Le brillant et toujours efficace réalisateur nippon Ryuhei Kitamura, auteur entre autres de Azumi et de Versus, signe ici un film sombre et futuriste, mélange de réflexion, d'anticipation et d'action.
Préparez-vous pour Alive, un film choc adapté du manga éponyme de Tsutomu Takahashi…



♦ Genre : Fantastique / SF / Arts Martiaux / Drame

 Reprenons ce qui est devenu sans le vouloir notre "cycle Ryuhei Kitamura" avec un film intitulé Alive (un titre simple et pourtant trés riche de sens ne permettant pas de savoir à quoi on doit s'attendre…) , ovni sombre et prometteur sorti en 2002 et adapté du manga éponyme de Tsutomu Takahashi.

Dans une prison (futuriste), un condamné à mort est emmené hors de sa cellule par des soldats jusqu'à la chaise électrique. On l'installe sur le siège, puis le gardien abaisse le levier et la décharge fait son office… Etrangement, le prisonnier n'est pas tué par le choc. Le directeur de la prison lui donne alors deux options : vivre, ou recevoir une autre décharge. Yashiro Tenshu va choisir le première option, mais il ne sait pas vraiment ce qui l'attend….

Dès les premières secondes du générique, on se retrouve comme lobotomisés par la bande-son entêtante qui rythme la marche vers la mort et nous plonge dans une sorte de transe. Entre cette ouverture à l'atmosphère viscérale et le travelling circulaire enivrant qui suit pour la seconde scène, on se rend tout de suite compte qu'on assiste à l'étalage du talent d'un Kitamura (encore assez méconnu à l'époque) survolté et passionné par son sujet, qui nous soumet comme une sorte d'invitation l'évantail de toutes ses techniques apprises avec son premier succès (Versus). On ne peut que se réjouir qu'il réapplique cette recette (surtout que sa technique s'est encore affinée depuis !) et on clame haut et fort : enfin un bon film d'anticipation original et prenant !! Merci Ryuhei !!

L'idée de base est absolument géniale, une sorte d'expérimentation "in vitro" de la cohabitation forcée, un peu comme un loft story carcéral pour meurtriers, bien glauque et qui donne à réfléchir en poussant le spectateur à se poser des questions par lui-même sur des  notions comme les relations humaines, la haine, la violence, le meurtre, la vengeance, la vie et la mort, la solitude, l'enfermement, la folie et tous ses mécanismes…

On ne sait trop comment, Kitamura a pour une fois réussi à trouver en même temps une histoire (il a co-scénarisé le film avec l'auteur du manga) et des acteurs crédibles et étonnemment talentueux (il faut dire que leur performance est multipliée par l'extraordinaire travail de mise en scène fourni par le réalisateur vraiment inspiré cette fois-ci, ce qui n'est pas toujours le cas comme on a pu le voir avec Skyhigh en 2003…) avec deux habitués des films de Kitamura : Hideo Sakaki et Tak Sakaguchi (présents tous les deux dans Versus, Azumi, et Battlefield Baseball réalisé par l'assistant de Kitamura) et pour les fans de drama la bad girl Ryo (dans Sapuri, mais aussi Azumi et le Gemini de Shinya Tsukamoto).

Alive est un film d'ambiance avant tout, sombre, glauque et dérangeant, asphyxiant même dans la première partie (avec des sensations claustrophobiques semblables à celles que nous procure Cube, le chef-d'oeuvre de Vincenzo Natali), et la bande-son ainsi que la  couleur à dominante grise omniprésente nous aspire dans ses méandres cauchemardesques. Le découpage en forme d'étapes d'une expérience de laboratoire est original et trés rythmé et permet toutes sortes de libertés fantaisistes au réalisateur.

Au final un trés bon huis clos ténébreux, chaotique et morbide mais qui manque un peu de profondeur psychologique et d'un réel travail philosophique pour délivrer toute sa puissance émotionnelle et artistique (on peut aisèment faire quelques parallèles avec les scènes d'action et de noirceur de Matrix, trés efficaces et nombreuses mais qui prennent trop le pas sur le fond anticipatif) cependant les fans d'arts martiaux trouveront aussi leur compte avec un derniers tiers rempli d'affrontements jouissifs.
Une incursion assez réussie dans un univers trés difficile à traiter, même si on a l'impression que le film ne va pas jusqu'au bout des promesses qu'il nous fait miroiter.

Un exercice de style glauque et visuellement fascinant.

Alive (2002) : 1h50

Notation : 7.5/10
> Une musique addicitive, une mise en scène unique, quelle inventivité tout de même !

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