ au sein d’une zone ultra-contrôlée où la belle vie que mènent ces néo-londoniens n’est qu’une façade qui cache les inquiétudes enfouies au fond de chacun. Et si le virus ressurgissait ? Pour parer à tout danger, ils vivent en quarantaine, toute tentative de sortir de la zone militarisée étant interdite car le reste de l’Angleterre n’est pas encore totalement sécurisé. Après plusieurs mois de séparation, Don retrouve ses enfants qui n’étaient pas sur place quand l’infection avait éclaté (partis en colonie de vacances en Espagne. Oui en Espagne, ça tombe sous le sens après tout le réalisateur et co-scénariste Juan Carlos Fresnadillo est espagnol).
Andy et Tammy sont donc les premiers enfants a être admis dans le district 1. Cependant l’insouciance de leur jeunesse va leur faire commettre l’irréparable : ils sortent discrètement de la zone en bravant la quarantaine pour tenter de retrouver dans leur ancienne maison une photo de leur mère disparue. Contre toute attente, celle-ci est encore vivante, même si elle est en état de choc. Comment a-t-elle bien pu faire pour survivre dans cet enfer ? Est-elle une menace pour les survivants ? L’infection n’est peut-être pas réellement terminée…

¤¤¤ Critique de la rédaction :

Tout part d’une idée stupide, initiée par des Américains trop confiants qui ont décidé de prendre les choses en main (suite de la scène finale de 28 jours plus tard qui montrait un avion de chasse américain survoler l’Angleterre) et de réinstaller la civilisation seulement quelques mois après l’infection dévastatrice, sans même avoir fini de se débarasser des corps qui parsèment toute la Grande-Bretagne, en pensant inconsciemment que comme 5 semaines après le début de l’épidémie les infectés avaient fini par mourir de faim, il n’y avait plus de danger. Signe de l’ambiance de plus en plus détendue qui règne sur la zone, les snipers s’amusent à jouer les voyeurs avec la lunette de leur fusil sur les fenêtres des immeubles.
Au milieu de tout ce bazar, une petite brochette d’acteurs qui s’en sort plutôt bien, avec en tête le toujours excellent Robert Carlyle (The Full Monty, Trainspotting. Un acteur que Danny boyle estime beaucoup, est-ce une coïncidence ?) très bon en survivant brisé par le souvenir de ceux qu’il a du abandonner derrière lui. A souligner aussi la bonne performance des deux enfants, crédibles, et l’agréable présence de la jolie major Scarlet (Rose Byrne, vue dans Troie, Marie-Antoinette, Sunshine… tiens ? encore Danny Boyle…) qui adoucit l’ensemble. Le reste du casting rassemble plutôt des inconnus, en-dehors de Catherine McCormack bien entendu et d’Harold Perrineau (le mythique Augustus Hill narrateur de la série Oz, aussi vu dans Lost et les deux derniers Matrix).

Cependant on sent vite que le réalisateur, à force de vouloir toucher un peu à tout et tout bien faire, ne met pas véritablement l’accent sur la caractérisation des personnages, ni sur l’action, ni sur l’émotion, préférant tout mettre sur le même plan. Pari raté ? Non, car le film est avant tout efficace dans son format et dans son style. Bien qu’on s’attende à tout moment à voir surgir un infecté, le réalisateur fait durer le plaisir et nous épargne les émotions fortes pendant une bonne vingtaine de minutes (sans pour autant résister au plaisir de nous disséminer quelques flashbacks chocs). Et pourtant, au final, 28 semaines plus tard fout bien les jetons, encore plus que le premier. Moins abouti au niveau thématique, cette suite prend plutôt la forme de l’actioner rythmé, un parti pris très efficace, qui n’empêche pas pour autant le successeur de Danny Boyle, Juan Carlos Fresnadillo (encore un bel exemple de la vitalité du cinéma de genre espagnol), de disséminer de belles valeurs familiales et d’humanité (les infectés sont-ils de simples bêtes ou bien ont-elles un instinct familial ?). Résultat : beaucoup d’émotions fortes au rendez-vous pour un véritable survival qui affiche sans sourciller une violence graphique et morale intense.

La mise en scène est ultra-enervée, encore plus que celle de Danny Boyle dans le premier film, rendant les scènes d’affrontement avec les infectés encore plus spectaculaires. Je vous préviens, c’est une boucherie. On a le droit au quota de scènes bien gores de rigueur, entre morsures, enfoncement orbital, déchirements de la trachée, décapitations partielles… une sorte de barbecue pour vampires modernes hyperactifs qui durerait dans les 30 secondes. Car la contamination est plus que rapide, elle est quasi-instantanée. Problème, à force de vouloir en faire toujours plus pour en mettre plein les yeux au spectateur, le réalisateur en fait parfois un peu trop. Trop de caméra à l’épaule (pas toujours justifiées), trop d’images qui bougent (c’est le principe du film, mais il ne faut pas en abuser sinon on ne comprend plus rien), mais les quelques scènes totalement jouissives du lot (l’hélicoptère !!) et les bonnes idées visuelles (la vision de nuit dans le métro) valent largement le détour. Dans l’ensemble, c’est bourré d’adrénaline mais un peu brouillon, et Fresnadillo ne fait pas aussi bien que Boyle.

La plupart des bruitages et le montage sont destinés à faire sursauter le spectateur, purement et simplement. Bon, ça fout pas toujours la trouille, mais ça fait monter le rythme cardiaque, croyez-moi. Les plus dérangeants restent les hurlements désincarnés des infectés, qui nous collent à chaque fois dans notre fauteuil.
Coté musique, rien de bien excitant à signaler, la bande son joue bien son rôle en soutien de l’action, mais elle reste discrète et on finit par ne pas la remarquer car elle ne s’impose pas, sauf bien entendu quand intervient le brillant, l’excellentissime thème musical principal de la saga, un simple petit air de guitare et de piano qui sert aussi bien les moments les plus tragiques que les lueurs d’espoirs, si bon qu’il résonne dans notre tête pendant un long moment, et on ne s’en lasse jamais.

28 semaines plus tard est donc pour vous si vous aimez les survival britanniques mettant en scène une infection qui décime la population et dévaste toute trace de civilisation. Dans le même genre, vous pouvez toujours vous rabattre sur le récent Dommsday de Neil Marshall (Dog Soldiers, The Descent). A croire que c’est un sujet qui marche de nos jours (Shaun of the dead, 28 jours plus tard), et que les pauvres îles britanniques sont une cible privilégiée pour ce genre de films (chacun peut avancer sa propre hypothèse sur le pourquoi de cette préférence, personnellement je dirai tout simplement que c’est parce que l’insularité du Royaume-Uni est propice à ce genre de scénarios catastrophes, car on peut plus facilement y contenir un virus). Reste que c’est efficace on ne peut le nier, car dans 28 semaines plus tard, les images d’un Londres désert et dévasté sont toujours aussi impressionnantes.

Finalement le film ne fait pas que surfer sur la recette de 28 jours plus tard comme une simple suite (mais presque), et apporte avec parcimonie quelques éléments nouveaux à la saga (le gène immune au virus) mais ne les exploite pas, pour faire durer le plaisir et laisser le soin a quelqu’un d’autre de le faire dans un troisième film. C’est bien là le principal défaut de 28 semaines plus tard : aborder toute une flopée de thèmes ambitieux sans pour autants en concrétiser aucun. En bref, on reste sur sa faim (surtout les infectés, qui ont toujours faim).
A l’instar du premier film donc, l’ouverture finale est plus que propice à une suite. alors, êtes-vous prêts pour 28 mois plus tard ? 28 ans plus tard ? ou éventuellement une séquelle, 28 heures plus tôt ? seul l’avenir nous dira si nous assisterons à la naissance d’une nouvelle saga zombiesque dans la lignée de la trilogie (quadrilogie plutôt) des morts-vivants de Romero. En attendant, gare aux virus.

Notation : 7/10

> Bilan : des milliers de morts, et une morale : c’est pas bien d’être naïfs comme des gamins quand on vient d’échapper à une épidémie ravageuse, attention les enfants ça peut recommencer !

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