On retrouve encore une fois notre cher Ryuhei Kitamura dans sa quête de retour aux sources du film de sabre japonais avec Aragami, métrage d'1h20 fait par un fan de duels pour des fans de duels et pour se défouler. Ce huis clos intriguant, sombre et violent, qui nécessite une attention de tous les instants pour bien en saisir la puissance, devrait satisfaire ses fans, les fans de duels au katana et de jeux vidéos du même genre.



♦ Genre : Fantastique / Arts Martiaux

 On retrouve encore une fois notre cher Ryuhei Kitamura dans sa quête de retour aux sources du film de sabre japonais avec Aragami, métrage d'1h20 fait par un fan de duels pour des fans de duels et pour se défouler…

Un soir de pluie, une jeune femme qui s'occupe d'un temple perdu dans les montagnes voit arriver deux soldats blessés, l'un portant l'autre inconscient sur ses épaules. Au réveil, le survivant est accueilli par le maître des lieux, un homme à l'aspect plutôt énigmatique. Il apprend que son compagnon n'a pu être sauvé, et veut ramener son corps chez lui afin qu'il recoive les honneurs qui lui sont dûs. Mais l'orage ne s'arrête toujours pas alors l'étrange propriétaire invite le "samuraï" a passer la nuit au temple pour lui tenir compagnie…

Encore une fois (après Versus et Azumi), Kitamura applique le procédé qui a fait son succès : prendre une histoire classique et y imposer sa patte moderne en mélangeant les scènes et les personnages traditionnels avec des décors et des plans stylés à outrance (omniprésence du noir et du violet avec un résultat plein de classe mais qui ne correspond pas toujours à l'ambiance classique de l'idée du postulat de départ…). Une fois ces ingrédients assemblés, le réalisateur laisse prendre la sauce, ajoute un soupçon de mystère puis laisse son génie artistique et visuel faire le reste du travail.

Autant vous prévenir tout de suite, Aragami n'est pas vraiment un film d'action car il tente de se poser en héritier des films de sabre japonais classiques avec ses face-à-face interminables, ses longues scènes de contemplation muettes et ses longues tirades exaltées… Heureusement que ce réalisateur énervé qu'est Kitamura aime autant faire réciter des divagations philosophiques à ses personnages que les pousser à se taper dessus à coups de katanas !!
Comme d'habitude, l'interêt réel du film est situé dans son atmosphère, la qualité de la chorégraphie des combats et le soin apporté aux détails… Avec profusion de plans obliques (des centaines, mais on adore ça) et d'humour noir, le réalisateur arrive petit à petit à rendre  plutôt jouissif ce qui nous paraissait indigeste au départ, grâce à un peu de cynisme et d'auto-dérision qui sauvent le film du ridicule.

Mais comme il ne faut jamais en demander trop, les acteurs sont là pour vous le rappeler : ils ne jouent pas trés bien (en ralité la fille se débrouille plutôt bien mais elle n'a pas de texte…enfin si trois lignes à la fin…) et n'apportent pas la crédibilité ou le badinage qu'on attend d'eux lors des joutes verbales (même si celles ci sont savoureuses à bien des moments, comme par exemple pour le choix des armes) sauf bien sûr au niveau des cascades et des combats qui sont bien réglés et convaincants (en même temps on ne peut pas toujours être un bon comédien et un bon cascadeur, la preuve il n'y a que Jackie Chan qui y arrive…).

Aragami est donc un petit conte fantastique, une de ces légendes des campagnes japonaises qui distribuent des morales à la pelle avec une logique implacable, le tout dans une amibance morbide et parfois ennuyeuse mais on doit le reconnaître beaucoup plus abordable pour un public jeune et "Gaijin" (non-japonais) que beaucoup de films de sabre japonais réservés aux puristes.
On pourrait facilement dire que ce film est bidon mais on se laisse progressivement prendre au jeu absurde qui s'installe entre les deux hommes, grâce aussi à une bande originale trés réussie mélant sonorités modernes et traditionnelles et de jolis gestes martiaux au programme.

Aragami reste quand même loin de la qualité d'un Versus (film qui a fait connaître Kitamura en 2000) ou d'un Azumi (sorti juste après Aragami, et certainement pas avec le même budget…), mais le talent de son génial réalisateur le fait sortir un peu du lot des films de sabre modernes (on doit reconnaître l'effort fait pour moderniser le genre, c'est quand même bien mieux qu'un film américain qui tenterait de faire une incursion dans ce genre typiquement japonais) et il devrait satisfaire ses fans, les fans de duels au katana et de jeux vidéos du même genre.

A la limite du bidon mais grisant et originalement mis en scène.

Notation : 6/10
Une réalisation virevoltante et grisante mais moins inspirée que pour Azumi, des acteurs peu crédibles en dehors des combats.

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